Tribune libre – Une société en otage



Récemment, le cas d’un professeur renommé qui a été interné de force pendant trois ans dans un hôpital psychiatrique, en France, a retenu mon attention.

Il avait dénoncé un trafic de faux diplômes dans son université. L’histoire de ce professeur m’a interpellée, car, à quelques différences près, elle ressemblait étrangement à mon expérience professionnelle chez Nestlé. Une des différences était la méthode de répression. Il avait fait l’objet d’une répression du style KGB (le Comité pour la Sécurité de l’Etat soviétique) contre les dissidents politiques.
 
Moi, pendant plus de quatre années, j’ai subi les méthodes de torture psychologique de la CIA ( l’agence centrale de renseignement des Etats-Unis), banalement dit harcèlement moral ou « mobbing ». Une méthode de torture psychologique décrite dans le manuel de la CIA « Kubark » et appliquée dans les prisons américaines comme celle d’Abu Gharib. Cette méthode de répression peut paraître peu impressionnante, juste humiliation, isolement, discrédit, menaces. Néanmoins, dans la durée, elle peut conduire toute personne à des souffrances profondes et aiguës, justifiant son internement psychiatrique médical ou mener la victime au suicide. Dans tous les cas, en perdant leur emploi et la perspective de retrouver la capacité d’exercer une activité professionnelle, les victimes perdent leur statut social, financier et, à défaut, leur situation familiale. Leur monde s’écroule comme un château de cartes.
 
Suite à ma correspondance à ce sujet, de nombreuses personnes m’ont contactée pour m’informer que des cas de psychiatrie punitive sont toujours actuels dans de nombreux pays occidentaux tel que la France, la Suisse, l’Allemagne. Certains m’ont demandé de l’aide d’urgence.
 
Mais que faire quand nos autorités, nos élus, nos soi-disant organisations humanitaires bienveillantes ne réagissent pas à de tels abus ? (Voir également les débats d’infoméduse du 21 octobre 2017) A qui devons-nous nous adresser quand certains sont de mèche et d’autres ont peur pour leur propre position? Quand même, dans un pays démocratique comme la Suisse, en sixième position mondiale pour sa liberté d’expression, les médias n’ont-ils pas l’indépendance nécessaire pour enquêter, analyser et rapporter de tels cas? Que faire si notre société est prise en otage par des autorités qui ne font pas leur devoir ou par des personnes qui abusent de leur pouvoir ?

Yasmine Motarjemi, Nyon

Dessin: Stephff

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