L’animal n’est pas un humain


Il n’y a pas de mauvais chiens, il n’y a que des mauvais maîtres.
Ce postulat a sans doute inspiré notre Conseil fédéral. Dans son Bulletin du 9 mai dernier, on pouvait lire: «Le Conseil fédéral a fixé aujourd’hui une nouvelle base à la protection des animaux. Il mise notamment sur l’information des éleveurs et des propriétaires de tous les animaux. A l’avenir, toute personne qui s’occupe d’animaux devra connaître leurs besoins en suivant des cours ou en s’informant.” 

L’Office vétérinaire fédéral lance à cet égard une vaste campagne d’information: ‘Mon animal, j’en prends soin’. Cet avertissement sera suivi d’un nouveau texte de loi où la Confédération et les cantons
s’en répartiront l’exécution et le contrôle (…) La vie sociale où le besoin en mouvement des animaux a été particulièrement pris en compte (…) Les cochons d’Inde et les perruches ne pourront plus être détenus individuellement (…) La détention à l’attache (sic) sera interdite pour les chevaux à partir de 2013 (…)»

Les vétérinaires pour les grands animaux, les propriétaires de chenils et les oiselleries ont la responsabilité d’exécuter et de respecter les lois sur la protection des animaux. De grâce, évitons les conseillers techniques, bureaucratiques en majorité, donneurs de conseils, alors que nous souffrons déjà d’un excès généralisé de paperasserie.

Omnipraticien pendant 48 ans, j’ai eu la grande chance de soigner une trentaine d’espèces animales très différentes les unes des autres. Leurs propriétaires, eux, ne constituent qu’une espèce, l’espèce humaine! Aujourd’hui, cette espèce ne se porte pas bien avec 45% de divorces. L’Office fédéral de la santé serait bien inspiré d’envoyer à tous les jeunes couples une ordonnance intitulée ‘Mon enfant, j’en prends soin’, non seulement après sa naissance, mais encore jusqu’à sa maturité! On constaterait peut-être, et c’est grandement souhaitable, moins de violence chez les jeunes. Les lois suisses sur la protection des animaux suffisent largement dans leur ensemble. Faudrait-il encore qu’elles soient respectées et appliquées!

On appelle anthropomorphisme une déformation du jugement qui porte l’homme à prêter inconsidérément à l’animal une sensibilité, une intelligence et même une morale humaines. Dans nos pays occidentaux, l’anthropomorphisme gagne du terrain, tous les jours, preuve de la vulnérabilité grandissante de nos concitoyens et de leur isolement.

*www.journaldegeneve.ch

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