Les journalistes neuchâtelois combattent pour la liberté de l’information


Les journalistes de L’Express et L’Impartial ont repris le travail lundi 17 novembre après le mouvement de grève de deux jours entamé le 14 novembre. L’arrêt de travail était intervenu après le refus de l’éditeur de négocier sur dix suppressions de postes, soit un quart de l’effectif rédactionnel. Les négociations avec la société éditrice ont abouti à un accord. Quatre postes seront supprimés dans la rédaction et une demande de chômage partiel déposée auprès des autorités cantonales. Si elle est rejetée, le plan d´économies initial portant sur dix suppressions de postes au total sera appliqué, ont indiqué les parties dans un communiqué commun. Dimanche 16 novembre, une manifestation de soutien à la rédaction a réuni 300 personnes à la place du Marché, à la Chaux-de-Fonds. Ce mouvement a aussi pour but de défendre la qualité de l’information, sérieusement menacée. Vos réactions sont bienvenues dans les commentaires ci-dessous.

One Response to “Les journalistes neuchâtelois combattent pour la liberté de l’information”

  1. 35 réponses 15 novembre 2008 at 17:02 #

    35 réponses à “Les journalistes neuchâtelois combattent pour la liberté de l’information”

    Goupilet dit :
    15 novembre 2008 at 17:02 m

    Lecteurs, regardez l’état de la presse Hersant en France, des régionaux multipack inodores et incolores, et vous comprendrez ce qui vous attend. Est-ce vraiment l’information que vous voulez?

    Rémy Gogniat dit :
    15 novembre 2008 at 23:20 m

    Il y a bien longtemps, le risque du journaliste était de subir une pression politique. Voilà déjà quelques années que cette pression est devenue économique. Maintenant, les médias succombent à des forces financières, comme si l’édition d’un journal répondait aux mêmes règles que la vente d’un petit pain, d’un boulon, ou d’une action cotée en bourse. Valeurs spéculatives traitées “ubéestement”, les journalistes doivent crier au secours.
    Sans pouvoir évaluer le cas particulier de L’Impartial et de L’Express, j’entends la grève de ses journalistes comme un cri, peut-être un glas, mais assurément comme une résistance.

    Patrick Morier-Genoud dit :
    16 novembre 2008 at 6:23 m

    La section vaudoise des journalistes affiliée à impressum est solidaire des journalistes neuchâtelois. Nous avons trop souvent privilégié le partenariat social alors que les éditeurs, depuis fort longtemps, soumettent leurs lecteurs et leurs journalistes au dictact des annonceurs, les prennent en otage d’une situation économique liberticide quand au devoir d’informer.

    Jean-Luc Wenger dit :
    16 novembre 2008 at 9:08 m

    Journaliste à L’Impartial et L’Express, je fais partie “de la catégorie de personnel” dont l’attitude est jugée “irresponsable” dans le pavé de Une des deux quotidiens de samedi. Sans tenter l’analyse de texte, je constate que l’éditeur se présente sans visage et ne signe pas sa prose.
    Nous avons laissé nos pages “en l’état” à l’heure où la direction a annoncé sa non-entrée en matière sur les mesures de chômage partiel. Vous trouvez donc des signatures de collègues ayant avancé leur travail. Tous les articles parus n’étaient pas terminés, certains se sont vus retravaillés par “des cadres de l’entreprise”. Les rédacteurs dont les noms apparaissent ne sont en aucun cas des non-grévistes, puisque, pour rappel la décision de vendredi de la société du personnel a été prise à l’unanimité.
    Ce dimanche matin, nous imaginons que les mêmes cadres produiront quelques pages pour l’édition de lundi. Là aussi, les noms de collègues en grève seront publiés. Il s’agit de papiers écrits en avance.
    Sur les marchés de La Chaux-de-Fonds et de Neuchâtel hier, nous avons palpé l’inquiétude de la population et répondu à de nombreuses questions sur l’avenir des journaux régionaux. Le débat continue à 14 heures.

    Bernard Remion dit :
    16 novembre 2008 at 10:02 m

    Ci-dessous le communiqué voté à l’unanimité lors de notre assemblée de hier (samedi):

    Communiqué de solidarité

    Le comité du secteur Industrie graphique de comedia, le syndicat des médias, réuni ce samedi 15 novembre 2008 à Berne, salue la détermination du personnel des rédactions de l’Express et l’Impartial qui a entamé une grève pour s’opposer aux licenciements décidés unilatéralement par leur direction qui a refusé toute négociation.
    Comedia appelle l’ensemble du personnel de la SNP, Société neuchâteloise de Presse, à marquer clairement sa solidarité avec les grévistes et l’ensemble des personnes licenciées.

    Comité du secteur Industrie graphique

    Berne le 15 novembre 2008

    Jacques Jacot dit :
    16 novembre 2008 at 10:37 m

    Cela me fait chaud au coeur de rencontrer enfin des journalistes pour lesquels l’information reste un devoir, une passion et une raison d’être de la profession. Nous devons tous nous battre pour défendre les valeurs qui font la richesse de notre société. Les journalistes sont confrontés à des directions qui ne comptent que le nombre d’exemplaires en méprisant les lecteurs. Les professeurs d’université sont aussi confrontés aux systèmes de mesure de l’index de publication indépendamment du contenu de leurs écrits. Nous sommes tous confrontés aux mêmes étalons de mesures dénués de tout sens. Il est temps de nous battre et de revendiquer le droit de nous exprimer et de participer à la formation des opinions des citoyens. Je suis de tout coeur avec vous.

    Eric Augsburger dit :
    16 novembre 2008 at 11:13 m

    Merci aux journalistes volontaires et courageux de l’Express et de l’Impartial qui sont en grève. Leur combat pour le maintien d’une information de qualité est le garant de la démocratie dans notre canton.

    Pascal Helle dit :
    16 novembre 2008 at 11:57 m

    Encore une fois la logique néo-libérale déploie ses raisonnements mortifères. Bravo de refuser la mise au pas, bravo de lutter pour votre liberté de travail. Le meilleur moyen de tuer la liberté de la presse c\’est d\’entraver les journalistes. Je suis attaché à l\’existence d\’une presse régionale de qualité, qui ne peut se développer que si on donne aux rédacteurs les moyens de faire convenablement leur travail. Recevez, avec mon soutien, toute ma sympathie pour votre action.

    Denis Müller dit :
    16 novembre 2008 at 14:41 m

    J’apporte mon plein soutien aux journalistes de l’Express et de l’Impartial. La liberté de la presse ne peut pas être muselée par les intérêts économiques à court terme.

    Catherine Montalto dit :
    16 novembre 2008 at 15:21 m

    Je soutiens totalement les journalistes de l’Express et de l’Impartial dans leur grève. Depuis quelques années, nous voyons peu à peu nos libertés se rétrécir et s’exprimer librement est de plus en plus difficile.
    Nous avons besoin d’une presse régionale de qualité pour garantir nos libertés et les fondements de notre démocratie.
    Amis journalistes, j’espère que nous serons nombreux à vous soutenir car votre combat est aussi le nôtre !

    Denis Hofmann dit :
    16 novembre 2008 at 16:16 m

    Du courage pour faire la grève ! Du courage pour venir soutenir les grèvistes dans la grisaille réfrigéritante d’un après-midi de novembre ! Du courage pour contester une soi-disant paix du travail, alibi des financiers autistes et des manipulateurs de toutes sortes. M. Hersant, vous voilà devant des collaborateurs qui refusent de collaborer au nom de la solidarité et du maintien de quelques postes pour conserver une presse régionale de qualité.
    C’était pourtant vos propres arguments lors de la reprise des presses neuchâteloises, non ? Seuls les imbéciles ne changent pas d’avis alors à vous de choisir le qualificatif qui vous convient. Ne nous laisser pas seuls à avoir du courage !

    Chopard JF dit :
    16 novembre 2008 at 16:36 m

    Polygraphe à l’Impartial depuis 1990 et mis à la porte par Wolfrath en 2006 à l’âge de 58 ans pour raison économique, je soutiens mes anciens collègues de travail dans leur lutte pour la sauvegarde d’un journal de qualité dans le haut du canton. Depuis de nombreuses années des vagues de licenciements touchent l’ensemble du personnel et enfin ça bouge. Mes félicitations et mon soutient aux courageux grévistes, en espérant une issue favorable pour eux dans ce conflit ou la force financière est dominante.
    Bravo à toutes les personnes et les personnalités qui ont pris la parole lors de la manifetation sur la Place du Marché ce dimanche à 14 heures.
    Un soutient un peu plus marqué des autorités des deux grandes villes du canton serait souhaitable.

    FURAX dit :
    16 novembre 2008 at 17:13 m

    Comme ancien journaliste de l’Express dans les années 70, je suis furax contre vos patrons qui licencient une douzaine de consoeurs et de confrères et je viens vous soutenir dans votre démarche qui me paraît élémentaire et essentielle.
    Questions financières:
    au lieu de supprimer 10 postes de journalistes à 6′000 fr par mois en moyenne (soit 60′000 fr par mois ou encore 800′000 fr par an avec les charges sociales), ne serait-il pas plus intelligent de supprimer les 4 éditions du samedi de l’Express/L’Impartial durant 6 mois (on économiserait ainsi les frais de rédaction, les frais de PAO, les frais d’impression, des routages kiosques-poste-abonnés, de la distribution matinale, etc: env. 50′000 fr) et de développer le contenu rédaction sur 4 éditions par semaine (comme 20 Minutes et le Matin Bleu) et de répartir la publicité du samedi sur les 4 numéros et sur les sites internet?
    Face à la concurrence radio-TV-internet, la presse quotidienne du samedi n’a plus vraiment de raison d’être…
    Autre question:
    les journaux Arc-Hebdo et Courrier Neuchâtelois ne sont-ils pas des cimetières à pub qui font partie du groupe SNP?
    La direction de la SNP ne peut-elle pas trouver des synergies?
    On s’interroge:
    l’éditeur actuel a-t-il été journaliste, metteur en page, photographe de presse, vendeur d’espaces publicitaires, rotativiste, animateur de site web du journal ?
    Ou est-il simplement sorti de l’Ecole de commerce du coin ou de la cuisse de Jupiter?
    Jadis, l’on partait du principe qu’un patron de presse savait tout faire dans son journal (ou presque), à l’instar d’une Françoise Giroud ou d’un Pierre Lazareff.
    S’agissant du patron de l’Express, on peine franchement à le considérer comme un patron de presse.
    Il ferait mieux de moucher les vendeurs en publicité de PUBLICITAS qui sont devenus depuis 30 ans plus des fonctionnaires que des experts en publicité…
    La preuve:
    les pontes de Publicitas – qui n’ont aucune expérience de vente de la pub dans le terrain – auraient dû pressentir l’arrivée de 20 MIN et du Matin Bleu gratuits qui pompent la publicité régionale et nationale.
    En clair et en bref, si l’Express en est là, ce n’est pas la faute aux journalistes (Dieu du ciel, quelle idée), mais bel et bien aux patrons de Publicitas qui n’ont rien su voir venir.
    Au fait, y faut avoir quel diplôme pour devenir éditeur en Suisse ou être patron de PUBLICITAS Neuchâtel ??
    Allez courage, on vous admire!
    (s) Furax

    Christian Georges dit :
    16 novembre 2008 at 17:23 m

    Dans sa définition suisse romande, un quotidien régional généraliste n’est pas une simple éponge à publicité. Pas davantage une vache à lait docile, encore moins un “support” impersonnel. C’est le lieu où se dit l’identité d’un peuple, avec ses espoirs, ses querelles et ses contradictions. C’est le lieu où s’affichent l’ambition d’une région, ses revendications par rapport à l’extérieur, sa joie d’avoir eu quelques succès, qui seraient passés totalement inaperçus sans elle. “L’Impartial” et “L’Express” jouent ce rôle, par beau temps comme par gros temps.

    Employé à la rédaction pendant 12 ans, j’ai connu le chômage partiel dans les années 90. C’était un moyen efficace de passer une méchante crise. Pour aider la boîte à passer le cap, on a travaillé des mois durant à 100% au lieu des 80% requis… Les 15 licenciements annoncés le 7 novembre sont choquants : quelles réserves ou quels investissements ont-ils été réalisés lors des excellents derniers exercices ? Des disparitions d’emplois aussi massives laisseraient augurer une perte de substance dramatique et irréversible. On ne peut pas prétendre faire le même journal avec le quart des rédacteurs en moins. Quelle équipe de foot serait crédible si ses dirigeants l’envoyaient disputer le championnat à 8 joueurs sur le terrain ?

    Alain Meyrat dit :
    16 novembre 2008 at 18:05 m

    Ancien de la maison, je suis de tout coeur avec vous. Il y a une quinzaine d’années, le recours au chômage partiel avait permis d’éviter des licenciements à l’Impar et à l’Express et il faut savoir gré aux autorités de l’époque d’avoir fait preuve de souplesse dans l’application de la loi.
    Vous prenez des risques, votre courage mérite d’être salué et j’espère que vous pourrez compter sur un soutien des politiques.
    J’espère aussi que l’Impar/Express ne deviendra pas une version locale de l’Est républicain ou de Nice-Matin.
    Bon courage!

    Marco Perlini dit :
    16 novembre 2008 at 19:02 m

    Je m’aperçois, en visitant votre site, que vous prenez très au
    sérieux ce qui se passe du côté de Neuchâtel. Je vous en remercie.

    Je saisis cette occasion pour vous informer que ce matin, vers 8h30,
    j’ai découvert, parmi les infos diffusées sous “Dernières nouvelles”
    par Bluewin (sur sa “homepage”), un article sur la grève citée en
    titre dans lequel le/la “journaliste” rapportait systématiquement et
    abondamment le point de vue de la société d’édition sans jamais le
    critiquer. Le nom d’Hersant était cité, mais sans aucune allusion aux
    aspects pour le moins discutables du personnage.

    Quant aux grévistes, leur point de vue n’était cité qu’en passant
    (par exemple, leur proposition de recourir au chômage partiel) et
    encore pour le disqualifier.

    J’AI ENVOYé UN MESSAGE à BLUEWIN POUR PROTESTER, EN SIGNALANT
    NOTAMMENT LES DISTORSIONS QUE J’AI RELEVéES CI-DESSUS.
    Malheureusement j’ai envoyé ce message sans l’imprimer. Je ne puis
    donc vous le faire parvenir textuellement.

    A l’heure qu’il est, l’article sur la grève a disparu, évidemment,
    des “Dernières Nouvelles”. Mais vous pourriez peut-être enquêter pour
    protester à votre tour.

    Autre information qui vous intéressera peut-être : j’ai communiqué
    votre adresse électronique à “Inviato Speciale”, un journal en ligne
    italien qui veut lutter pour la liberté de la presse et l’arrêt de la
    manipulation des infos.

    Au cas où vous voudriez les contacter à votre tour, son adresse est :
    http://www.inviatospeciale.com/

    Je vous remercie encore pour vos prises de position que je voudrais
    voir diffusées à longueur de journée sur TOUS les médias suisses
    romands (car il y a aussi beaucoup à dire sur l’info à pensée unique,
    donc basse de plafond, distillée par exemple sur RSR1 (”Le Grand
    Huit”, “Forums”, beurk, beurk !)

    Cordiales salutations,

    Marco Perlini

    Claude Roulet dit :
    16 novembre 2008 at 19:14 m

    Participant à la vie associative de notre ville depuis de nombreuses années, j’ai eu à maintes reprises l’occasion de rencontrer des journalistes de l ‘Impartial. J’ai appris à les respecter, à les admirer compte tenu des conditions de plus en plus difficiles de leur travail: être au courant de tout, couvrir des manifestations, la vie locale en toujours moins de temps.
    Tel est le quotidien de journalistes qui ont toujours le talent mais plus le temps et les moyens de l’accomplir.

    Quant à ceux qui ont rempli les colonnes de l’ Impar ce samedi plus par peur que par talent, ils doivent savoir que ce n’est pas en se pliant aux volontés des technocrates qu’ils pourront réunir les conditions nécessaires pour une presse de qualité.

    A la veille de renouveler mon abonnement je me pose bien des questions.

    Alexia Jelmini Frascotti et Michaël Frascotti dit :
    16 novembre 2008 at 21:45 m

    Nous tenons à apporter notre soutien aux journalistes de l’Impartial et de l’Express !
    Votre combat est juste… Nous savons que vous effectuez votre travail depuis longtemps déjà dans des conditions difficiles…
    Notre région et sa vie socioculturelle ont besoin de votre travail au quotidien. L’information ne peut être saine et de qualité que si des moyens suffisants vous sont donnés.
    Dans tous les cas, nous sommes choqués par ces annonces de liecenciements. Nous attendrons l’issue des négociations avant de renouveler notre abonnement à l’Express, journal auquel nous tenons pourtant beaucoup.

    solidaritéS dit :
    17 novembre 2008 at 9:34 m

    SolidaritéS soutient la lutte des journalistes et du personnel de l’Express/Impartial

    Partout les employeurs veulent faire payer la crise financière au monde du travail qui n’y est pour rien. Le groupe Hersant a annoncé 15 licenciements et vendredi il refusait d’entrer en matière sur toutes les propositions de la délégation du personnel.

    La grève qui s’en est suivie est courageuse et bienvenue : elle a porté ses premiers fruits, puisque les négociations reprendront lundi matin sur la base des revendications du personnel.

    Nous apportons un soutien sans réserve aux journalistes et au personnel de L’Express/L’Impartial ; c’est aussi un soutien à l’existence d’une presse régionale qui doit pouvoir être réalisée dans de bonnes conditions.

    Le groupe Hersant fonctionne selon une logique strictement financière qui met en danger le droit du public à être informé. Une presse d’information de qualité doit en effet se donner les moyens de disposer d’un nombre suffisant de professionnels bien formés.

    La grève du personnel est un exemple dont il faudra se souvenir ailleurs. La poursuite de la solidarité qui s’est exprimée permettra un plein succès aux négociations prévues.

    Pour solidaritéS, Marianne Ebel

    Catherine Lüscher dit :
    17 novembre 2008 at 10:13 m

    A voir le soutien exprimé hier à l’adresse des grévistes sur la Place du Marché, j’ai ressenti une vraie émotion. D’abord parce qu’il s’agit de mes anciens collègues, mais aussi parce que ce soutien fut spontané et très large. Du Conseil communal de La Chaux-de-Fonds, en passant par des lecteurs, des politiques de tous les bords, des collègues d’autres médias, des acteurs de la culture, etc. Tous se sont élevés contre la perte de substance et de qualité inévitable inhérente aux licenciements massifs annoncés et tous ont encouragés les journalistes dans leur combat pour faire vivre décemment la presse régionale. Dans ce large soutien s’est aussi fait entendre ceci, que l’on vient de découvrir avec la crise financière: les gens en ont marre d’une certaine forme d’arrogance, surtout lorsqu’elle est le fait de gestionnaires défaillants – quelles réserves ou quels investissements pour l’avenir ont-ils été réalisés lors des excellents derniers exercices ? – ou de mauvais banquiers shootés au credo de l’ultralibéralisme-forcément-triomphant.

    Chômeur dit :
    17 novembre 2008 at 16:25 m

    “Information de qualité”, “combat pour la liberté de l’information”,
    “l’information disparait” … et le chômage ?

    On ne l’a pas souvent évoqué celui-là, ni dans les discours hier ni dans
    les commentaires!

    C’est moins noble et moins digne comme combat ? Plus difficile à
    susciter la solidarité ?

    Eh bien, messieurs les journalistes, je me suis trouvé hier à la place du
    Marché, chômeur et solidaire concerné par ce qui vous arrive.

    Que mon combat devient un jour le vôtre.

    En attendant, solidaires salutations

    Un chômeur

    Jacques Hirtzel dit :
    17 novembre 2008 at 16:55 m

    En tant que lecteur de « l’Impar » depuis que j’ai l’âge de savoir ce qu’est un journal, je veux vous apporter mon soutien. Il y a dans une armoire chez moi des « Impar’s » jaunis qui relatent les faits jugés importants depuis de nombreuses années, cela va de l’édition du 12 septembre 2001 à celles des jours de naissance de mes enfants. Chaque jour, mon épouse et moi-même avons plaisir à parcourir le journal et pourtant, depuis quelque temps, l’idée de ne pas reconduire notre abonnement nous a traversé l’esprit. Ceci n’est en aucun cas lié à la qualité des articles mais plutôt à leur pure et simple disparition. Bon, ok, nous sommes jurassien-bernois, nous n’existons pour personne, mais nous avions quand même une petite place dans votre journal, une page entière, je dis « nous avions » parce que depuis quelque temps cette page a tendance à passer à une demie-page quand ce n’est pas carrément à un quart de page !

    Alors qu’est-ce qui se passe ? Et bien il se passe la même chose que pour “la Poste”, on appauvrit le service jusqu’à ce que les gens ne l’utilisent plus suffisamment et ensuite on a bonne conscience quand on le supprime ! Pour “la Poste” ça passe entre autres choses par des horaires d’ouverture toujours réduits, dans nos villages on en arrive bientôt à la durée critique qui consiste à ce que le temps d’ouverture de la poste soit inférieur au temps d’attente moyen au guichet ! Pour vos dirigeants, cela consiste à réduire la part du journal consacrée à ma région de telle sorte que les gens ne renouvelleront plus leurs abonnements et qu’à moyen terme la rubrique puisse être « très logiquement » supprimée. Parions sur le fait que cette suppression sera mise sur le dos des lecteurs qui succombent aux tentations des nouvelles technologies de l’information, aux gratuits ou à je ne sais quoi d’autre. Jamais il ne sera écrit que ces lecteurs déçus ont été laissés sur le bord de la route du profit à la même station que les rédacteurs et correspondants de leur région.

    Votre grève c’est la nôtre, quand la rédaction d’arc-presse sera basée à Lausanne, il y a fort à parier que M. Hersant (c’est une image) n’enverra jamais ses troupes défendre les idées des ouvriers d’un de ses copains du SMI délocalisant de Reconvilier à Dornach. Il n’y aura plus personne pour couvrir les évènements locaux et des choses aussi choquantes que celles qui se passent dans vos rédactions passeront inaperçues. Dans les 38 dernières années j’ai participé, dans la région, à deux manifestations de travailleurs en grève, exactement le même nombre que ma fille qui n’a que 5 ans… Cela me semble un signe clair que nous aurons de plus en plus besoin de journalistes et de journaux pour relater nos opinions, nos combats, nos problèmes mais aussi la vie de notre région.

    Nous ne voulons pas d’une presse régionale qui ressemble au 13h de TF1, pour cela il y a les feuilles d’avis locales et les journaux de Carnaval, nous voulons une presse régionale avec du monde sur le terrain, des opinions et des articles de qualité !

    Merci de vous battre aussi pour que nous, région à la périphérie de la périphérie, ayons toujours droit à une voix dans les médias.

    Michael Werder dit :
    17 novembre 2008 at 20:35 m

    En tant qu’«ancien» de L’Impartial, j’ai vécu la crise des années nonante et j’ai assisté au regroupement des deux quotidiens neuchâtelois. Rude période, s’il en fut…
    Si je ne peux qu’approuver la lutte menée actuellement par les rédacteurs neuchâtelois pour une presse régionale de qualité. il me tient toutefois à coeur d’apporter une précision, souvent passée sous silence.

    Un quotidien n’est pas seulement fait par des rédactrices et des rédacteurs. Il y a également une équipe technique qui assure la production. Or, combien de typographes, combien de correcteurs, combien de photolithographes et combien de rotativistes ont vu leurs places de travail passer à la trappe ces dernières années?

    «Les journalistes s’occuperont de la mise en pages», disait-on alors. S’il est vrai que la technique permet (parfois et souvent mal) de supplanter le travail du professionnel, la qualité ne peut que s’en ressentir, et la belle ouvrage aussi.

    Par ces quelques considérations, je voulais juste exprimer mon soutien également aux professionnelles et aux professionnels des métiers des arts graphique qui contribuent, aussi et à leur manière, à la diversité de la presse et à la qualité de nos quotidiens. Le tribut qu’ils ont déjà payé et qu’ils paient encore à la rentabilité est également lourd.

    Hommage à eux donc…

    julian dit :
    18 novembre 2008 at 9:12 m

    Bonjour, je suis un des ex-grévistes, toujours mobilisés parce que notre combat pour des conditions de travail dignes ne vient que de commencer. Et c’est certainement la partie moins visible de notre lutte qui sera la plus difficile à mener. Je viens de lire les messages laissés sur ce blog par de nombreux ex-collègues, des lecteurs, des anonymes et des amis, je ne peux que les remercier et les inciter à livrer aussi leur témoignage à notre rédaction, tout comme – et surtout – à notre direction. En démontrant votre soutien, vous leur prouverez que vous tenez à votre journal.
    Encore une fois merci et surtout que les prochains confrères qui se retrouveront dans notre situation n’hésitent pas à nous contacter ni à nous imiter.

    Alain Dupraz dit :
    18 novembre 2008 at 22:52 m

    Chères consœurs, chers confrères,
    Lorsque j’étais responsable de la Société des rédacteurs et du personnel de la Tribune de Genève (que j’ai quittée l’an passé), j’ai été à plusieurs reprises confronté à des situations extrêmement tendues avec la direction de mon journal et/ou de son éditeur (les deux se confondant souvent). C’est pourquoi j’imagine sans trop de peine le degré de tension, au fond des estomacs comme dans les regards qui se croisent, que vous pouvez vivre ces jours-ci.
    Je vous félicite pour le mouvement que vous avez entrepris, que je soutiens et encourage. La pérennité des quotidiens d’information repose sur l’adhésion des cœurs et des têtes de celles et ceux qui le font; elle est ainsi bien mieux assurée qu’avec les fonds à disposition. Il est totalement erroné de la part d’un éditeur de croire qu’il pourrait se passer de l’adhésion de ses journalistes. A l’heure où la planète entière réalise combien les lois de l’argent ont des limites, il devient chaque jour plus évident que ces “lois” doivent absolument se soumettre à l’humain d’abord. Votre mouvement s’inscrit dans ce moment et ce sens de l’histoire. Car un journal est avant tout un service à la société, un élément indispensable au bon fonctionnement de la démocratie, qui est faite d’hommes et de femmes qui pensent et qui aiment, et non pas de robots mécaniques et sans matière grise.
    Je vous engage à faire bloc, à faire passer la solidarité avant les intérêts particuliers, tout en étant attentifs aux situations individuelles. Le slogan de je ne sais quel syndicat disait autrefois: “Unis, nous sommes forts”. J’ai toujours été persuadé, et j’ai pu l’expérimenter à plusieurs reprises, qu’en réalité, un corps de personnes profondément soudé et intelligemment organisé est en réalité plus fort que n’importe quelle volonté individuelle, quelle soit patronale ou autre.
    Mon message se veut plein soutien à votre action, que je souhaite réfléchie, résolue et victorieuse, quelle que soit la forme qu’elle prendra au fil des jours.
    Avec ma solidarité confraternelle.
    Alain Dupraz
    journaliste
    L’Echo Magazine
    Genève

    Philippe Chopard dit :
    18 novembre 2008 at 23:17 m

    Membre de la rédaction de L’Express depuis plus de vingt ans, je suis très sensible, comme mes collègues d’ailleurs, à tous vos messages de soutien. M’estimant, tout comme mes collègues, menacé de voir une carrière entièrement au service de la population de ce canton de Neuchâtel complètement bousillée, je ne peux que crier ma révolte devant l’invocation d’arguments économiques qui doivent cacher des erreurs de gestion et un manque gravissime de vision prospective.
    En tant que président de l’Association neuchâteloise des journalistes pendant six ans, j’ai souvent eu l’occasion de mesurer dans quelle estime les éditeurs romands nous tenaient. “Vous êtes des employés comme les autres”, m’a-t-on craché à la figure à fin 2005. Peut-être le sommes-nous, structurellement parlant. Mais les témoignages recueillis dimanche à La Chaux-de-Fonds, nous confortent dans l’idée que la confiance des lecteurs se manifestent davantage dans la crédibilité de ce que nous écrivons tous les jours, que dans la présentation des derniers produits en vente à Migros. C’est cela qui nous guide. La SNP se suicide en dégraissant pareillement ses effectifs.
    Je viens d’apprendre que la presse argovienne est confrontée à la même catastrophe que celle nous sommes en train de vivre. Drame pour eux, les Alémaniques n’ont plus de Convention collective de travail depuis belle lurette.
    Où le massacre s’arrêtera-t-il?

    jeanne dit :
    19 novembre 2008 at 8:10 m

    La crise qui a commencé sera d’une ampleur sans précédent. Elle durera. Des années… La vague de licenciements, dans tous les secteurs, va devenir un tsunami. Des millions de gens seront au chômage. Il faut changer la société, vite! Il est urgent d’être solidaires. Il y aura tellement de chômage, que les cantons, les Etats de la planète entière devraient, d’ores et déjà, prévoir des lois pour assurer des passerelles d’un emploi à l’autre aux chômeurs. Afin qu’ils ne restent pas sur le carreau. Car la peur, de tous, d’être marginalisés, de manquer, engendrera une violence telle qu’on n’imagine même pas. Les êtres humains sont à un tournant crucial. Qu’ ils s’entraident et ils mettront au monde le meilleur d’eux-mêmes. ça prendra peut-être du temps, mais nous pouvons, tous, changer le cours des événements. Il faut dire non, comme vous l’avez fait, encore et encore, descendre dans la rue, refuser de sacrifier son prochain sur l’autel des licenciements. Et lorsqu’il y a licenciements, les vrais chefs se solidarisent de leurs équipes, en baissant leur salaires ou en donnant les premiers leur sac…

    Daniel Musy dit :
    19 novembre 2008 at 18:21 m

    La nécessité d’avoir une presse régionale dynamique, indépendante des pouvoirs politiques, critique et même plus, parfois polémique, s’est manifestée dans l’affaire RIMUS. La réorganisation des musées chaux-de-fonniers a suscité des réactions citoyennes que l’Impartial a bien su relayer. Le rôle déterminant du journal (éditoriaux et billets, interviews divers, compte-rendus) a servi la cause de la culture et pas du “politique”.

    Tant mieux et bravo pour tant d’engagement. On retrouvait là le bel Impar de Gil Baillod, dont j’ai été loin d’ailleurs de partager tous les points de vue.

    Walter Tschopp dit :
    19 novembre 2008 at 18:49 m

    Un mot sur la culture, puisque c’est celle-ci qui, en situation de crise, est en général la première menacée. Je constate depuis quelques années une professionalisation très réjouissante de la rubrique culturelle de L’Express/L’Impartial. La petite équipe constituée de Dominique Bosshard (responsable), Alexandere Caldara et Ana Cardoso fait un travail d’information compétent, suivi, précis. Articles d’actualité, articles de fond, commentaires, agenda parfaitement au point: autant d’éléments d’un travail remarquable. Sans être au courant des réductions de postes dans le détail, j’ai bien peur que la culture – cet éternel “indispensable superflu” – fasse les frais de la situation actuelle. Alors, je lance un cri à destination des responsables du journal: ne touchez pas à la culture! vos journalistes de la spécialité sont bons! Pour l’amour du ciel, laissez les poursuivre leur boulot!
    Walter Tschopp
    Conservateur des arts plastiques
    Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel

    Roger de Diesbach dit :
    20 novembre 2008 at 14:40 m

    Enfin! Chapeau!

    Certains patrons de presse ont vendu leurs journaux âme comprise, avec lecteurs et journalistes, comme des bijoux de famille.
    Pour attiser le tirage de leur cheminée et augmenter leur profit, les acquéreurs de ces journaux, vierges folles, arboriculteurs imprévoyants, n’ont eu de cesse de couper les unes après les autres les branches qui faisaient la qualité et l’originalité de leur arbre. Des journalistes ont dû dégager, des prestations rédactionnelles sont tombées à l’eau, des pages ont sauté. On a parfois sacrifié l’information au vil et futile tapinage. Certes, ces coupes claires ont permis des économies immédiates, mais à quel prix? Déconcertés, fâchés d’être prix pour des demeurés, des milliers de lecteurs ont quitté le bateau. Ils seraient pourtant indispensables aujourd’hui, alors qu’une nouvelle chute publicitaire frappe l’ensemble de la presse.
    Les mêmes patrons de presse se lamentent maintenant parce que leurs journaux mutilés ne portent plus de fruits. Que faire du tronc dégarni que l’assèchement menace? Chercher une alliance avec d’autres groupes de journaux? La sinistrose du marché permettrait de brader son indépendance sans perdre la face… Ou ressortir sa tronçonneuse pour s’attaquer au tronc en licenciant une nouvelle charrette de collaborateurs? Les deux recettes sont applicables sans nécessairement s’exclure.
    En s’opposant à une mesure de licenciement brutale, les journalistes de l’Express et de l’Impartial sauvent l’honneur de la profession, et sans doute la crédibilité et l’indépendance de leurs titres. Ils suscitent deux mots de réaction: «Enfin!» et «chapeau!»
    En 1980, une grand patron de presse romand publiait un petit livre pour défendre une presse d’information «agressive, critique et courageuse qui sache déplaire». Il écrivait: «L’éditeur doit savoir que les journaux qui font une longue carrière sont ceux qui ne se fondent pas sur la prétendue médiocrité du public pour faire un journal médiocre mais ceux qui offrent toujours plus et mieux que la simple réponse aux besoins exprimés.» Qui était ce magnat de la presse, sûrement un «gauchiste», qui refusait de tout sacrifier aux lois du marché? Marc Lamunière, ancien patron du groupe Edipresse. 1980-2008, deux mondes, vraiment?

    Roger de Diesbach, ancien rédacteur en chef de La Liberté

    Roberto Betti dit :
    20 novembre 2008 at 17:31 m

    Chers propriétaires de l\’Express,

    Il est terrifiant de constater qu\’aujourd\’hui vous avez pris la décision de licencier un \”jeune\” journaliste culturel (Alexandre Caldara) et vous avez eu un geste magnanime de déplacer une \”moins jeune\” journaliste culturelle (Mme Dominique Bosshard) vers le secrétariat de direction en attendant qu\’elle soit \”retraitable\”. Question d\’économies? Avez-vous vraiment exploré d\’autres possibilités pour faire de l\’Express un journal fort et différent?
    Non, il me semble que vous, financiers de haut vol font, faites fausse route. La force et la qualité de ce journal est son ancrage local et régional, la sensibilité et l\’engagement de ses journalistes, le temps et la disponibilités qui\’ils offrent sur le terrain, leur indépendance d\’esprit, leur regard critique.
    En réduisant aujourd\’hui la rédaction culturelle et demain celle politique peut-être, il ne vous restera que le people, les faits divers et sensationnels.
    Quel intérêt alors à acheter l\’Express s\’il sera identique aux feuilles bleues ou minutées des gratuits?
    Moins de lecteurs, moins d\’abonnés, moins de recettes, une raison supplémentaire pour dégraisser encore après-demain. Mais c\’est peut-être cela que vous souhaitez? Vous avez peut-être oublié que c\’est l\’humain qui fait la différence. Supprimez-le! Que vous restera-t-il?
    Roberto Betti
    Directeur du Centre culturel neuchâtelois

    Matthieu Béguelin dit :
    20 novembre 2008 at 20:52 m

    Si ce que Roberto vient de publier est avéré (je n’ai malheureusement aucune raison d’en douter), la crainte de Walter Tschopp vient de se réaliser.

    Mettre à la porte ou “au placard” des journalistes qui ont fourni un travail de fond, avec un sérieux et un suivi que l’on voudrait plus courant, est proprement atterrant!

    La SNP a-t-elle réfléchi un seul instant à ce qu’une telle décision signifie en terme de possibilité d’une presse régionale de qualité?

    Une région, c’est aussi et souvent sa culture, son activité culturelle. Réduire la couverture journalistique de celle-ci à peau de chagrin, ou à un travail aléatoire de pigistes est irresponsable.

    Peut-être est-ce dans l’espoir secret que les associations produisant les spectacles dans notre régions “compensent” cette perte journalistique par des annonces…
    Ce serait très mal connaître la situation de la plupart des acteurs culturels de la région, et prouver qu’on a jamais lu les journalistes qu’on se permet de mettre sur la touche.

    A Dominique et Alexandre, toute ma sympathie.
    A la SNP, toute mon incompréhension.

    Matthieu Béguelin,
    Acteur culturel

    Francis Staehli dit :
    20 novembre 2008 at 20:56 m

    Je viens d’apprendre qu’Alexandre Caldara ne ferait plus partie de la rédaction de L’Impartial/L’Express.

    A mon sens, il s’agit typiquement là d’un licenciement qui fait perdre de sa substance à l’entreprise…

    Alexandre Caldara suivait la vie culturelle de notre canton en assistant aux spectacles et en parlant avec leurs créateurs. Son regard critique était ensuite aigu, avec un point de vue explicité et permettant débats et réflexions.

    Dans ses contributions à la rubrique « Air du temps », il avait une écriture, personnelle certes, mais pas seulement… Son style, par ses images, son rythme, bref sa phrase rendait perceptible ce que ressentent des êtres jeunes et pourtant déboussolés par une société souvent implacable et en même temps chaotique.

    D’où dans les textes ciselés d’Alexandre Caldara, ces notations impressives, ces références musicales, cinématographiques et poétiques, ces élans, ces révoltes et ces points de suspension…

    Son approche était subjective, et cependant ressentie et partagée.

    Avec le licenciement d’Alexandre Caldara, le groupe Hersant se prive d’un relais fragile et sensible avec des lecteurs eux-mêmes fragiles et sensibles.

    Mais c’est peut-être ce que le groupe Hersant veut et c’est ce qui nous attend.

    Francis Stähli, professeur retraité et pas encore endurci.

    Stéphane Devaux dit :
    21 novembre 2008 at 23:52 m

    Vendredi soir, rédaction presque vide, les éditions du lendemain sont prêtes, les rotatives vont bientôt rouler… Vendredi soir. Il y a une semaine, nous nous mettions en grève. Un élan spontané, une charge furieuse contre l’inacceptable: une coupe à la tronçonneuse dans notre rédaction. Un poste sur quatre, un massacre, quoi… Massacre social, massacre humain, massacre contre notre mission première: informer.
    Une semaine, et quoi, dans le fond? Nous avons obtenu au mieux un sursis de six mois. Un semestre de chômage partiel, peut-être… Et avec ça? Quatre coups de hache. Trois licenciements, une stagiaire lâchée. Et un climat tendu. Pour les autres, juste le droit d’espérer que la raison reprendra le dessus. Que notre direction comprenne qu’une info sérieuse, crédible, attractive ne tombe pas cuite à point comme ça. Eclairer, expliquer, mettre en relief, c’est à cela que servent les journalistes. Pas juste à servir les faits bruts ou regardés par le petit bout de la lorgnette. Celui de l’anecdotique et de l’insignifiant.
    Vendredi soir. Je veux y croire. Les messages de soutien, nombreux, souvent chaleureux, parfois inattendus, me donnent à penser que vous, lecteurs, êtes plus attachés à ce travail de fond que ne le croient ceux qui nous dirigent. Dites-le-leur…
    Stéphane Devaux
    Ex-gréviste

    Arnaud Maeder , Sylviane Musy et Lada Umstätter dit :
    24 novembre 2008 at 16:11 m

    A titre personnel, nous avons appris avec une relative satisfaction la diminution du nombre de licenciements prévus par la Société Neuchâteloise de Presse. Nous demeurons cependant préoccupés par les conséquences personnelles et professionnelles que ces licenciements auront pour les journalistes concernés, dans un moment où les possibilités de retrouver un emploi équivalent sont extrêmement réduites.

    Nous sommes inquiets du licenciement de journalistes de qualité, notamment celui d’une personne engagée pour la culture de notre région.

    De plus, nous craignons que, si la situation de la presse continue de se détériorer, d’autres licenciements soient prononcés.

    Une politique de réduction du personnel nous semble incompatible avec l’objectif formulé par la SNP de recentrer les deux titres sur l’actualité régionale.

    En effet, il est illusoire d’espérer atteindre un tel but en recourant aux nouvelles d’agences sur lesquelles se fondent les journaux gratuits qui, par ailleurs, constituent une concurrence forte pour nos deux quotidiens.

    Au contraire, comme les agences ne diffusent que peu de nouvelles régionales, les journalistes doivent être en effectif suffisant afin de disposer du temps nécessaire pour entretenir et développer les relations de proximité qui constituent la base de leur métier. Ce contact proche est très apprécié par les lecteurs et sans ces liens la vie culturelle de la région perdrait une part importante de son rayonnement.

    La diminution du nombre de poste aura donc une conséquence importante sur la qualité des deux quotidiens.

    D’autre part, faut-il interpréter le licenciement du responsable de la rubrique culturelle comme le signe d’une réduction de la place de cette thématique dans les deux titres ? Une telle stratégie serait contre-opérante. En effet, une rubrique culturelle dynamique permet de tisser des liens entre l’ici et l’ailleurs ce qui, par conséquent, diminue le risque d’un repli régionaliste.

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