Les débats de la Méduse – “Pourquoi Mme Schick ne cite-t-elle pas le combat mené par Mme Motarjemi?”


Directrice de la section suisse d’Amnesty International, Manon Schick est l’auteure de l’ouvrage « Mes héroïnes, des femmes qui s’engagent » (Favre). Elle donnera une conférence sur ce thème le 26 octobre à Aigle, ce qui a incité la blogueuse lausannoise Michèle Herzog à lui écrire en ces termes:

(…) Sachez que je suis chaque fois très étonnée, car les exemples choisis de femmes exceptionnelles sont toujours des femmes habitant à l’autre bout du monde !!!
 
Pourquoi Mme Schick ne cite-t-elle pas le combat réalisé par Mme Yasmine Motarjemi qui se bat contre Nestlé depuis 2010 ???
 
Le procès est en cours depuis 2011 … et cela se passe à Lausanne.
 
Pour votre information, sachez que Yasmine était responsable de la sécurité alimentaire au plan mondial et qu’elle a refusé de publier des informations car elle trouvait que la sécurité alimentaire chez Nestlé n’était pas suffisante. Quand elle a soulevé certains problèmes graves, ses alertes ont été ignorées. Puis elle a été licenciée.
 
A mon avis les combats réalisés par les femmes de nos régions ne sont jamais cités pour faire croire que tout va bien en Suisse et en France !!!

Si Mme Schick veut me donner son avis à ce sujet, je la remercie vivement.

Michèle Herzog, Grandvaux

Dans l’attente de la réponse de Mme Schick, Yasmine Motarjemi a saisi à son tour son clavier pour envoyer un message à la directrice de la section suisse d’Amnesty International. En voici la teneur:

Madame,
 
Je donne suite au courriel de Madame Herzog.  Comme elle mentionne mon nom, je me permets d’ajouter quelques commentaires et d’exprimer mon opinion.
 
Avant tout, je vous félicite pour votre livre récent « Mes héroïnes, des femmes qui s’engagent » et je vous souhaite beaucoup de succès. Certes, il est important de faire connaitre les défenseurs des droits humains, femmes ou hommes, et ainsi d’inspirer nos jeunes, certains futurs dirigeants.
 
Cependant, je partage également la déception de Madame Herzog, et son expérience avec Amnesty International ainsi que d’autres ONG comme Transparency International. C’est très frustrant de voir qu’Amnesty Suisse ferme les yeux sur les violations des droits humains en Suisse et choisit d’ignorer les victimes suisses, femmes et hommes, qui se battent en Suisse, au prix fort pour eux-mêmes et leur famille. 
 
Il est incompréhensible qu’une organisation qui prétend défendre les droits humains et vous-même, dont le livre soutient ce combat, n’essayez pas de connaître l’expérience des victimes et les pratiques ou les conditions qui mènent à ces violations.
 
A ma connaissance, plusieurs personnes, y compris moi-même, ont écrit à votre organisation pour partager leur expérience. A chaque fois, on répond qu’on ne peut rien pour eux. Or, souvent, les victimes ne demandent qu’à être écoutées afin que l’organisation prenne en compte leur expérience dans ses futurs plans d’action.
 
Comment Amnesty Suisse peut-elle agir en faveur des droits de l’homme en Suisse quand elle refuse de connaître les réalités du terrain ? 
 
A travers son blog, Madame Herzog est devenue la voix des victimes des abus de droits humains et la plaque tournante de la sensibilisation des violations des droits humains en Suisse, car y a-t-il une violation plus grande que le déni de justice ?  Alors qu’on attendait qu’Amnesty Suisse joue ce rôle.
 
Par cette note je ne souhaite pas tant critiquer Amnesty qu’exprimer l’amertume d’un grand nombre de victimes et inviter Amnesty à participer à un dialogue constructif, si possible avec les autres ONG (Transparency International, Human Right Watch) sur l’expérience du terrain.
 
Dans l’espoir que mon message sera favorablement accueilli, je vous présente, Madame, mes salutations les meilleures.
 
Yasmine Motarjemi, Nyon
 
P.S. Je vous invite à lire mon article sur l’initiative Suisse « Entreprises Responsables » sur le site de Madame Herzog. 

La réponse de Manon Schick à Yasmine Motarjemi date du 23 octobre 2017. Nous la reproduisons in extenso.

Chère Madame,

Je vous remercie pour votre message. Je vous félicite de ne pas baisser les bras dans votre combat et je suis heureuse pour vous que Madame Herzog vous ait consacré un article sur son blog, de façon à faire connaître votre lutte.

Je comprends votre frustration par rapport au fait que notre organisation vous ait répondu qu’elle ne pouvait pas s’occuper de votre situation; nous sommes confrontés chaque semaine à des demandes similaires. Suite à l’e-mail de Madame Herzog, j’ai déjà reçu cinq e-mails concernant une autre situation de mobbying à laquelle nous allons devoir répondre par la négative. En effet, en Suisse nous concentrons nos ressources sur des démarches pour faire évoluer le cadre législatif et pour préserver la possibilité pour les habitant-e-s de notre pays de faire recours à la Cour européenne des droits de l’homme, possibilité qui risque de nous être supprimée.

Quant à mon livre, vous verrez, si vous avez l’occasion de le lire, que j’ai fait le portrait de femmes que j’ai rencontrées et qui ont été mises en prison, torturées, forcées à l’exil: autant de situations dramatiques que je ne souhaite à aucune d’entre nous! Ces portraits visent illustrer différents types de violences à l’égard des femmes à travers le monde comme les viols de guerre, le recrutement forcé des filles, ou encore la réduction à l’esclavage sexuel. Je ne prétends en aucun cas être exhaustive ni comparer les situations entre elles.

Je pense que le travail d’Amnesty complète votre engagement: en travaillant à l’éducation aux droits humains et à défendre des lois plus favorables aux droits fondamentaux, en Suisse et à travers le monde, nous espérons un monde plus juste dans lequel les victimes pourront se faire entendre et faire valoir leurs droits. Je ne pense pas qu’il faille reporter votre colère sur des organisations de défense des droits humains, qui font ce qu’elles peuvent pour améliorer ce monde même si elles ne s’occupent pas directement de votre cas.

Avec mes meilleures salutations,

Manon Schick

Le 24 octobre 2017, Yasmine Motarjemi adresse cette réplique à Mme Manon Schick.

Chère Madame,

Je vous remercie d’avoir pris le temps de me répondre. Malheureusement, votre réponse ne fait que confirmer les raisons de ma déception.

Alors que je vous tends la main et vous invite à une collaboration sincère et transparente, vous me parlez de colère contre votre organisation!!? Mon message n’est pas une réaction de colère, mais une invitation au dialogue sur l’extension des droits de l’homme partout où ils sont bafoués, y compris en Suisse.

Alors que je vous félicite pour votre livre, vous me répondez comme si je ne mesurais pas l’extrême gravité des situations relatées dans votre ouvrage: viols, tortures, esclavage sexuel, exil et autres violences subies par les femmes. Comme vous, comme nombre d’entre nous, j’en suis profondément bouleversée. Je soutiens ce combat pour les droits de l’homme.

D’autres combats méritent également l’attention d’Amnesty. Vous représentez la section Suisse et si ce n’est pas vous, qui défendra les victimes de violations des droits de l’homme ici, en Suisse?

Si dans son courriel à votre attention, Madame Herzog a mis mon nom, mon cas en exergue, elle l’a fait à titre d’exemple de situations où les droits de l’homme n’ont pas été respectés. La violence sociale que subit un lanceur d’alerte, une personne harcelée, mobbée est intraduisible tant elle engendre de souffrances. Exclusion, mort sociale, souvent psychique. A tel point que nombre de ces victimes choisissent le suicide tant la dévastation est profonde. Les procès, quand on ose en intenter, rendent rarement justice aux lanceurs d’alerte, aux harcelés et mobbés. Ces vies sont ruinées, pulvérisées.

Je vous ai écrit en tant que défenseuse des droits humains et en tant que professionnelle de santé publique, et non en tant que victime. Je me suis battue pour la santé publique et les droits humains chez Nestlé depuis 2000, et avant cela à l’OMS pour le monde, sans demander de soutien à Amnesty ou à d’autres organisations. J’ai mené mon combat seule, avec le soutien de quelques citoyens, et aujourd’hui je suis à la fin de ce combat. Je vous invite à écouter le podcast de France Culture qui raconte toute une partie de mon combat

Mon but dans tous mes échanges de correspondance avec votre organisation, ou avec d’autres organisations, est de vous informer des réalités du terrain. D’explorer ce qui peut être fait pour protéger les citoyens et ainsi de faire avancer la législation. Espérant donner un nouvel élan aux efforts faits par les ONGs suisses.

Si j’ai relaté mon histoire personnelle et mon expérience, c’est pour sensibiliser la société aux problèmes de santé publique et des droits humains (gestion des risques, mobbing et justice) à travers un exemple concret et des preuves.

Si vous écoutez les citoyens, vous verrez que les revendications en Suisse ne concernent pas seulement les questions de mobbing mais toute une série de problèmes qui touchent les droits fondamentaux humains et qui détruisent la justice sociale.

Enfin, permettez-moi de m’interroger et de vous interroger. Comment peut-on prétendre faire avancer la législation sans connaissance des problèmes du terrain? Amnesty International n’hésite pas à s’attaquer à des gouvernements qui ont failli. Mais lorsqu’une multinationale qui a beaucoup de pouvoirs, plus de moyens que de très nombreux pays, viole allègrement les droits humains, le silence, l’impunité sont-ils la règle? Dans ce cas, Amnesty International n’a-t-elle pas l’attitude des trois singes vécue chez mon ancien employeur: «ne pas voir le Mal, ne pas entendre le Mal, ne pas dire le Mal»?

Avec mes meilleures salutations,

Yasmine Motarjemi

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8 Responses to “Les débats de la Méduse – “Pourquoi Mme Schick ne cite-t-elle pas le combat mené par Mme Motarjemi?””

  1. Caroline Olsen 22 octobre 2017 at 07:06 #

    Amnesty International n’agit pas en faveur des droits de l’homme. C’est juste une façade.

    Amnesty International (pareil pour Transparency International et d’autres ONG) est une organisation sous contrôle. Les mêmes entités contrôlent également les multinationales comme Nestlé.

    Tant que Yasmine Motarjemi garde son intégrité, il n’y a aucune chance qu’elle soit “défendue” ou même juste citée ouvertement par ces organisations.

    Harald Stabell, un avocat norvégien, recommandé par William Bourdon, est une “star” au sein d’Amnesty International. Quand il m’a reçu dans son bureau à Oslo en 2014, la seule chose qu’il avait à me dire c’était que j’ai tout essayé et que la seule option qui me reste c’est de… mourir > https://twitter.com/CaroOlsen/status/921959958853373952

    La lettre que j’ai reçue de Transparency International Suisse est publiée sur mon site (dans la partie Documents)

    Voilà pourquoi Mme Schick ne cite pas le combat de Yasmine Motarjemi, ni le mien d’ailleurs.

    Je ne sais pas si je suis la seule femme, Suisse, qui a fait une demande d’asile à l’étranger pour rester en vie…

    Cela peux prendre parfois beaucoup de temps et d’énergie pour découvrir qui est l’ennemi.

    Avec une pensée pour mes compatriotes, de mon exil en Islande (demande d’asile en 2015)

    Caroline Olsen
    Studio Métamorphoses

  2. Michèle Herzog 23 octobre 2017 at 14:59 #

    Réponse à Mme Manon Schick:

    Madame,
    Je suis consternée par votre réponse. Vous indiquez qu’Amnesty en Suisse se concentre sur les démarches permettant de faire évoluer le cadre législatif.
    J’ignore depuis combien d’années Amnesty International travaille en Suisse. Probablement plus de dix ans. Pourtant la situation est catastrophique !
    Sachez qu’en 2015 ou 2016 le Tribunal fédéral a reçu 7878 recours et que 7697 recours ont été rejetés !!! Seuls 2,3% des recours ont été acceptés. Pourtant il est bien clair que le 97,7% des recourants au Tribunal fédéral ne sont ni des quérulents, ni des personnes incapables de distinguer le bien du mal. Quand une personne fait recours au TF elle a en général de bonnes raisons.
    En 2015 ou 2016 la Cour Européenne des Droits de l’Homme a reçu 53500 recours (tous pays européens confondus, Suisse comprise). Et seuls 517 recours ont été acceptés.
    Cela montre que le fait de pouvoir envoyer un recours à la Cour Européenne des Droits de l’Homme est un leurre ou un piège (travail totalement inutile dans 53000 cas par an !).
    Je vous remercie vivement de consacrer un peu de votre temps à regarder la vidéo réalisée par M. Ulrich à ce sujet. Cette vidéo existe en français, allemand et anglais. Voilà le lien:
    En septembre 2017 M. Ulrich a créé 3 vidéos (allemand, français et anglais). Je vous conseille vivement de l’écouter.

    http://egalitedescitoyens.blog.tdg.ch/archive/2017/09/19/suisse-et-europe-modification-urgente-du-systeme-judiciaire-286401.html

    Meilleures salutations. Michèle Herzog

  3. Michèle Herzog 23 octobre 2017 at 15:09 #

    Complément d’information concernant ma réponse à Mme Schick.

    Voilà ce que j’ai trouvé sur le site Internet d’Amnesty International concernant la Suisse:

    Histoire de la Section suisse

    La Section suisse a été créée officiellement à Zurich en 1970. Le premier groupe d’Amnesty en Suisse est cependant né en 1964 déjà, à Genève. Son initiateur était Sean Mac Bride, co-fondateur et ancien secrétaire général d’Amnesty International. Il a reçu le Prix Nobel de la paix en 1974.

    Il est certain que si Amnesty s’occupait réellement de faire évoluer le cadre législatif en Suisse et cela depuis 1970 … les dérives des institutions judiciaires auraient été enrayées.

  4. Ruffieux Laure Fribourg 23 octobre 2017 at 19:05 #

    Bonjour,
    Je suis moi aussi abasourdie par la réponse donnée par Mme Schick, elle semble “regretter” que les victimes de mobbing en Suisse ne soient pas “torturées” ou “mises en prison” ce qui lui ferait tendre une oreille plus attentive!!
    Alors sachez Madame, puisque vous ne le souhaitez à aucun d’entre nous, que la torture morale que nous avons subie et que nous subissons est aussi grave qu’une torture physique et que les cicatrices qu’elle laisse – pour autant que l’on parvienne un jour à cicatriser – sont moins visibles mais non moins présentes. Vous ne pouvez bien évidemment pas interviewer le nombre de victimes qui se sont suicidées dans le silence et l’indifférence les plus complètes suite aux traitements qu’elles ont subis dans un pays “civilisé” et par des gens de pouvoir en apparence “bien sous tous rapports”…. Et oui il y a de très graves problèmes à régler ailleurs mais cela ne vous empêche en rien de vous attaquer aux problèmes locaux, encore faudrait-il que vous en eussiez la volonté….

  5. Gerhard Ulrich 24 octobre 2017 at 07:04 #

    Chères lectrices, chers lecteurs,
    Cette plateforme, publiant les expériences des victimes de la corruption, du mobbing et du dysfonctionnement judiciaire,faites, en s’adressant à Transparency International Suisse et Amnesty International Suisse, est très utile. Cela ôte les illusions. Je pense que Caroline Olsen a tiré la conclusion exacte:
    “Amnesty International (pareil pour Transparency International et d’autres ONG) est une organisation sous contrôle”
    Manon Schick dévoile elle-même que son combat est à côté de la plaque, en écrivant:
    “(…) en Suisse nous concentrons nos ressources sur des démarches pour faire évoluer le cadre législatif et pour préserver la possibilité pour les habitant-e-s de notre pays de faire recours à la Cour européenne des droits de l’homme, possibilité qui risque de nous être supprimée.”
    Nous n’avons pas un problème de législation, mais un problème avec les hommes de loi qui sont sensés l’appliquer. A mon avis, il ne faut pas forcément toujours davantage de lois, mais une surveillance efficace afin que les lois existantes soient appliquées. Et justement, la Cour Européenne des Droits de l’Homme ne remplit pas cette attente. Voir :

    http://www.youtube.com/watch?v=4FF6bnZwj1g

    https://youtu.be/Q-bnyo55YJs

    Gerhard Ulrich de Guntalingen
    Avenue de Lonay 17
    CH-1110 Morges
    0041 21 801 22 88
    catharsisgu@gmail.com

  6. Fabian Dayen 24 octobre 2017 at 21:00 #

    J’ai décidé, il y a un an de ne pas reconduire mon abonnement annuel à Amnesty International, car lorsque j’ai souhaité m’investir dans la lutte mais pour que l’on traite des sujets en Suisse, le groupe dans lequel je participais m’a vite remis en place pour s’intéresser surtout à des étrangers…

    Finalement les Suisses en difficultés ne sont pas prioritaires pour le groupement suisse dès lors on est en droit de se poser la question de son utilité en Suisse, mis à part la collecte de fonds ou un rôle fiscal?

  7. Philippe Pascot 24 octobre 2017 at 21:20 #

    Marrant, les droits de l’homme suisses parlent de tout sauf des lanceurs(euses) suisses…
    En France on dit toujours que c’est le cordonnier qui est le plus mal chaussé.
    En Suisse il y a donc des entreprises comme Nestlé qu’il ne faut pas toucher…

    Bizarre, les droits de l’homme… en Suisse!

    P. Pascot
    Petit éveilleur de conscience,
    auteur

  8. Caroline Olsen 25 octobre 2017 at 21:10 #

    Je reprends de la lettre de Manon Schick ” j’ai fait le portrait de femmes que j’ai rencontrées et qui ont été mises en prison, torturées, forcées à l’exil: autant de situations dramatiques…”

    “torturées, forcées à l’exil”… Je crois bien que je suis en plein dedans.
    La première page de notre (moi et ma fille) demande d’asile en Islande, début février 2015 > https://studiometamorphoses.com/2016/05/gratitude/
    Ma lettre à Didier Burkhalter, quelques mois avant que je quitte la Suisse > https://studiometamorphoses.com/wp-content/uploads/2015/11/1-Swiss-President-MFA-D.Burkhalter-.pdf

    Parfois je me demande si je me sens encore Suisse.

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