On reproche leur opacité à certaines professions, comme les banquiers ou les pharmaciens. Mais l’exemple ne vient pas forcément du haut de l’estrade des donneurs de leçons. Regroupés au sein d’une association, les responsables de journaux brillent par leur manque de transparence. A quoi sert, en effet, la Conférence des rédacteurs et rédactrices en chef qui vient d’élire à sa présidence le patron du Matin, Peter Rothenbühler?
Officiellement, l’association se donne pour tâche de favoriser le débat autour de la politique des médias. Mais depuis le début de la décennie, à en croire son site internet, elle n’a pris position que sur un sujet d’actualité, l’affaire Borer. C’était en 2005. L’adoption d’une charte éthique, en 2006, a donné peu de fruits, à ce jour.
La Conférence des rédacteurs et rédactrices en chef a pourtant une responsabilité civique importante. L’an dernier, le Conseil de la presse, dans un arrêt appelé à faire jurisprudence, lui a confié l’importante mission de veiller au respect de la Déclaration des devoirs et des droits du journaliste, une charte que malmène l’intrusion croissante de critères publicitaires dans le contenu rédactionnel.
Saura-t-elle relever le défi? On ne peut que l’y encourager. Reste que la nomination à sa présidence du directeur d’un journal épinglé plus qu’à son tour pour ses entorses au code déontologique de la profession n’incite pas à un optimisme béat.
Christian Campiche*
*Article paru surwww.journaldegeneve.ch