La question du sens


Quand on écoute les nouvelles du monde, il est difficile de ne pas se demander où nous allons – ou plutôt où l’on nous mène, tant il est vrai qu’aujourd’hui un petit nombre de gens concentrent entre leurs mains un pouvoir de plus en plus exorbitant.

PAR BERNARD WALTER

Les événements majeurs de l’époque ne sont pas pour atténuer cette impression d’un monde à tendance chaotique.

Le plus général, c’est bien sûr le fossé croissant entre riches et pauvres, accompagné du démantèlement des tissus sociaux dans tous les secteurs. Et pas seulement dans le Tiers-Monde.

Il y a les guerres et conflits que les USA et leurs amis occidentaux entretiennent  partout où ça les arrange.

Il y a les procès passés et à venir de régimes, dictateurs ou hauts responsables, procès politiques ciblés qui visent des pays ou régions bien plus que des individus. (Ces derniers sont, aux yeux des Occidentaux, sans importance autre que médiatique.)

Il y a l’obstruction des puissances dominantes à des accords concrets visant à protéger la nature, donc le refus de limiter quelque peu les «activités économiques» .

On peut résumer l’ensemble en une formule:  nous sommes dans une ère où l’argent a pris le pouvoir.

 

Face à cela, se pose la question vitale: Que puis-je faire, que pouvons-nous faire?

A une telle question, on ne peut donner de réponse unique, mais il y a une réponse tout de même. Elle tient en un mot:  penser

Penser le monde.

Penser est aux yeux du  système de dictature financière qui nous gouverne le seul délit véritable.

Les serial killers, les violeurs, «les tyrans sanguinaires» de par le monde, et toutes formes de comportements barbares, le système dictatorial financier en a besoin pour faire diversion, asseoir sa domination idéologique et perfectionner son régime de répression et de contrôle. Ce système de dictature a également trouvé une étiquette pratique pour stigmatiser nombres d’actes de violence, qu’ils relèvent du pur banditisme ou de formes de résistance à l’oppression: le «terrorisme».

 

Penser est un acte d’une nature différente. C’est un acte de résistance qui ne peut être interdit par la loi. Donc dangereux.

 

Il est une autre question, bien oubliée dans la déferlante matérialiste du moment. C’est la question du sens.

Quel est le sens de tout cela?

Quel est le sens de la vie? de la vie sur Terre? de ma vie?

Et les enfants? et les arbres? et les animaux?

 

Vivre bien, vivre heureux, c’est ce que chacun est supposé rechercher. Je ne suis pas sûr, au fond, que cette question n’ait pas un peu disparu de la conscience d’une majorité de gens. Un petit nombre est trop occupé au pillage des biens de tous, un nombre un peu plus grand est occupé au rêve d’un morceau du gâteau, et pour un très grand nombre, la question est un luxe, occupés qu’ils sont à survivre.

 

Nous ne pouvons plus aujourd’hui envisager la question de notre existence sans la relier à l’ensemble. L’individuel et le mondial sont plus que jamais inséparables, et ce jusque dans notre vie quotidienne. Une autre société est à construire, avec les autres, et non contre les autres. Avec la nature et non contre elle, avec les animaux et non contre eux. Une telle société passe nécessairement par un retour à des relations de proximité. C’est une culture faite de fraternité et de solidarité qui est à réinventer.

Quoi qu’on veuille nous faire croire, il ne s’agit pas là d’une attitude de repli. Aller vers l’autre, c’en est tout le contraire.

 

Ce qui m’importe aussi, ce sont les questions que toi, mon semblable, tu te poses, les réflexions auxquelles ces questions te mènent et les réponses que tu leur donnes.

 

 

                                                                                            

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3 Responses to “La question du sens”

  1. Michel Zimmermann 20 mars 2014 at 18:31 #

    Désolante tristesse, incantation lumineuse et éthérée d’un prêtre “laïque” : prions, mes frères ! Oh, pardon… pensons, mes frères ! Comme si la classe des prévaricateurs capitalistes ne pensait pas ! Comme s’il suffisait “simplement” que chacun pensât pour que l’ensemble des “semblables”, toutes classes sociales confondues, se mette à se préoccuper d’une plus juste répartition des richesses, de préservation des ressources, de sauvegarde de l’environnement et le tout… à l’échelle “globale”. Mon cher Bernard Walter, pris la main dans le sac d’un idéalisme d’apparence faussement naïve vous m’inquiétez. Ne craignez-vous pas que vos propos, mêlant argent et matérialisme dans un même pot de mélasse, ne conduisent les naïfs véritable (ceux qui sans doute, au contraire de vous, bien sûr, ne “pensent” pas assez) à se paître de crédos autrement plus pernicieux (et apparentés au vôtre) du genre : “Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté” ?

  2. Bernard Walter 22 mars 2014 at 18:57 #

    Micky, me voilà bien obligé de répondre. Je suis désolé de ta tristesse.
    Ceci dit, ça ne me gêne pas d’être pris la main dans ce sac-là car ta caricature ne me concerne pas. Je la trouve confuse et sectaire.
    A qui s’adresse ton incantation solitaire ? Qui veux-tu convaincre ? Et de quoi ? Ton message me paraît de nature à semer la division plutôt que de chercher à entrer en discussion et voir vers quoi tend mon appel.

  3. robert curtat 11 juillet 2014 at 07:41 #

    Quand j’étais un jeune journaliste – il y a très longtemps – encore au “Progrès de Lyon” dont le sire Hersant allait faire un torchon je rêvais, sans en avoir les moyens, de poser à la société les bonnes questions, celle qui sont justement dans le texte de mon confrère Walter.
    Je me souviens que faute de pouvoir poser ces questions dans le journal j’avais écrit des pièces qui étaient diffusées par Radio-Lyon, où j’étais le voisin de Bernard Clavel. L’une d’elles portait un tite qui est resté accroché au fond de ma vieille caboche: “le voyage de Concepción Campos”. Autant qu’il m’en souvienne les thèmes développés avec talent et précision par notre ami Walter étaient au cœur de ce récit. C’est peut-être pour cela que je les évoque, mais c’est vrai, c’était un autre temps. La conclusion de ce message est portée par le poète chinois :”toutes les fleurs de l’avenir sont dans les semences du présent.
    Merci pour ce moment d’échappée
    Robert Curtat
    journaliste RP

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