Ile de Pâques, le gouvernement chilien prend des mesures


Pour gérer l’afflux de visiteurs, le gouvernement chilien a pris une série de mesures réglementant l’accès à l’île de Pâques. 

En octobre 2017, l’île de Pâques, de son vrai nom Rapa Nui (qui signifie le nombril du monde), s’était prononcée massivement, par référendum, en faveur d’un contrôle renforcé des flux touristiques, qui posent de sérieux problèmes. Le ras-le-bol des habitants de l’île s’est notamment manifesté en août 2017 par un blocage de l’aéroport. Leur grief va en premier lieu aux personnes venant du « conti », c’est-à-dire des autres Chiliens et de ceux du Pérou ou de l’Equateur qui sont les plus proches. La crainte d’une perte de contrôle sur les personnes étrangères à l’île est à l’ordre du jour. La population de l’île a doublé en quelques décennies avec un total actuel de 7 750 résidents permanents, dont 40 % de natifs. Un texte de loi impose maintenant des conditions pour s’installer durablement sur l’île : il faut être le père, la mère, le conjoint ou le fils d’un membre de la communauté autochtone des Rapa Nui. Seuls les fonctionnaires, les salariés d’organisations travaillant pour le compte de l’État et ceux qui développent une activité économique indépendante peuvent y résider avec leurs familles. Pour tout visiteur souhaitant accéder à l’île et ses monumentales statues Moaï, il faut maintenant remplir un formulaire, avoir une réservation dans un hôtel ou avoir été invité par un insulaire et présenter ses billets d’avion ou de bateau aller et retour. La durée maximum de séjour autorisé est passée de 90 à 30 jours.

« Nous ne rejetons pas les touristes », dit Luz Zasso Poa la maire du chef-lieu de l’île. « Le tourisme représente 80 % de notre économie et le futur de nos enfants ». Sur le modèle de la Polynésie française, aucune industrie n’est installée sur cette île du Pacifique. Tout vient du continent, y compris le gaz, ce qui explique les prix élevés: un kilo de pain vaut 800 pesos (1,10 euro) à Santiago mais est vendu 2 000 pesos (2,80 euros) à Rapa Nui.

Luz Zasso Poa ne rejette pas les touristes en bloc, mais elle s’inquiète de la fréquentation galopante du site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO et dont l’écosystème est mis en péril. 116 000 touristes y ont séjourné en 2017. Les habitants de l’île se plaignent, par exemple, de la surexploitation et de la mauvaise utilisation des ressources de l’île, l’excès de consommation d’eau ou d’énergie électrique, de même que de la pression  immobilière (surtout les hôtels) ayant une incidence sur la faune et la flore et sur la gestion des déchets. 

Gérard Blanc 

Sources : France 24, Le Monde

Je pars

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