Il est un personnage de la littérature russe qui s’appelle Oblomov. Fruit de l’imagination de l’écrivain Ivan Gontcharov, ce « héros » passe sa vie au lit. En 2004, un groupe de chercheurs français s’empare du symbole pour inviter les chercheurs à ralentir leur fuite en avant, à s’abandonner au rêve et à la poésie. Ces contestataires de la science, qui ont aussi des relais en Suisse romande, prennent le nom de Groupe Oblomoff (oui, avec deux f). En 2009, ils sortent un petit livre qui s’emploie à dénoncer les avatars, non seulement du scientisme, mais bien de la Science (avec majuscule) elle-même. « A l’heure où les technologies convergentes nous submergent, et où l’on tente de nous faire croire que le capitalisme peut être écologique », l’ouvrage dénonce la collusion des milieux de la recherche avec les pouvoirs militaires et industriels au nom des trois mythes, Progrès, recherche publique et science pure.
« Un futur sans avenir – Pourquoi il ne faut pas sauver la recherche scientifique », par Oblomoff, Editions L’Echappée, 2009. oblomoff@no-log.org