Notre société de marché? – C’est tout faux!


Amère constatation, devenue triviale : privée de garde-fous, la mondialisation devient toujours plus dévastatrice. Les pouvoirs financiers et économiques se concentrent dans une petite minorité qui se targue de démocratie, ils sont des champions de la désinformation !

Attention ! Les citoyens lucides se méfient maintenant des « réformes » libérales censées améliorer la croissance économique et ses soi-disant bienfaits. Bien plus qu’une idéologie, l’Argent-Dieu séducteur est désormais notre religion commune, et c’est inouï : nous y avons consenti à notre insu ! L’économie de marché a entraîné une précarité croissante des salariés. Les managers ne se soucient pas d’équité sociale, ni d’environnement, les statistiques l’ont prouvé. Les pouvoirs publics sont dépassés ; au lieu de réagir et d’anticiper les difficultés qui s’annoncent, ils se contentent en général de nous rassurer, mais ils ferment les yeux sur l’exploitation éhontée des réserves naturelles de notre planète.

Un Suisse doué et perspicace, Alain Dunand, ancien top manager de multinationales, auteur de différents essais, a poussé la réflexion plus loin encore. Dans son récent livre : « La Société de Consumation – Peut-on en guérir ? », édition Slatkine (2007), il explique clairement les causes des dérives inadmissibles qui menacent bientôt la survie de notre espèce. Vrai ! À contrecœur, l’auteur avait mené jadis plusieurs restructurations difficiles de grandes sociétés. La Société de Consumation nous dévoile des constatations surprenantes mettant en cause nos mauvais choix si néfastes, d’abord dans l’éducation familiale et scolaire ; hélas, cela produit des individus dociles avec trop peu d’esprit critique. Les contestataires les plus lucides et remuants sont neutralisés par les puissants lobbies des méga-sociétés.

Yves Paccalet, écrivain scientifique connu, publie « Sortie de secours » chez Arthaud (2007), en tirant la même sonnette d’alarme que dans son essai précédent, plutôt cynique : « L’Humanité disparaîtra, bon débarras ! ». Il prône le respect des diversités culturelles, mais avec un pouvoir mondial renforcé.

Ces deux livres éclairent crûment notre réalité, ils pourraient déprimer certains lecteurs. Mais ils vont enchanter ceux qui refusent l’hypocrisie de nos élites, et stimuleront ceux qui veulent agir pour notre avenir. Ils nous mènent au-delà des thèmes chers aux altermondialistes, en donnant à chacun des pistes pour progresser, d’abord individuellement en stimulant un vrai dialogue dans le respect mutuel du partenaire, à tous les niveaux. Est-ce utopique ?

Car un peu partout, des voyants d’alarme clignotent toujours plus fort. Le double langage actuel des maîtres du monde n’est pas très sérieux. Il faudra bien envisager une réduction de notre confort et de nos privilèges. La société civile fera-t-elle l’effort gigantesque pour modifier nos comportements et restreindre nos libertés débridées ? Dunand est d’avis qu’une écologie véritable devrait inclure l’équité sociale et notre environnement vital.

Dès maintenant, on recherche des courageux pour empoigner de front plusieurs problèmes fondamentaux, afin de lutter à contre-courant contre les catastrophes sociales, humaines, écologiques et climatiques qui sont déjà identifiées. Sous la menace d’un chaos programmé, ferons-nous ces gros efforts ? Nos enfants et petits-enfants nous observent.

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