Comment normaliser la consommation d’énergie dans l’habitat


 Il est de notoriété publique que sous nos latitudes 50% de l’énergie dépensée par habitant est consacrée au chauffage, dont un minimum de 50% est simplement gaspillé !

Au moment de la première crise pétrolière en 1973 cette situation ne dérangeait personne et aucune législation cantonale ou fédérale ne la réglementait.  La première norme sur l’isolation thermique des bâtiments SIA 180 est sortie en 1977 et certains cantons ont mis progressivement en place les bases de législations relatives à la consommation énergétique des bâtiments. La Confédération encourageait… et elle a lancé un programme d’impulsion en 1990. La même année un article constitutionnel relatif à l’énergie, accepté par le peuple suisse, lui aurait permis de légiférer en matière énergétique, mais la mise en application de cette disposition a été laissée à la compétence des cantons !  Tant bien que mal, la dernière décennie du siècle a vu cependant un large mouvement s’amorcer, concrétisé par de nouvelles normes et des politiques énergétiques raisonnables.

 

En 1994, le directeur du service cantonal de l’énergie du canton de Zürich Ruedi Kriesi définit les futurs standards d’un label qui en quelques années va devenir déterminant dans toute la Suisse.  En 2001 plus d’un million de m2 de surface de référence énergétique sont certifiés Minergie et le standard Minergie-plus, encore plus exigeant, est lancé. Ces labels maintenant incontournables deviennent des arguments de vente pour les constructions neuves.

 

Malheureusement le passage au parc immobilier existant s’avère plus difficile.  La majorité des habitants de notre pays n’est pas propriétaire de son logement et les investissements à consentir dans un assainissement énergétique ne profitent guère au propriétaire. Pourtant, le potentiel d’amélioration est énorme et les moyens techniques sont parfaitement applicables sur d’anciennes constructions.

 

Pour prendre un exemple genevois, le parc immobilier est ancien : 73% des bâtiments datent d’avant 1980 et 32% d’avant 1945 et le rythme des rénovation n’est que de 1 à 2% par année !  En 2050 à ce taux, 40% des immeubles ne seront pas encore rénovés et il y aurait lieu de prendre le taureau par les cornes ; ce que le Grand Conseil genevois a fait en proposant d’importantes modifications à la Loi sur l’Energie du 18 septembre 1986, qui seront présentées au peuple en 2009. http://www.geneve.ch/grandconseil/data/texte/PL10258.pdf

Il s’agit de toute une panoplie de conseils et d’incitations pouvant aller jusqu’à l’obligation, qui est assortie d’une autre panoplie de dérogations, bonifications, aides financières et mesures fiscale propres à convaincre les propriétaires. La Société des Régisseurs de Genève s’était associée à l’Office cantonal de l’énergie pour une présentation de cette nouvelle loi qui ne doit pas être considérée comme une contrainte, mais comme une opportunité de valoriser le parc immobilier ; la difficulté résidant dans le choix des immeubles et des objets à traiter en priorité.  La régie de la place qui avait organisé cette présentation  www.brolliet.ch et une société de conseil en développement durable dans le domaine bâti www.signa-terre.ch ont présenté une méthode de diagnostic et de prise de décision qui devrait permettre aux propriétaires d’effectuer ces choix, ce qui ouvrirait la voie à une normalisation de la consommation d’énergie dans l’ensemble du secteur immobilier.

 

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