La Norvège, laboratoire de l’énergie osmotique


Si vous cuisez un saucisson à gros bouillons sans avoir pris la précaution d’y planter deux cure-dents, il éclatera avant la fin de la cuisson en répandant tout son suc dans l’eau de cuisson. Mais à quelque chose malheur est bon, la maîtrise de l’énergie osmotique pourrait produire, à l’échelle mondiale, environ 1.600 Terawattheure.

L’osmose est le passage de molécules ou d’ions à travers une membrane semi-perméable sous certaines conditions. Ce phénomène physique, constaté au 18ème siècle par l’abbé Nollet, est utilisé dans les gigantesques usines de dessalement par osmose inverse dans les pays pétroliers du Golfe en particulier. Il faut en effet une énergie considérable pour lutter contre la pression osmotique et forcer l’eau à traverser la membrane pour passer du côté salé au côté dessalé (environ 7 kWh/m3).

Réciproquement, si l’on dispose d’eau salée et d’eau douce en quantité, on peut produire de l’énergie et c’est le but de la société norvégienne Statkraft (déjà connue pour ses fermes éoliennes) qui construit à Buskerud en Norvège un premier prototype de centrale osmotique dont la production devrait être comprise entre 2 et 4 kW. “Ce procédé propre et renouvelable pourrait, à terme, assurer 10% de la production norvégienne”, assure son directeur Bard Mikkelsen. Le potentiel serait de 200 TWh pour l’Europe et d’environ 1600 TWh pour l’ensemble de la planète.

Les Etats-Unis eux-mêmes, constatant “la fin des épinards bon marché” comme disait Richard Nixon se tournent vers les ressources de la mer qui les entourent et ont annoncé la création, au Massachusset, d’un centre de recherche en faveur des nouvelles technologies issues des océans, courants marins et rivières, lequel sera financé en partie par le DOE (Department of Energy). La technique des centrales osmotiques, bien que limitée géographiquement aux estuaires des grands fleuves, devrait se faire une place comparable à l’énergie thermique des océans, à l’énergie des vagues et à l’énergie des marées. C’est elle qui paraît présenter les coûts d’exploitation les plus minimes. Cependant, elle repose sur la fabrication de membranes encore en cours de développement et son implantation à grande échelle dans les zones d’estuaires souvent très construites pourrait poser quelques problèmes.

Il n’en demeure pas moins que la relève d’une ère mono-énergétique des hydrocarbures s’oriente de plus en plus vers une grande quantité de formes d’énergies renouvelables sans émissions nocives pour l’environnement.

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