Deux journaux gratuits, “Le Matin Bleu” et “20 Minutes”, ont été éjectés manu militari du campus de l’Université de Lausanne. La mise en place, l’été dernier, de caissettes distribuant ces quotidiens avait suscité une levée de boucliers parmi les étudiants, étonnés de voir l’Université cautionner le divertissement au détriment de l’information. Ils critiquaient aussi une mesure antiécologique dans la mesure où la consommation de journaux gratuits sur le campus représente plus de deux tonnes de déchets de papier par semaine. La fronde estudiantine avait contraint le “parlement” universitaire à demander le retrait des caissettes, décision qui appartient formellement à la direction de l’établissement, même si cette dernière avait d’emblée déclaré qu’elle ne contredirait pas le vote du législatif. L’affaire est réjouissante a plus d’un titre. Elle est le signe que les efforts de l’Association “info-en-danger” commencent à porter leurs fruits. Le travail d’apôtre de ses militants n’est pas vain. Preuve est désormais fournie que les étudiants intègrent à leur tour le discours sur la qualité. Le gratuit, prétendent ses promoteurs, suscite l’envie de lire. En lui préférant le journal payant, la relève de demain montre qu’elle n’a pas besoin de ce slogan pour se convaincre qu’elle lit déjà.
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