De nombreux journalistes préfèrent la pub à la politique


L’économie conduit la politique.

PAR NARCISSE NICLASS

Il n’y a pratiquement pas de journalistes qui osent ou qui peuvent afficher leurs idées politiques et se mettre sous les couleurs d’un parti. Seule exception Ribordy en Valais. Quand un journaliste s’affiche trop clairement dans un parti, il est tout de suite accusé de perdre son objectivité…

Mais de nombreux journalistes, surtout dans les magazines sont mariés avec la pub, c’est clairement visible et affirmé, et là, le lecteur se délecte.

La presse écrite est-elle soluble dans la pub?

L’audience est, aussi, la mesure de l’intérêt que porte les lecteurs, les auditeurs, les clients, à un média. Choisir le canal qui apporte le plus de contacts à son message est, somme toute, légitime? Aucun média n’a, à ce jour, tué un autre média. Quotidiens, magazines, radio, TV et Internet, tous vivent ou survivent ensemble. Le cocktail des annonceurs change. Pour la première fois l’audience TV a reculé au profit de l’écran d’ordinateur. Ted Turner, fondateur de CNN, avait annoncé la fin des journaux imprimés pour 2001. La baisse des ventes est constante, en Europe, dans la presse payante, 3% annuellement, depuis 1995. Ainsi, la mort du journal papier serait pour 2040? Chez Microsoft, l’annonce du décès des quotidiens classiques est programmée pour 2018, déjà.

L’information est une richesse à la bourse mais elle est devenue gratuite dans les médias. Avec le tout à l’écran, va-t-on assister à la naissance d’une nouvelle élite qui, elle, continuera de lire son quotidien? De quoi ont peur les journalistes? Ils doivent s’adapter, trouver leur place au sein des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication). Un nouveau métier est en train de naître, journaliste comme travailleur du savoir. Aucune école ne donne ce titre. Il se gagne dans le terrain.

Le monde du graphisme et de la photo a déjà vécu cette révolution. Tout le monde bidouille ses images. Les écoles classiques ferment. Quelques vrais créateurs émergent. L’information de qualité reste un produit recherché et de valeur. Si l’éducation et la formation tiennent leur rang, les journalistes critiques et pertinents auront toujours un public. Certes, il serait triste que seule une aristocratie lise des textes critiques.

Nous avons réussi à mettre en place des écoles pour l’administration, les banques, les assurances et l’armée. La formation citoyenne a aussi ses classes. Il serait temps que les journalistes abandonnent le politiquement correct pour croire dans l’intelligence des lecteurs. Les éditeurs suivront. Pourquoi n’est-il pas possible d’entrer en politique en travaillant dans un média alors qu’il est possible d’épouser la pub?  Il est plus facile de parler d’une montre, d’un parfum, de la mode, d’une voiture ou d’une clinique que de parler de la république. La société n’a pas de budget de publicité mais elle a 25 milliards pour la formation.

 

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