Science et dictature


PAR CHRISTIAN CAMPICHE

Dans un article paru le 27 décembre 2020, notre excellent confrère numérique bernois infosperber démontre par A+B comment l’information sur l’Ukraine a été déformée par les quotidiens zurichois NZZ et Tages-Anzeiger. Lors des événements de Maïdan, ces titres n’ont pris en considération que le point de vue occidental, déplore le sociologue Rafael Lutz, l’auteur d’une thèse sur le sujet, développée à l’Université de Fribourg. A coup sûr, ces journaux n’ont pas le monopole du parti-pris déguisé, leur manière d’informer traduit le courant médiatique dominant. Et l’on pourrait élargir la réflexion à d’autres régions du monde, tant la couverture de l’actualité s’avère souvent superficielle, pour ne pas dire tendancieuse. 

Bien sûr, l’objectivité parfaite n’existe pas. Et relater les faits ne coule pas de source, la réalité se déforme au contact des prismes conditionnés par le vécu et les perceptions individuelles ou collectives. Le problème, puisqu’il y en a un, résulte du manque de distance par rapport aux dogmes. Le rôle d’un journaliste n’est pas de véhiculer la pensée unique mais de vérifier les assertions officielles sur le terrain, déjouer une tentative de manipulation. Malheureusement, trop de professionnels de l’information tombent dans le travers de la facilité en relayant les dépêches d’agences de presse dont l’indépendance par rapport aux gouvernements est très relative. Leurs notions d’histoire sont en outre très lacunaires, pour ne pas dire inexistantes. Comment évaluer les enjeux réels de mouvements de rue sans la connaissance du passé d’un peuple?

Avec la crise sanitaire, les médias ont fait un pas de plus vers la soumission aux intérêts de la coalition militaro-industrielle qui ne cesse d’étendre sa domination sur les êtres et les choses. Rien de nouveau sous le soleil si ce n’est que cette nébuleuse agit désormais de manière totalement décomplexée en utilisant la science comme paravent. Les développements techniques et médicaux atteignent un tel niveau qu’ils évoluent désormais hors de portée des structures démocratiques traditionnelles. Voire des freins éthiques revendiqués par une large partie du monde de la recherche et des soins. Autant de scientifiques et de médecins ostracisés parce qu’ils ne prétendent pas détenir la vérité absolue et s’avèrent finalement les otages d’une minorité de démiurges sans scrupules. Sous le regard de populations tétanisées et résignées, dont la peur est entretenue par de grands médias conscients ou irresponsables, une dictature se met en place.

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2 Responses to “Science et dictature”

  1. Silvia 28 décembre 2020 at 14:38 #

    Excellent! Si mêmes ces deux quotidiens ont trompé leurs lecteurs sur ce qui se tramait en Ukraine en vérité, c’est à désespérer.

  2. Yves Ecoffey 28 décembre 2020 at 17:22 #

    Il est vrai qu’une honnêteté intellectuelle est de rigueur pour toute publication, ce que revendiquent certains infectiologues scandalisés par la mafia politique permettant aux dirigeants de garder le pouvoir.

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