L’activité d’info-en-danger en 2007-2008


L’assemblée générale d’info-en-danger s’est tenue le jeudi 22 mai 2008 à Lausanne. A l’ordre du jour figurait le rapport d’activité pour l’année écoulée que nous publions ci-après.

Chères consoeurs, chers confrères, chers amis

L’année dernière à la même époque, lors de notre dernière assemblée générale, j’avais esquissé en trois ou quatre points le programme d’info-en-danger pour les mois qui allaient suivre. Parmi ces actions, figurait la réalisation d’une affiche stylisée de la Déclaration des devoirs et des droits. Chose dite, chose faite, le concept graphique a été confié au dessinateur de presse lausannois Marc Roulin. Le graphisme décore une version allégée de la DDD, oeuvre de Michel Beuret qui a repris les articles originaux en les adaptant à un format “populaire”, l’idée étant de distribuer cette affiche en premier lieu dans les rédactions. Un tirage couleur en format A3 a été réalisé en 100 exemplaires qui ont pratiquement tous été distribués.

En mai 2007, j’annonçais également la tenue, le 1er octobre à Genève, du 5e rassemblement pour les droits humains consacré à la liberté de la presse. J’y ai été invité à présenter l’action d’info-en-danger. D’autres orateurs étaient de la manifestation, dont Roger de Diesbach et Florence Aubenas. Cet événement a eu un retentissement non négligeable, en tout cas en ce qui concerne notre action. C’est ainsi que dans la foulée, Ely Pradervand m’a demandé de participer, le 19 novembre à Genève, à un débat organisé dans le cadre de la Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants, sur le thème “Télévision, publicité, internet: Quelle influence sur nos enfants”. Autres invités: le chef de la sûreté neuchâteloise Olivier Guéniat, l’avocate Sara Giardina, Martine Libertino et Claire de Lavernette, du Mouvement mondial des mères.

La journée du 1er octobre a eu aussi des répercussions très palpables, en monnaies sonnantes et trébuchantes. En effet, Florence Aubenas, se solidarisant avec nous, a cédé son cachet de 500 francs à l’association info-en-danger. Dans la foulée, j’en ai fait de même, honneur aux dames.

L’intérêt de l’année 2007 pour notre association ne s’est pas limitée à ces deux événements puisque le 14 septembre a eu lieu à Berne la Journée des médias, organisée par les syndicats et organisations professionnelles de journalistes. Thème: “L’indépendance des journalistes dans l’étau de l’économie”. J’y ai prononcé une allocution, présentant le mouvement info-en-danger. La journée était ouverte aussi à des gens de la com, comme la porte-parole de Migros, Monica Glisenti. Elle a valu à info-en-danger de se faire connaître davantage par le biais des ondes. En début de matinée, l’émission Médialogues de la Radio Romande m’a demandé d’expliciter le sens de notre action.

Rebelote le 28 septembre, à St-Imier, cette fois, où j’étais invité à participer à une table-ronde en compagnie des rédacteurs en chef de trois journaux neuchâtelois et du regretté Didier Estoppey.

Enfin, cerise sur le gâteau mais avec un arrière-goût un peu amer, malgré tout, les Assises du journalisme, premières du genre, organisées à Lausanne le 20 novembre. Ceux d’entre vous qui y étaient ont pu assister au dialogue de sourds lors de la table-ronde consacrée à la crédibilité de la presse entre votre serviteur et Eric Hoesli. Le soir même, le débat s’est poursuivi à la Radio romande dans le cadre de l’émission Forum où j’étais opposé, cette fois, à Ariane Dayer.

Ces passes d’armes ont eu le mérite d’aiguiser mon besoin de m’exprimer sur le sujet. Je l’ai fait dans des articles, notamment pour notre sitewww.infoendanger.net, sur le Radeau de la Méduse, dans la Lettre hebdomadaire du Journal de Genève et Gazette de Lausanne, La Liberté, la Vie Protestante. Info-en-danger est aussi la raison de mon passage, en juin 2007, à l’émission de la RSR “Devine qui vient dîner”.

J’ai fait allusion au site www.infoendanger.net. Ceux qui y sont allés récemment ont constaté, non pas un bouleversement mais, je l’espère, une amélioration dans le sens de la présentation visuelle et d’une plus grande facilité d’accès. Il y a notamment un espace commentaires qui commence à être utilisé. Pour ce travail de défrichage, j’ai mandaté un webmaster basé à Londres, François Brutsch, qui travaille pour Domaine Public et la Lettre du JDG-GDL. D’autres améliorations restent à faire, je pense notamment à un “Qui sommes-nous?” ou à un “écrivez-nous” se détachant d’emblée dans un but d’augmentation de la visibilité. Un confrère alémanique, Wolf Ludwig, que j’ai mandaté pour nous conseiller – il l’a fait bénévolement et je l’en remercie chaleureusement – nous conseille même d’en faire un site bilingue afin de porter le débat outre-sarine.

Je ne pourrais pas clore ce rapport d’activité sans me référer à l’action que je mène depuis une année sur le front de la Conférence des rédacteurs en chef. Cet organe s’est doté, début 2007, d’un code de conduite qui a l’air d’avoir fait forte impression au Conseil de la presse puisque ce dernier s’y rèfère dans le jugement qu’il a émis en mars 2007, suite au dépôt de la plainte d’info-en-danger. La balle serait dans le camp de la Conférence des rédacteurs en chef, s’il faut en croire le Conseil de la presse. Or ladite Conférence a un nouveau président en la personne de Peter Rothenbühler, un confrère dont le journal, “Le Matin”, pour ne pas le citer, est épinglé à plus d’un titre par info-en-danger. En avril 2007, j’avais pourtant averti le prédécesseur de M. Rothenbühler, Res Strehle. Et ce dernier m’avait donné l’impression de prêter une oreille attentive à mes remarques.

Pour conclure, je dirais que notre mouvement, s’il n’est pas le partenaire officiel des instances décisionnelles, joue son rôle de voix critique dans le concert médiatique. 2007 a marqué un tournant dans le sens où le débat est sorti de son terreau nombriliste, la presse. J’en veux pour preuve les mémoires de licence et autres thèses (comme ce travail remarquable “La marchandisation de l’info” de Gilles Durussel, ou cet autre “Quel avenir pour la presse écrite en Suisse romande” d’Alexis Bimpage, les deux figurent sur notre site) parues dans les écoles et universités. J’en veux aussi pour preuve les réactions provenant de certains milieux économiques, comme cette entreprise de la torréfaction qui se plaint de concurrence déloyale parce que tel quotidien de référence écrit à sens unique en cirant les pompes d’une multinationale de l’alimentation.

Christian Campiche
22.05.2008

2 Responses to “L’activité d’info-en-danger en 2007-2008”

  1. André Sprenger 6 juin 2008 at 19:33 #

    Après l’assemblée que nous avons eue hier soir au Buffet de la Gare ici à Lausanne me revint à l’esprit ce commentaire rédigé après avoir lu l’édito du Matin dimanche d’il y a environ un mois: Honteuse presse.

    Il n’est pas question de donner des leçons. Mais tout de même, lorsque l’on nous rebat les oreilles presque quotidiennement avec les problèmes des médias et de la presse en particulier et que l’on lit des propos mensongers, trompeurs, fallacieux qui plus est de la part d’un rédacteur en chef, il faut le dénoncer et crier son indignation.

    Drogue

    Le Matin-Dimanche du 13 avril dernier consacrait un article au Conseiller d’Etat genevois Moutinot. Dans ce papier l’auteur estimait notamment qu’il n’était pas suffisamment radical en matière de répression des dealers et du marché de la drogue.

    Le papier fit l’objet du thème de l’éditorial du rédacteur en chef de ce journal. Celui-ci écrivait : « Que faudra-t-il pour lui ouvrir les yeux ? Une montée en puissance encore plus vertigineuse de l’UDC, parallèle à celle des dealers? »

    Combien de médias ont fustigé ce papier et son auteur ? Si ces écrits captieux, fallacieux avaient émanés de quelque UDC ou politicien peu en cour auprès de la confrérie du copinage il fut descendu en flèche et ostracisé.

    Cette attitude démontre et atteste également qu’entre journaleux, lèche-bottes et faux jetons on se soutient et ceci même si ce comportement doit nuire à la déontologie de la profession. On en a cure, ce qui compte c’est que plus on ment, plus les papiers sont médiocres, plus on s’esbaudit. La presse d’aujourd’hui, on le dit et on le répète, en partie c’est cela, il faut être people et comme celui-ci dans sa majorité ne réagit à rien ou presque rien on sert la même soupe avec le même assaisonnement à chaque repas ou presque. C’est le : je te tiens, tu me tiens, nous nous tenons par la barbichette, ollé !

    Eviter la tromperie

    Il n’est pas ici question de soutenir le parti UDC, ni de partager ses idées, encore moins d’aduler un ancien ministre. Il s’agit de dénoncer de tels écrits et d’affirmer qu’il est inadmissible d’associer les deux choses. C’est contraire à l’éthique et à la déontologie. Le fléau de la drogue n’est pas lié ni n’a pas augmenté à cause de l’UDC, pas plus d’un autre parti du reste. C’est un tout autre problème de société et surtout financier. Dès lors, pour écrire de telles ignominies il faut être de bien basse extraction.

    Il sied de dénoncer de tels amalgames comme doivent le faire les médias pour d’autres sujets et ceci surtout dans un pays encore démocratique. C’est encore plus prégnant si ces basses considérations émanent de la médiacratie elle-même. Se taire cela s’appelle de la désinformation, de la tromperie et c’est surtout indigne et honteux de la part de professionnels.

    Avec mes confraternels messages.

    André Sprenger, Ecublens
    Journaliste RP- consultant- communication
    andre.sprenger @urbanet.ch

  2. Laeti 22 septembre 2008 at 03:18 #

    Très intéressant article. Je tiltais sur Ariane Dayer qui est en soi un phénomène intéressant. Je recommande l’émission “pardonnez-moi” où Darius Rochebin la cuisine très bien sur la presse et ses enjeux.

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