L’égalité des droits vaut aussi pour l’homme au foyer


Traditionnellement, et cela depuis des millénaires, l’homme travaillait pour faire vivre sa famille tandis que l’épouse s’occupait des enfants et des tâches ménagères.

PAR ALBERT EBASQUE

Mais ces dernières années ce schéma classique a totalement explosé. Car si maintenant dans la plupart des pays développés chacun des parents a un salaire, il peut aussi arriver que seule la femme soit dans ce cas, l’homme restant à la maison… soit par choix délibéré, soit par nécessité.

Pour certains ce schéma est perturbant. Cela ne rentre pas dans leur logique ou dans leur logiciel comme on dit maintenant. Il est vrai que nous vivons dans une société qui, pour des raisons historiques et sociologiques, a toujours donné la priorité aux hommes pour l’éducation et pour les embauches. Le mâle, qui dans la préhistoire partait chasser le gibier, doit donc dans les temps modernes rapporter le salaire au foyer. Le changement est récent et remonte à une trentaine d’années seulement… soit une nanoseconde sur l’échelle du temps de l’histoire de l’humanité. Il est la conséquence logique de l’accès d’un très grand nombre de jeunes femmes à l’enseignement supérieur. Le marché du travail s’en est trouvé profondément modifié et de nos jours nombreux sont les jeunes couples ayant un double salaire pour leur foyer.

Ceci étant dit, avec cette nouvelle donne la garde des enfants et leur éducation ne sont pas toujours chose facile car nos sociétés sont encore trop souvent organisées en fonction du schéma classique avec Papa au bureau et Maman à la maison. Comment faire quand les enfants quittent l’école avant 17 heures? Comment faire pendant les congés scolaires quand les grands-parents ne sont pas à proximité? Peut-on concilier vies professionnelle et familiale? Il faut s’organiser en conséquence avec des gardes qui évidemment ne sont pas gratuites. D’où cette nouvelle tendance de l’homme au foyer permettant de résoudre une grande partie de ces problèmes logistiques. Ajoutons que ce statut n’exclut pas une activité rémunérée. Le télétravail permet en effet de gérer son temps à sa façon et de s’organiser en fonction des contraintes familiales.

Que l’homme reste à la maison peut donc être un choix délibéré. Certes, cela peut représenter un salaire en moins mais l’écart peut être faible en «net fin de mois après impôts» si l’on tient compte des économies réalisées sur plusieurs postes. Point important: la situation doit être assumée et acceptée par le couple car le manque d´autonomie financière peut être mal vécu par Monsieur. Mais, après tout, n’est-ce pas ce qui s’est passé pour le sexe dit faible pendant de très nombreuses années? Pourquoi le mâle devrait-il aujourd’hui moins bien supporter ce que des millions de femmes ont connu pendant des siècles ou bien connaissent encore?

Enfin, autre tendance récente, la hausse vertigineuse du nombre de divorces. Une véritable égalité des droits doit permettre à l’homme au foyer de recevoir une pension alimentaire versée par son ex-femme qui travaille… comme cela est le cas dans le schéma classique. En l’absence de tout statut juridique prévu au Code Civil, un bon avocat spécialiste en droit matrimonial devrait trouver une solution, ce qui ne serait que justice… en attendant la création d’un hypothétique FLHF (Front de Libération de l’Homme au Foyer).

Nos sociétés évoluent rapidement et la vie de couple ne ressemble plus à ce qu’elle était il y a seulement vingt ans. Certains pays se sont adaptés à cette nouvelle donne tandis que d’autres restent sur des schémas anciens. Ainsi, le mâle restant à la maison n’est-il plus une anomalie et peut-il parfaitement devenir un fait de société parmi d’autres. Surprenant, non?

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