Fribourg, le PDC ou le degré zéro de la politique


«La France a la droite la plus bête du monde» avait affirmé le politicien socialiste Guy Mollet. On pourrait dire aujourd’hui que, en termes de bêtise, le PDC fribourgeois ne craint personne.

Après les tribulations du parti cantonal, dont le président a lâché la barre en pleine année électorale (et en période de Carnaval, mais cela n’aurait rien à voir), pour monter dans la barque de l’UDC, la section de la ville a montré de quoi elle est capable. Et ce n’est pas triste.

Autrefois flamboyant – il était encore le premier parti de la capitale cantonale en 2006 – le PDC local est sorti la queue entre les jambes des élections communales du 20 mars, perdant un siège au Conseil communal (exécutif) et six au Conseil général (législatif). Pire, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même: il a soigneusement fait tout ce qu’il fallait pour se ramasser. Ainsi, depuis un certain nombre d’années – en particulier durant les cinq ans de la dernière période administrative – une partie du groupe démocrate-chrétien a-t-elle endossé l’habit de l’opposition, ferraillant sans retenue contre un Conseil communal où siégeaient pourtant deux des siens (sur cinq). En outre, la période pré-électorale a vu des membres du vieux parti faire campagne ouvertement pour la candidate radicale qui, au final, a éjecté un PDC du Conseil communal. Ce qui fait au passage le beurre des trois élus de gauche, unis face à deux bourgeois pas nécessairement amis. Bien joué!

Maso, le PDC? Dépourvu de sens politique en tout cas. Il faut reconnaître que le Conseil général, le bien nommé «corps délibérant», n’a que très peu de pouvoir. Ce doit être frustrant pour des élus qui rêvent de politique active et qui, sans plus de réflexion, se rabattent sur le pouvoir de nuisance. S’y ajoutent quelques inimitiés personnelles envers l’un ou l’autre édile et tous les ingrédients y sont pour servir un seul objectif: contrer le Conseil communal à tout prix, fût-ce au détriment des intérêts de la cité. C’est ainsi qu’on a vu le groupe proposer de vendre les «bijoux de famille» (les participations de la ville dans des entreprises qui rapportent), voter le refus du budget ou s’opposer à un projet de parc technologique.

Ce n’est pas tout: on raconte à Fribourg – et pas tout bas – que l’ancien syndic Dominique de Buman, encore membre du Bureau de la section locale, pousserait au train de ces prises de positions plutôt aberrantes. Si cela s’avérait, on pourrait y voir deux choses: d’une part l’immaturité d’élus qui se laissent manipuler au point d’en oublier le bien commun, d’autre part le fait que le malheureux de Buman ne s’est pas remis d’avoir quitté la syndicature de Fribourg.

Et c’est ainsi que le PDC fribourgeois vise avec une belle constance le degré zéro de la politique.

Article paru dans Courant d’Idées

 

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