Dans ce royaume, on vivait simplement pour cultiver le bonheur de vivre en harmonie avec soi et les autres


PAR EMILIE SALAMIN-AMAR

Petit extrait d’un conte philosophique paru en 2003 aux Editions Planète Lilou. Un regard moqueur et ô combien critique sur la planète Terre depuis le berceau des étoiles, là où réside la Reine des Rêveuses Utopiques.

« La Reine des Rêveuses Utopiques »

(chapitre II Etat de la Terre)

« Les guerres sévissaient sur tous les continents. Les hommes politiques de tous les pays n’avaient pour ambition que de s’accrocher à leur poste afin de bénéficier des privilèges qui leur étaient alloués plutôt que de veiller au bien-être de leurs populations. La corruption s’était généralisée et touchait toutes les couches des populations. Les dirigeants passaient sans aucun scrupule de la fonction de personnage public à celle de délinquant en col blanc. Ils faisaient des allers-retours entre le pouvoir et la prison. Un jour devant les projecteurs des médias sur les plateaux de télévision, un jour à l’ombre d’une cellule sans que cela ne choque plus personne.

L’argent, le commerce étaient devenus les moteurs de cette civilisation décadente. L’être humain ne comptait plus… il n’existait plus qu’en termes de rentabilité et d’exploitation. Dans les entreprises, on ne parlait plus de personnel, mais de «Ressources Humaines». Tout comme autrefois on disait: Ressources Minières! Les individus étaient devenus des machines à consommer et avaient fini par confondre le bonheur avec la possession d’objets plus ou moins inutiles. Mais cela n’était pas applicable à tous. Pendant qu’une minorité des êtres humains vivaient dans l’opulence, l’autre partie, majoritaire, elle essayait simplement de survivre. Sur cette planète qui comptait plus de six milliards d’êtres humains, on pouvait dire que seul un milliard d’entre eux vivait de façon plus ou moins décente, plus ou moins aisée, plus ou moins favorisée.

La planète était dévastée, polluée. Rien ni personne ne pouvait plus arrêter ce massacre que perpétraient les humains en ce qui concerne l’écologie. La faune, la flore, les mers, les terres étaient en train de se dégrader de façon irréversible. A force d’être agressé, le Monde de la Création avait fini par se fâcher… pire… se rebeller. A présent les éléments se déchaînaient et créaient cataclysme sur cataclysme. Ainsi, plus aucune région sur Terre n’était épargnée par: des violents tremblements de terre, des éruptions volcaniques, des inondations, des ouragans, des cyclones, des tempêtes, des pluies torrentielles, de terribles glissements de terrain. Ces changements climatiques faisaient beaucoup de victimes parmi les humains ainsi que d’énormes dégâts au niveau de l’environnement. Tout cela coûtait cher, très cher aux assurances et par conséquent aux pauvres malheureux contribuables sur qui on répercutait d’incessantes augmentations de primes. Les Terriens s’étaient résignés, car ils se croyaient totalement impuissants face à ces bouleversements climatiques.

Des généticiens avaient aussi dépassé d’autres limites concernant notamment la conception des enfants. Après les bébés éprouvette, les nouvelles jeunes mères cinquantenaires ménopausées, ils commençaient à travailler à présent sur le clonage humain! Ils s’initiaient aux apprentis-sorciers en jouant avec la génétique, avec la manipulation transgénique sur les fruits, légumes et autres plantes que mangeaient les hommes. Pour ne citer que quelques exemples: ils avaient réussi à fabriquer une brebis clonée appelée Dolly, des poulets sans plume, des lapins à poils de soie pour remplacer les vers à soie moins productifs, etc.… A présent, ils travaillaient sur les alicaments, nouvelle sorte d’aliments-vaccins. Mais la plus grande aberration fut naturellement de donner des aliments carnés à des bovins, ce qui les avait rendus fous. Les pires répercussions étaient à venir. Les humains qui s’étaient nourris de cette viande atteinte de la maladie de la vache folle allaient d’ici quelques années développer la maladie de Creutzfeldt-Jacob.

Alors que sur la planète de Reine des Rêveuses, les nombreuses richesses étaient redistribuées avec équité. Chacun recevait sa part en fonction de ses besoins réels. Dans ce Royaume, on ne pratiquait pas seulement le partage des biens, mais aussi celui du savoir, de la connaissance, de la maîtrise du temps, des choses et du verbe. La science était au service de ces êtres privilégiés. Point de rivalité, de surenchère, de jalousie ou de compétition. On ne connaissait pas les lois du marché, la rentabilité, les profits économiques, bien au contraire, on pratiquait la production intelligente dans le seul but de s’améliorer. Dans ce petit coin de paradis, on vivait simplement pour cultiver le bonheur de vivre en harmonie avec soi et les autres. Dans ce magnifique Royaume, on pratiquait l’art et la manière d’être en symbiose avec le cosmos tout entier. Cet art de vivre donnait à ce Royaume un rayonnement particulier qui était perçu par l’Univers tout entier.» etc… etc…

©2003 Illustration Clones Dolly Editions Planète Lilou

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