Armes chimiques en Syrie, la différence entre l’humain et le politique


A-t-on vraiment besoin de voter pour renouveler le mandat d’une commission qui a comme but d’enquêter sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie?

PAR JESSICA CAVALLERO

Humainement il ne devrait pas être nécessaire de voter car chacun de nous s’exprimerait favorablement au renouvellement de ce mandat.

Au niveau politique c’est autre chose.

Voici ce qui est arrivé au Conseil de sécurité des Nations Unies.

Le 2 novembre 2017 a été publié le dernier rapport du Mécanisme d’investigation des Nations Unies (OIAC) sur l’utilisation des armes chimiques en Syrie.

Créé en 2015, cet instrument conjoint de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) et l’ONU est chargé «d’identifier dans toute la mesure possible les personnes, entités, groupes ou gouvernements qui ont perpétré, organisé ou commandité l’utilisation comme armes, en République arabe syrienne, de produits chimiques.»

La Commission s’est exprimée – dans son dernier rapport – sur les cas de Umm Haush et Khan Shaykhun.

Le rapport de la Commission a identifié les responsables: le groupe Etat islamique pour l’utilisation du gaz moutarde à Umm Haush en Septembre 2016 et la République arabe syrienne pour l’utilisation de sarin à Khan Shaykhun en avril 2017.

Ce serait en raison de ces deux cas que le Conseil de sécurité des Nations Unies n’a pas pu renouveler son mandat à la commission d’enquête.

En effet, en octobre, la Russie a opposé son veto au renouvellement en demandant de reporter la décision juste après la publication du rapport sur les cas Umm Haush et Khan Shaykhun.

La Bolivie a voté contre également. La Chine et le Kazakhstan se sont abstenus. Onze Etats ont voté en faveur du renouvellement.

Le Conseil de sécurité devrait se réunir à nouveau pour prendre une décision. Le mandat du Mécanisme d’enquête expirera le 17 novembre 2017.

La Confédération suisse, dans une note du Département fédéral des affaires étrangères, a condamné l’utilisation d’armes chimiques suite à la publication du dernier rapport.

«La Suisse condamne avec la plus grande fermeté l’utilisation d’armes chimiques en Syrie. L’utilisation de telles armes est interdite à toutes les parties en tout temps et en toutes circonstances. Le droit international exige de tous les États qu’ils traduisent les auteurs de tels actes en justice».

En ce qui concerne le renouvellement du mandat, «la Suisse espère que le Conseil de sécurité parviendra à s’accorder sur une prolongation du mandat confié à la commission d’enquête. Elle est d’avis que d’autres enquêtes sont nécessaires, étant donné l’existence de différents cas présumés d’utilisation d’armes chimiques».

Selon le Centre d’actualités de l’ONU, «plus de 250000 personnes ont été tuées et plus d’un million ont été blessées depuis le début de la crise en 2011 en Syrie».

Le Conseil de Sécurité de l’Onu devrait débattre à nouveau du renouvellement du mandat d’ici au 17 novembre 2017.

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