Tir groupé


«Les Suisses aiment ça», les veinards! Il paraît, à la Une du quotidien-orange-qui-ne sait-plus-qu’inventer-pour-doper-sa-libido-comptable, qu’un citoyen sur quatre, toute anatomie confondue, l’a déjà fait ou partage toujours des instants de pure béatitude, en faisant ménage commun. Un touche-à-tout, trinitaire au starter et super-complice, semble susciter l’adhésion d’un public entre deux âges, dégourdi et avide de sensations fortes. «Deux sexes et cinq possibilités». Au zoom, notre quotidien soucieux de sa vérité nous dévoile une infographie riche en renseignements, du moins en ce qui concerne les cas de figures intimes, mathématiquement affolantes pour qui doit faire l’effort de visualiser ces triples axels. Echangisme, mélangisme, triolisme, candaulisme, gang bang. Autant de nouvelles applications à insérer dans votre iPhone si vous ne voulez pas être pris de court à la mi-temps. Ça vaut le coup. Le sexe à plusieurs pour s’occuper pendant les interminables soirées d’été ou d’hiver à venir dans un bunga-bunga d’enfer, ouvert à tous ceux qui, déchus du Paradis et las de frémir à deux, ont cassé leur imagination sur le néant du programme télé.

Heureusement qu’un sexologue rompu à la question, chaussé de gigantesques lunettes afin d’y voir plus clair, mandaté par une presse soucieuse du bien-être de ses lecteurs, décrypte la matière. Il y a les jeunes qui font ça chez eux, safe sex et à l’oeil. Le diagnostic est clair. Une «hyperstimulation sexuelle», autant qu’un vide ecclésiastique et familial, les a projetés dans ces joies ma foi toutes humaines. La structure familiale ne fait donc plus recette, certaines tribus primitives d’Afrique ou d’Amérique du Sud l’attestent. Alors ça doit être vrai. Il y a aussi les vieux, qui dans des clubs libertins pratiquent la sensation tarifée et qui se la ferment. C’est normal. Un sur quatre, ça fait vite le tour du village.

Laisser tomber ses inhibitions, ses interdits, vivre sa vie, ça vaut le coup, non?  Madame mesure sa séduction, Monsieur ses arguments, et le tour est joué.

Bande à part, «le couple sexuellement fidèle est presque une espèce en voie de disparition», dixit notre expert. La tendance au frisson communautaire semble avoir le vent en poupe.

De quoi alimenter à l’envi les officines des sexologues-conseils et le tiroir-caisse des faiseurs de presse.

 

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3 Responses to “Tir groupé”

  1. Daniel 19 juin 2011 at 20:16 #

    En plus d’être complètement inintéressant, l’information transmise à coups de manchettes et de gros titres est en partie fausse : http://pikereplik.unblog.fr/2011/06/18/partouzes-un-redacteur-du-matin-sur-4-concerne/

    Bref… Le Matin achève de se discréditer.

  2. David 19 juin 2011 at 21:32 #

    « Seule, la statistique ne se satisfait pas »
    La manchette du «Matin » d’aujourd’hui est édifiante : 1 suisse sur 4 aime le sexe à plusieurs. Que 25 sur 100 puissent apprécier à l’amour en groupe, je le comprends. Mais 1 suisse (sur 4) peut, au mieux, pratiquer l’onanisme en imaginant les 3 autres qui s’adonnent aux plaisir de la chair. C’est le comble de l’individualisme : me, myself and I et c’est déjà du triolisme.

  3. pivoine 19 juin 2011 at 23:25 #

    Un moyen pervers pour banaliser des comportements tout de même minoritaires.

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