Opérette à l’Elysée


François Hollande est à la une de tous les magazines de France et de Navarre.

PAR BERNARD WALTER

Il est devenu d’un coup un people à l’égal de n’importe quelle top model qui alimente le quotidien de journaux bas de gamme. Quelle honte !

Ma crédulité avait été jusqu’à penser que François Hollande dépassait le reste du cheptel des ambitieux par son sens moral et son honnêteté.

Il me faut hélas déchanter. Et ajouter la bêtise au registre de ses défauts.

Il a été remarquable lors de sa campagne présidentielle en ce qu’il a donné une image de lui, celle à laquelle je me suis laissé prendre, qui a convaincu l’électorat français.

Il avait un côté atypique, celui qu’il avait su si bien résumer par l’étiquette de «normal». A savoir, proche des gens, non prétentieux, spontané, loyal.

Et puis il avait eu son envolée lyrique : «Moi Président de la République» prononcé quinze fois, et qui avait mis son rival Sarkozy au tapis, comme il se dit dans le langage des boxeurs.

Génial. Avec tous les accents de la vérité.

Le revers de la médaille, c’est que cette envolée avait valeur de promesse solennelle. Elle l’engageait pour la durée de son mandat.

Il est délicat d’établir un bilan politique  du début de sa présidence. Les temps sont durs, et les sondages catastrophiques dont il est crédité, il serait un peu simple de les attribuer mécaniquement à de l’incompétence.

J’ai le sentiment pourtant que Hollande ne se profile pas comme un politicien courageux, qu’il manque de caractère et de stature, que dans les grandes lignes, il ne fait que marcher sur les traces de ses prédécesseurs. Et qu’il se plie un peu facilement aux  lois du système militaro-financier qui nous gouverne.

Enfin… difficile de vraiment évaluer la marge d’action d’un Président social-démocrate et l’impact de sa politique sur le bien-être des gens de condition modeste.

Mais au moins que le Président respecte sa fonction et ses concitoyens.

Il semble que déjà au moment de son investiture, il avait entamé sa relation parallèle avec la Dame Gayet. Que l’opérette à trois du moment, avec pour protagonistes la femme délaissée qui fait sa crise, la petite soubrette tout sourire, et au milieu de tout ça, entre son officielle et sa maîtresse, le mari qui tente d’arranger les bidons, cette opérette est la conséquence d’une situation qu’il vivait déjà lors de son entrée en fonction.

Une des déclarations de Hollande, lors de son grand envol lyrique de fin de campagne, c’était :

«Moi, Président de la République,  je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire».

Or ce qui se passe en ce moment à l’Elysée n’a rien d’exemplaire.

Cette comédie est assez banale, c’est vrai. Mais à partir du moment où le Président de la République est de la partie, elle en devient grotesque.

Le minimum que l’on puisse exiger  d’un homme à qui est confiée une aussi grande tâche, c’est qu’il ait conscience de la fonction qu’il exerce et que sa vie privée soit irréprochable. S’il a envie de courir les filles, ou plus simplement de varier ses vies de couple, qu’il attende la fin de son mandat pour cela. Car enfin, le respect qu’il doit à son pays est en jeu. Et puis il est porteur de secrets d’Etat. Et enfin je ne vois pas comment il est possible de batifoler et en même temps de conduire sérieusement les affaires de l’Etat.

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