Finances publiques, nouvelle tuile


Le régime de la douche écossaise auquel le contribuable suisse se voit soumis en ce début d’année connaît un regain d’intensité cette semaine avec la révélation d’une nouvelle tuile, la moins-value de 2 milliards qu’aurait enregistrée la caisse fédérale en 2014.

PAR CHRISTIAN CAMPICHE

Cette contre-performance inattendue chamboule complètement les plans financiers des prochaines années.

Digne d’un bulletin d’avalanches est la chronologie des annonces depuis quelques mois. En octobre dernier, la Confédération prévoit encore un surplus d’un demi-milliard au budget 2015. En décembre, l’excédent tombe à 400 millions. Le 9 janvier, la BNS annonce qu’un bénéfice de 38 milliards résultera de l’exercice 2014. Les cantons se frottent les mains. Quatre jours plus tard, la BNS lâche le cours plancher. Le sol se dérobe soudain sous les pas des grands argentiers. L’incertitude ne concerne pas seulement les retours que les collectivités attendent traditionnellement de l’institut d’émission. Comme en 2013, mais cette fois confrontée à l’effondrement de la valeur de ses réserves en devises, la BNS pourrait renoncer au versement d’un dividende en 2015. L’inquiétude dérive aussi de la santé financière de la Confédération à laquelle les cantons sont liés par une communauté de destin.

L’année électorale promet d’être chaude. Quelles dépenses feront les frais du retour de manivelle? Déjà, les prévisions vont bon train. A gauche, on vise l’armée, à droite l’initiative prévoyant de défiscaliser les allocations familiales. Plus ennuyeux pour la compétitivité lémanique serait l’abandon de la réforme de l’imposition des entreprises qui prévoit un taux unique abaissé, subventionné par la Confédération.

A côté, ils apparaissent bien futiles et chers, les projets muséaux rêvés par les édiles culturels genevois et vaudois!

Chronique parue dans GHI du 11 février 2015.

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2 Responses to “Finances publiques, nouvelle tuile”

  1. Pierre-Henri Heizmann 12 février 2015 at 09:29 #

    D’aucuns l’évoquaient depuis déjà quelques années cette diminution des recettes fiscales, mais les tenants du : Enfin mon bon Monsieur, pourquoi donc se faire du mouron, tant que ça rentre, ça rentre… Maintenant, que ça rentre moins, le poids de la dette ne fera proportionnellement qu’augmenter, mais il est alors trop tard pour corriger notre endettement, pourtant c’est pas faute de l’avoir dit! En effet, à l’aune de cette prochaine réalité économique, les politiques culturelles devront être vraisemblablement revues à la baisse…

  2. Bernard Walter 12 février 2015 at 17:49 #

    Les bébés dans le monde naissent dans leur grande majorité avec des dettes dont ils n’imaginent pas le poids qui va les écraser leur vie durant. Pendant que quelques-uns continuent à toujours plus les tondre et à piller les biens de la Terre, qui pourtant sont à tous les êtres vivants. Il faut mettre fin à ce système.

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