“Je déconseille vivement d’investir dans le vin pour faire de l’argent”


PROPOS RECUEILLIS PAR EDGAR BLOCH

Corinne Fischer, vous êtes propriétaire et directrice de la société Bataillard, spécialisée dans le négoce de vin, dans le canton de Lucerne. Pouvez-vous déjà considérer 2011 comme un bon, voire un grand cru dans nos régions?

Corinne Fischer (photo): Nous avons vécu une vendange précoce, avec un mois de septembre magnifique. Dans les régions, en Valais, le volume et la qualité seront supérieurs à 2010. Dans les cantons de Vaud, Genève et Neuchâtel, le chasselas dégage un volume supérieur également, alors que celui-ci est moindre pour le pinot noir, mais tous deux dégagent une très belle qualité. En clair, c’est une belle récolte et nous sommes contents.

Comment considérez vous la qualité du vin suisse par rapport à il y a quelques années?

Nous avons assisté à un très grand développement du vin suisse ces dernières années, conséquence de l’abolition des contingents. Comme il n’y a plus de protection, il a fallu améliorer la qualité face à une concurrence étrangère plus forte. Or, en Suisse les produits sont en vogue, le marché est plus ou moins stable alors que les produits sont plus chers avec les terrasses aménagées dans les vignobles. Le climat est plus chaud ailleurs, alors que nous devons nous assurer ici d’une bonne exposition du vignoble que nous devons traiter à plusieurs reprises. Tout cela demande plus de travail dans un terrain plus difficile. A titre de comparaison, en Australie, le traitement s’effectue par hélicoptère!

A votre avis, est-ce judicieux d’investir davantage son argent dans le vin, compte tenu des rendements boursiers et financiers auxquels on assiste ces temps?

Je déconseille vivement d’investir dans le vin pour faire de l’argent. Dans les années 80, il était possible d’en gagner. Aujourd’hui, c’est une entreprise trop risquée. Il vaut donc mieux investir dans le bon vin et le boire, ou dans une bonne cave pour se faire plaisir.

Quelles sont les débouchés professionnels pour les personnes en quête d’emploi dans l’industrie vini-viticole?

Une ample palette de métiers s’offre à celui ou celle qui souhaite s’engager dans ce secteur. Pour la production du vin, on s’intéressera au métier de vigneron, de caviste, de chimiste ou d’œnologue. S’y ajoutent les professions liées à la mise en bouteille et la logistique. Par ailleurs, le domaine peut attirer toutes les personnes prêtes à suivre une formation dans les produits alimentaires. Mais cette industrie a besoin aussi de magasiniers, d’acheteurs de vin et de sommeliers. Plus liés à l’activité commerciale et administrative, des débouchés existent dans le marketing, la vente aussi bien que la comptabilité. Autrement dit, c’est un très beau secteur, plus ou moins stable, avec relativement peu de changements de conjoncture comparés à d’autres secteurs. Les personnes qui se lancent dans ces activités restent, en général, un certain temps. Elles se réjouissent sans doute déjà de l’arrivée des prochaines vendanges, un moment où tout le monde apprécie de boire du vin!

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