Témérité et sanction


Affreux! Tel analyste anglo-saxon établi à Zurich perd son flegme pour qualifier les résultats d’UBS.

PAR CHRISTIAN CAMPICHE

Avec une baisse du bénéfice de 49%, la performance du navire amiral de la banque helvétique est l’une des plus mauvaises en comparaison internationale. UBS fait moins bien que Deutsche Bank mais se situe surtout nettement en deçà de ses concurrentes américaines. Lesquelles ont pignon sur rue à Genève depuis quelques mois et draguent désormais sans complexe la clientèle effarouchée. Le contentieux fiscal entre la Suisse et les Etats-Unis laisse des traces.

Le plus troublant est surtout l’aveu d’impuissance du numéro un de la banque. Oswald Grübel a péché par témérité, lors de son débarquement à la tête de l’établissement en 2009, en fixant un objectif bénéficiaire de 15 milliards à l’horizon 2011. Aujourd’hui, l’ancien patron de Credit Suisse se voit contraint de réviser piteusement cette prévision démesurée et la sanction du marché est à la hauteur de la déception. UBS doit économiser 2 milliards de francs, pire elle envisage une dramatique restructuration.

Des milliers d’emplois sont menacés mais M. Grübel n’a pas la moindre intention de s’en aller. Il estime même qu’il est un timonier indispensable. Puisse la Bourse au moins lui donner raison. Pour l’heure, le cours de l’action UBS ne répond pas présent. Depuis le début de l’année, il s’enfonce, loin du cap des 20 francs qui permettrait aux analystes de justifier leurs prédictions optimistes de l’an dernier.

Sauvée par le contribuable, UBS va de nouveau moins bien. Son état de santé est d’autant moins rassurant que rien ne laisse envisager, pour l’heure, un espoir de reprise durable. Une solution existerait  pourtant, il s’agit de la vente de la division la moins rentable de l’établissement, la banque d’investissement. Délesté de ce fardeau, le groupe pourrait enfin se concentrer sur son fonds de commerce, la gestion de fortune. Or nul ne sait si des négociations sont en cours et surtout si elles sont à bout touchant. La BNS,  qui gère les actifs pourris d’UBS, détient-elle la réponse ? On l’espère car dans cette affaire c’est aussi l’argent du peuple qui est engagé.

Commentaire paru dans “La Liberté” du 27 juillet 2011

 

 

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