Les coups d’encre de Sam – Dans le sinistre jeu du pouvoir et de l’argent, le journalisme est-il une proie ou un prédateur?


Internet c’est la jungle. Entre info et intox, pas de hiérarchie, la loi du plus fort règne.

PAR SAMUEL WAELTI

Face à ce milieu hostile,  une question légitime se pose: qui est le roi de la brousse? Je serai prêt à mettre ma main à couper que le bout de papier ne fera jamais le poids contre l’immensité de la toile bien que Mr. Journal ait l’avantage de l’authenticité de ses sources mais ne nous égarons pas sur un avis personnel et avançons des faits.

Internet a la dalle, et le journalisme la chair enflée par un passé parfois brillant. Bon casse croûte en perspective mais, il y a un mais: notre dinosaure, comme toute espèce, est-il voué à sa perte.

Extinction ou évolution?

“L’évolution est le plus probable des avenirs”, selon le journaliste Olivier Porcherot. Il ajoutera dans un article lui étant dédié: “Le rôle du journaliste est indispensable. Son métier change profondément, ce qui ne veut pas dire qu’il va disparaître. Bien au contraire. Il s’effectue dans un nouveau contexte qui a gagné en complexité. Pouvoir se situer, repérer les informations essentielles, les vérifier est un enjeu de première importance.”

Souhait? Apparemment Mr. Journal a le syndrome Darwinien très virulent, il n’a rien à envier au ténia. Car oui très chers, Mr. Journal ne meurt pas, comme le parasite, il s’adapte.

Bonne nouvelle: “Internet ne va pas tuer le journalisme” titre l’Obs. L’article explique que les journalistes qui rédigeaient avant l’invention de l’imprimante n’avaient, pour seules armes, un stylo bien aiguisé et de bonnes connaissances.

Est-ce pour cela que notre gros ver solitaire préféré a pris ses jambes à son cou quand il vit Miss informatique pointer le bout de son nez. Finalement, il n’aura pas fallu long pour que Mr. Journal s’insère sournoisement dans sa douce concurrente et je vous passe mon blabla concernant le parasitage de la radio et de notre belle télé qui trône au salon. Le résultat: on le vit chaque jour.

Durant cette lutte acharnée entre Arachné et le journalisme qui se fatigue à parasiter son hôte afin de savoir qui sera le seigneur de cette jungle, entre les hautes herbes, on peut apercevoir, spectateurs, deux petits yeux rouges alors qu’un ricanement sournois susurre:

“Qui est le réel prédateur?”

Son  regard écarlate fixe notre monde avec un sourire des plus comblés car oui, chers lecteurs… Depuis la genèse il se nourrit de la médiocrité et du simplisme. Il suce jusqu’à la moelle la stupidité de nos congénères qui se complaisent  dans leur égocentrisme.

La bible en a cité quatre jusqu’à ce jour: Conquête, Guerre, Famine, Mort, elle nous a caché l’existence du pire … Cette dernière n’attend pas Guerre pour sévir mais lui facilite amplement la tâche.

Comme Famine, elle prolifère. Je vous présente “Bêtise” la cinquième cavalière, le réel ennemi du journalisme, le réel ennemi de l’homme. De ses deux trous rouges hypnotiques, elle obnubile le regard vide de celui qui se contente de ce qu’on lui explique.

Ce qui me glace.

Alors que j’écrivais ces lignes en ce désolant 13 novembre, elle est malheureusement venue appuyer mon propos. Dans ce monde à feu et à sang, Agatha Christie n’aurait pas manqué de nous rappeler, à travers le sinistre chant des balles: “un peuple de moutons finit par engendrer un gouvernement de loups”.

Des loups à la solde de Conquête avide du fameux nerf de la guerre qui dictent ce qui doit être fait, vu et dit. Puissants prédateurs, ils se sont offerts  une tribune en alimentant la presse et nous plongeons tête première dans le piège.

Adeptes de la vente à l’émotion, ils nous harponnent et transforment une tragédie en vulgaire spectacle. Ils nous inondent d’informations variées et divergentes pour mieux nous perdre. Comment ne pas se détourner de nos médias, complices malgré eux d’une telle mascarade?

Mais Il n’a pas fallu attendre ce désolant 13 novembre 2015 pour qu’un peuple devienne le divertissement d’un Etat qui joue à la «guéguerre»  pour une simple question de fric et de pouvoir.

Malgré ce que l’on pense la guerre n’a pas commencé à Paris un vendredi 13 novembre 2015. Cette nuit-là n’est que résultat de l’avidité du Grand François.  Le sang de 130 morts coule par l’armement fournit généreusement par son propre pays. Acte vendu et défendu par d’habiles articles de journaux ou reportages télévisés.

Pourquoi et comment ne pas se détourner de ce vecteur mensonger?

Le petit chaperon bleu blanc rouge s’est fait mordre à pleine dent par Daech, le robuste méchant loup… Eh oui, une fortune estimée à 2000 milliards d’euros tout de même.  Mais est-ce véridique? Pétrole et extorsion de fond voilà comment Daech rafle le gros lot.

Dans ce cas, au lieu d’aller faire la «guéguerre»,  il suffirait à  l’UE et aux USA de simplement stopper  l’afflux de fric qu’ils leur versent pour obtenir du pétrole. Il semblerait que ces terroristes contrôle le 80% de la production pétrolière syrienne. Privilégier une solution  pacifique? Non, jamais… Cela impliquerait trop de sacrifices boursiers. Et puis ne l’oublions pas: une guerre relance l’économie!

A l’instant où nos Etats jouent au Monopoly pour le pouvoir et l’argent le peuple français verse quelques gouttes de sang pendant que d’autres vident le leur dans la mare du monde.

Plus de 250.000 morts en Syrie, en quatre ans, soit  l’équivalent approximatif de 150 morts par jours… Et je n’ose compter ceux des autres parties du monde. Bêtise dans sa robe écarlate nous vampirise et nous sommes à l’agonie. Serait-il bon de se renseigner? La culpabilité ne serait-elle pas trop lourde ?

Dans ce sinistre jeu de pouvoir et d’argent, le journalisme, quel que soit son média, une proie ou prédateur? Je le dirai victime de notre stupidité.

Alors que l’horloge de votre hall, rythmée par les secondes qui orchestrent le nombre de cadavres gisants  sur le sol sans que vous vous en rendiez compte, Mort, Famine et Guerre sévissent  dans le  monde. Et Bêtise ricane de voir un peuple fermer les yeux et combler son questionnement dans du prémâché.

Welcome to the World! Voilà la seule conclusion qui me soit venue à l’esprit.

J’ai 18 ans et n’apporte pas grand chose au monde mis à part ce que je suis et ce que je fais. Je le perçois comme suffisant car je fais de mon mieux.

Et j’espère que, jusqu’à ce que Mort vienne me chercher,  je puisse déposer quelques mots, faire glisser mon pinceau sur ma toile et  fracasser mes poings contre mon sac de boxe.

Je suis une réaction à une situation comme souvent les jeunes le sont.

Cordialement, un jeune parmi tant d’autres.

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2 Responses to “Les coups d’encre de Sam – Dans le sinistre jeu du pouvoir et de l’argent, le journalisme est-il une proie ou un prédateur?”

  1. Zimmermann Michel 10 décembre 2015 at 18:26 #

    Cher Samuel Waelti, votre jeunesse vous honore et le monde qui vous entoure vous interpelle. Oui, vous avez raison de souligner : “la guerre n’a pas commencé à Paris un vendredi 13 novembre 2015”, elle est l’oxygène et la sonde gastrique d’un régime à l’agonie. Jean Jaurès disait “le capitalisme porte en lui la guerre comme les nuées l’orage”. À vous, la jeune génération, dont l’avenir est en très grand danger, de vous organiser et de vous préparer à renverser les institutions et gouvernements qui, confrontés à leur propre crise de domination, n’ont d’autre alternative que de déclarer la guerre à tous les peuples.
    Bien à toi
    Micky Zimmermann

  2. Samuel Waelti 14 décembre 2015 at 18:49 #

    Bonjour Mr.Zimmermann
    Je vous remercie chaleureusement pour votre réponse.

    Il me semble que nous vivons dans un système voué à un échec certain et, malheureusement, je demeure, comme tous nous demeurons, dans cette mascarade.
    Nous nous dévouons, la tête basse pour une minorité de pingouins qui, la tête haute, juchés sur un iceberg inaccessible, se délectent de notre asservissement. Je vous avouerai même que, animé par la flamme de mes 18 ans, je vacille entre l’insertion et le sac à dos.

    Imparfait, comme nous tous, un simple homme parmi tant d’autres, j’admets ne pas connaître les solutions. Voyez-moi comme des yeux et une plume qui traduisent un regard sur les évènements, un témoin. Deviendrai-je un acteur du changement ?

    La touche orientale de la conclusion vous apportera un élément de réponse :” La vraie richesse d’un homme en ce monde se mesure au bien qu’il a fait autour de lui “. Une citation de Mahomet, prophète de l’Islam, qui devrait être méditée en ces temps troublés. Je crois avoir appris une chose : on ne change pas le monde, on ne change que soi-même et de la sorte, les choses avancent.

    Cordialement Samuel

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