Hacène Bouguerra, «le droit s’exerce à la tête du client»











Expert de l’insertion sociale et professionnelle dans le Midi-Pyrénées, Hacène Bouguerra a perdu son outil de travail, un organisme de formation dont il était à la fois le co-fondateur et le directeur. Sa plainte pour spoliation et ses requêtes successives devant la justice ont été classées, quand les jugements rendus n’ont pas été entièrement à charge. Une situation qu’il juge «discriminatoire, à caractère raciste».

PAR CHRISTIAN CAMPICHE

Qui? Hacène Rabah Bouguerra, citoyen franco-algérien, marié, est domicilié à Figeac (Lot, Midi-Pyrénées). Il est psychologue, expert de l’insertion sociale et professionnelle, et écrivain.

Où? Son histoire se déroule entre Saint-Céré et Figeac où il crée en 1992 l’ADC,  l’association pour le développement des compétences, un organisme de formation dont il est le directeur. Ce centre dispense des enseignements du Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), prépare les diplômes de l’université de Cambridge et surtout le Daeu (Diplôme d’accès aux études universitaires), en partenariat avec l’université de Toulouse le Mirail. Hacène Bouguerra est le responsable des programmes de l’Etat et de la région. Hacène Bouguerra: «en fait, l’ADC était le plus petit centre universitaire au monde!»

Quand? L’affaire a démarré le 1er Octobre 2008.

Quoi? «J’ai été spolié de mon outil de travail ».

Comment? «J’ai déposé des plaintes auprès du Procureur de la république, pour des motifs particulièrement graves. En tant que fondateur de l’organisme ADC, j’en étais aussi un administrateur légalement désigné. J’ai saisi simultanément le Préfet et le Procureur de la République.» La préfecture invoque la séparation des pouvoirs pour dire qu’elle ne peut pas intervenir. «Plus de trois ans de procédure ont été nécessaires pour que la préfecture admette que la loi permet la communication du dossier. Juste le temps qu’il a fallu au président de l’association pour mettre ADC en cessation de paiement.» De son côté, le Procureur de la République classa sans suite la requête d’Hacène Bouguerra. «Je demandais seulement la désignation d’un administrateur judiciaire pour arbitrer le conflit!» Des Prud’hommes à la Cour de cassation, toutes les instances rendront un jugement entièrement à charge.

Et maintenant? «Mon affaire se complique chaque jour un peu plus: mon avocate n’a pas présenté les bons moyens devant la Cour de cassation et j’engage contre elle une procédure. A présent, c’est la gendarmerie qui manifeste un certain désaccord avec le Procureur de la République. Qu’en est-il au juste, je n’en sais rien.» Hacène Bouguerra s’insurge contre la décision de la présidente de la Chambre sociale de la Cour d’appel, qui plus est présidente du Syndicat de la Magistrature, «une incroyable décision d’un magistrat se déclarant profondément à gauche», tient-il à souligner. Il se sent très seul face à une décision qu’il juge «discriminatoire, à caractère raciste». «J’étais l’auteur des meilleurs programmes d’insertion. J’étais un personnage de la vie locale, très intégré dans ma cité, aujourd’hui je pâtis de cette affaire. Le droit s’exerce à la tête du client et les médias ont trop peur face à une magistrate qui a plus de pouvoirs que le ministre de la Justice.»

 

 

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7 Responses to “Hacène Bouguerra, «le droit s’exerce à la tête du client»”

  1. Bouguerra 11 mars 2014 at 16:00 #

    Naturellement , il faudrait plusieurs volumes pour raconter cette incroyable histoire . Je me pose toujours la question: comment un magistrat avec de hautes responsabilités, peut-il trahir de façon manifeste les valeurs de la république?

  2. Mireille Pélissier 11 mars 2014 at 16:47 #

    J’espère de tout cœur qu’après les élections, et cette parution, votre affaire soit enfin écoutée et entendue, par la justice, qui ne sait plus trop où elle en est …Courage et dieu sait si vous en avez eu jusqu’à présent…Nous continuerons le combat en vous soutenant .

  3. Bouguerra 13 mars 2014 at 13:54 #

    Oui, je l’espère …avec toute cette agitation autour de la justice, il n’y a pas un mot pour moi !

  4. Michèle Herzog 2 avril 2014 at 09:15 #

    Bonjour M. Bouguerra, Je vois qu’en France c’est identique à ce qu’il se passe en Suisse. Chacun se renvoie la balle pour ne pas traiter le fond de l’affaire. Pendant ce temps, le temps passe et un grand nombre de personnes abandonnent leur combat … J’espère vivement que vous conserverez votre énergie et que vous obtiendrez gain de cause grâce à votre ténacité. Merci pour votre combat. Je pense que vous devriez réclamer des dommages et intérêts à toutes les personnes qui refusent de traiter votre affaire convenablement. Meilleures salutations. Courage à vous. Michèle Herzog

  5. Bouguerra 18 avril 2014 at 07:39 #

    Bonjour Michèle Herzog, merci pour vos encouragements , pour le triomphe de la justice , j’irai jusqu’au bout …Michèle, vous avez la possibilité de m’aider de la façon la plus pacifique, et de la plus civilisée possible : je suis candidat à l’académie Balzac …Le défi littéraire et je vous demande de voter pour ma candidature…3 votes , 3 clics…1 pour mon profil et 2 pour mes 2 livres.
    http://www.academiebalzac.fr/-classement-des-candidats-.html
    Mille mercis
    Cordialement

  6. Soraya 18 avril 2014 at 09:16 #

    Bonjour, Bon combat pour une meilleure justice..

  7. claude gruber 21 avril 2014 at 09:12 #

    bravo à Hacène pour cette persévérance, mon soutient le plus total, il s’agit bien là d’une justice de classe

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