Lettre de Lima à un ami – J’ai rencontré l’homme de la rue, il m’a assuré qu’il prendra sa revanche


Macron/Macri, même combat? Apparemment perdu! Tu connais les déboires du président français, qui porte ses prévisions de croissance et son abaissement du chômage comme autant d’échecs. De spleen! Son homologue argentin suit une route parallèle. Semée elle aussi des pires embûches. Porteuse d’autant de disgrâces! De lendemain qui déchantent!

Je ne reviendrai pas sur les déboires du président Macron. Nous sommes témoins de l’impopularité de celui qui se voulait l’Emmanuel de la France. Nous suivons l’actu, s’agissant des errements d’un gouvernement qui ne sait plus très bien où il en est. Et même plus du tout! A l’image du climat d’ailleurs. Et c’est peu dire, n’est-ce pas? Des signatures de citoyens par millions, préoccupés par le sujet, viennent du reste de se mêler à la grogne. De Matignon à l’Elysée, gageons qu’ils ne sont pas sortis de l’auberge… Ce n’est pas que je m’en réjouisse. C’était pourtant à prévoir!

Peu de médias parlent en revanche des déconvenues de son homologue argentin, Mauricio Macri. Pour dire les choses directement, cet homme issu du milieu des affaires est dans la même m… que Macron. Pour qui a regardé les images de la réception offerte par le président argentin à ses convives du G20, début décembre, dans le cadre du majestueux théâtre Colon qui borde l’une des plus larges avenues du monde, l’Avenida del 9 de Julio, à Buenos Aires, Macri et son pays respiraient l’opulence. Des dizaines, que dis-je des centaines, voire bien davantage, de femmes et d’hommes, valets en livrée défilaient dans la salle du banquet. Le théâtre Colon de Macri Ier affichait pour l’occasion faste et grandeur. Pour le plus grand bonheur de Macron Ier, sans doute très à l’aise dans ce Versailles sud-américain éphémère. A l’aise, à vrai dire, au même titre que ces roitelets du monde qui n’apportent pas la moindre solution aux urgents problèmes de la planète. Lesquels passent bien après les ambitions et les profits immédiats, liés aux affaires et au trafic d’armes. Le peuple? les peuples, les électeurs? Ils attendront.

Comme pour le président Macron, 2018 s’annonçait sous les meilleures auspices pour Macri. Les augures, analystes financiers, spécialistes appelés à se tromper aussi souvent que les météorologues, ou pire, des politiciens dessinaient fin 2017 un horizon tranquille: croissance économique supérieure à 2%, inflation aussi contrôlée qu’un bon dérapage à 15%. Et surtout un dollar stable. Autour des 20 pesos.

Ce que nos nos experts n’avaient pas vu venir, comme Macri d’ailleurs, c’est que 2018 allait devenir pour l’Argentine ce que la « reine des Malouines » avait qualifié d’annus horribilis. Avec à la clé, pour le pays des gauchos, deux appels successifs à l’aide du Fonds monétaire international. Et par deux fois. Aujourd’hui, l’Argentine affronte une sévère récession, avec un produit intérieur brut bien au-dessous des prévisions. Sans compter l’inflation, qui avoisine les 50%… Alors que le dollar s’échange sur le marché à 39/40 pesos. Le double! Et comme si c’était peu, on annonçait il y a quelques jours des hausses vertigineuses des tarifs d’électricité et de gaz: de l’ordre de 55% et 35% respectivement.

Difficile d’aller plus mal. C’est l’homme de la rue qui le dit. Je l’ai rencontré. Il m’a assuré qu’il prendra sa revanche. Mais dans les urnes. En 2019! A l’heure des européennes aussi!

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