Le rédacteur en chef de L’Express et L’Impartial est exclu de l’Association neuchâteloise des journalistes


L’Association neuchâteloise des journalistes nous a fait parvenir le communiqué suivant:

“L’Association neuchâteloise des journalistes (ANJ) condamne les agissements de la direction de la Société neuchâteloise de presse (SNP) et exclut de ses rangs le rédacteur en chef des deux quotidiens neuchâtelois. Elle regrette que le canton ait dû refuser l’octroi du chômage partiel.”

“Réunis en assemblée générale ordinaire à Cortaillod (NE), les membres de l’Association neuchâteloise des journalistes (ANJ), section d’Impressum, ont pris note des décisions prises par la direction de la Société neuchâteloise de presse (SNP) à l’issue du mouvement de grève de la rédaction des quotidiens « L’Express » et « L’Impartial ». La totalité du personnel rédactionnel, excepté ses membres alors en vacances ou en arrêt maladie, a vu son salaire de novembre amputé de l’équivalent d’un jour de travail. En outre, trois collègues ont été démis de leurs fonctions d’adjoints à la rédaction en chef. Pour deux d’entre eux, la mesure impliquera, à l’issue des mois de dédite applicables, une perte salariale permanente. En outre, elle affaiblit clairement le staff chargé de piloter la nouvelle formule du journal, censé miser sur la qualité d’une information régionale que dit vouloir viser le rédacteur en chef Nicolas Willemin.”

“L’ANJ dénonce avec vigueur les pratiques directoriales de la SNP, de nature à déstabiliser le personnel des rédactions et à prétériter l’avenir même des deux quotidiens.”

“En ce qui concerne le déclassement de Stéphane Devaux, délégué de la Société du personnel des rédactions de « L’Express » et de « L’Impartial » (Sprei), l’ANJ constate qu’elle sanctionne un rédacteur régulièrement élu par le personnel pour le représenter. La sanction qu’il subit, même si deux collègues non-membres de la délégation sont à la même enseigne, est indéniablement de nature à dissuader à l’avenir d’autres collègues d’accepter un tel mandat, pourtant prévu par la Convention collective (CCT) qui lie l’éditeur et Impressum. En tant que telle, cette sanction constitue une tentative d’intimidation inadmissible contre un porte-parole qui n’a fait qu’accomplir loyalement le mandat qui lui a été confié.”

“Les agissements de la direction de la SNP ne respectent au demeurant ni l’esprit, ni la lettre des relations entre partenaires sociaux. En prenant de telles mesures, la direction viole le principe de la bonne foi. L’ANJ s’indigne que l’un des signataires d’une convention s’autorise, quelques jours après l’avoir signée, à prendre des mesures unilatérales hostiles à l’autre partie.”

“L’ANJ déplore que la direction de la SNP, au lieu de calmer le jeu et de se battre pour recréer un climat de travail le plus sain possible – dans l’intérêt même de l’entreprise – ait choisi la voie de l’humiliation et de la division.”

“L’ANJ exige que ces décisions soient annulées et que les éventuelles restructurations et redéfinitions de postes soient l’objet d’un moratoire jusqu’à plus ample informée sur le projet rédactionnel.”

“Enfin, l’assemblée générale de l’ANJ a voté par 38 oui et une abstention l’exclusion de Nicolas Willemin, rédacteur en chef de « L’Express » et de « L’Impartial », de sa qualité de membre de l’ANJ. La décision est motivée par le fait qu’en se rangeant totalement du côté de la direction générale de la SNP, dont il est par ailleurs membre de plein droit, Nicolas Willemin n’a plus sa place dans notre association.”

Association neuchâteloise des journalistes

One Response to “Le rédacteur en chef de L’Express et L’Impartial est exclu de l’Association neuchâteloise des journalistes”

  1. Stéphane Devaux 30 novembre 2001 at 20:08 #

    ASSEMBLE GENERALE ANJ, 28 NOVEMBRE 2008 CORTAILLOD
    Billet bis

    Le billet annexé à votre convocation, et qui, selon la tradition, est au président de l’ANJ ce que les exercices imposés étaient aux patineuses artistiques, date, vous l’avez bien compris, du lendemain de l’élection du nouveau président des Etats-Unis. Jour qui était aussi, mais l’histoire n’était pas encore écrite, la veille de l’annonce de suppressions de postes qui a conduit aux événements que l’on sait à la Société neuchâteloise de presse. Il aurait été rédigé 24 heures plus tard, son ton en eût sans doute été changé.

    Quoique. Parce qu’aujourd’hui encore, je peux affirmer que la voie des changements sera pleine de pièges, de chausse-trapes et de nids-de-poule. Ces dernières semaines en sont la preuve éclatante. Mais je continue à prétendre, quitte à passer pour un indéracinable optimiste ou un naïf de première catégorie, que ce n’est qu’en se battant pour ce en quoi on croit que l’on tiendra le coup.

    C’est pourquoi j’en appelle à vous, directement, chères consoeurs, chers confrères. J’en appelle à votre sentiment de responsabilité et à votre amour du métier. Soyez. Soyons ambitieux, pour nous-mêmes d’abord. Ambitieux, pour moi, ne veut pas dire prétentieux, mais curieux et exigeants. Soyons-le, pour nous et pour les autres. Exigeants, rigoureux, précis, critiques. Beaucoup de poids sur nos épaules, c’est vrai. Mais on ne peut pas se réclamer d’une certaine qualité sans l’appliquer au quotidien.

    J’en appelle aussi, et avec insistance, aux cadres des rédactions. Aux rédactions en chef qui, plutôt que de se faire les porte-parole parfois (un peu trop) serviles de leur direction, ont pour tâche première de mener leur rédaction. D’assurer le contrôle de cette qualité dont nous nous réclamons. Stimuler leurs troupes, les motiver, les encourager, les dynamiser. Les protéger, aussi, contre les attaques incessantes des communicateurs vendeurs de messages creux ou, plus grave, purement publicitaires. Contre les attaques de directions aveuglées par leurs colonnes de chiffres à qui il faut rappeler sans cesse qu’on ne produit pas de l’information comme une poudre à lessive. Et que la qualité a un coût. Combien de fois, bon sang, faudra-t-il rappeler qu’un journal n’est jamais gratuit ?

    J’en appelle donc aussi à ces directions d’entreprises de presse pour les inviter (je n’ai pas, hélas, d’ordres à leur donner) à prendre note de ce qui précède. Je leur dirais aussi qu’elles ont mon estime quand elles osent le pari de la qualité et de la défense du terroir où elles ont leurs racines. Quand elles osent prendre des risques au nom du respect du travail de recherche d’une information fiable et enrichissante et qu’elles n’incitent pas à la facilité, au futile, à l’anecdotique. Au people voire au trash. A tout ce qui stimule les bas instincts de l’humain plutôt que de l’inciter à s’interroger.

    J’en appelle enfin à Impressum, notre association professionnelle. En tant que modeste président d’une non moins modeste section cantonale, j’attends de ses professionnels qu’ils défendent avec la dernière énergie les intérêts du métier et de leurs membres. Au nom des collègues menacés, sanctionnés, punis ou simplement débarqués, qui n’ont parfois qu’un seul défaut : celui de croire encore à une mission journalistique dans un monde où l’on finit par croire que tout le monde croit être né communicateur.

    Stéphane Devaux, président

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