Souci existentiel de celui qui prend la plume


Dire les choses.

PAR BERNARD WALTER

Exprimer sa vision du monde, sa vision de la réalité, son intelligence des choses, être dans la communication et le partage des idées, c’est une condition de bonne vie, une condition vitale qui fait vivre soi, son entourage et le monde. C’est par exemple la raison de ma présence sur le site de la Méduse, c’est pourquoi je m’associe à la démarche créatrice de mon ami Christian Campiche, démarche que je trouve essentielle.

Et pourtant… que dire aujourd’hui? Que dire de la réalité du monde qui puisse vraiment avoir un sens? Que dire qui ne soit une redite de choses mille fois entendues? Dans la confusion de tout et son contraire, comment encore ajouter des mots? Nous le voyons bien, quelque chose ne tourne pas rond sur Terre. Cela s’entend partout autour de soi. Il n’y a plus que les reporters sportifs qui n’ont pas de souci à se faire, sauf quand leur favori se tord la cheville.

Je suis bien avec moi-même. Je cultive des relations positives avec ceux qui m’entourent. Et je pense que la vérité est la condition du bien-être.

Mais quand je prends ma plume (enfin, le plus souvent mon clavier!), j’entre en grande perplexité. Car j’ai envie de partager des choses heureuses ou stimulantes, et la réalité du monde (c’est bien de cela qu’il s’agit) ne me le permet pas. C’est cela, dit en quelques mots, mon souci existentiel.

Chaque fois que j’exprime mes convictions profondes et que je suggère des moyens concrets et parfaitement réalisables, c’est-à-dire: supprimer les armes de destruction massive, supprimer le nucléaire, guerrier ou pacifique; aller vers un monde sans armes; réguler l’usage de l’argent en le réduisant à sa fonction première de moyen d’échange, on me dit: «Tu rêves».

Alors il reste quoi?

Accepter le statu quo, ne rien dire, donc ne rien voir et ne rien penser, vivre sa vie à soi, en protégeant ses illusions et en se mettant dans le camp du plus fort?

Mais non, tant pis. On ne peut se taire. C’est bien de dire et de par là même inciter à la réflexion. Dire vrai. Avec les limites qui sont les miennes. Quitter le moi moi moi pour mieux entendre ce qui vit autour. Et tant pis si ce n’est pas toujours follement amusant.

Mais tout de même, cela ferait tellement plaisir de pouvoir, sans arrière-pensée, partager la beauté du monde.

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One Response to “Souci existentiel de celui qui prend la plume”

  1. Sima Dakkus Rassoul 12 février 2017 at 19:35 #

    Essentiel de continuer à dire et à écrire. Une voix porte plus qu’on ne le croit. Si la douleur du monde est dite pour faire avancer vers l’énergie du changement, quelque petit qu’il soit, un grain de sable dans la machinerie du monde, alors oui.
    En tout cas, j’ai plaisir à vous lire.

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