Regard amoureux sur «La Vallée»


PAR PIERRE JEANNERET

Récit en images des époustouflantes balades dans les paysages de La Vallée de Joux du photographe Dominique Weibel.

L’ouvrage d’une qualité esthétique exceptionnelle ne comporte pas de texte, à l’exception d’un bref avant-propos autobiographique de l’auteur, ainsi que de la courte légende accompagnant chacune des photographies. 

Dominique Weibel a commencé à seize ans un apprentissage de photolithographe dans une imprimerie. Parallèlement, il a monté un petit laboratoire de photos noir-blanc à son domicile et s’est inscrit au photoclub de Lausanne. En 1985-1986, il a momentanément changé de vie, en devenant équipier, barreur et photographe aux côtés de Pierre Fehlmann dans sa course autour du monde à la voile. Puis il a travaillé comme photographe indépendant à Lausanne, avant de s’installer en 2000 à la Vallée de Joux. Au cours de ses excursions, il s’est pris d’amour pour cette région du Jura vaudois et a réussi à en capter l’âme.

Ce livre d’art s’articule en chapitres. Le premier s’intitule «Panorama». On y trouve une série de photographies magnifiques, avec des vues générales en très grand format, notamment des lacs de Joux et Brenet, souvent prises en plongée, depuis la Dent de Vaulion. Ces images offrent des atmosphères, surtout par temps brumeux, ou des vapeurs flottent au-dessus des eaux ou des champs. Le photographe aime les ambiances, et en particulier celles, automnales, qui confèrent aux paysages toute leur poésie.

Le chapitre deux, «Nature et animaux», rassemble des vues forestières plus rapprochées, plus intimes. L’auteur excelle aussi comme photographe animalier, fortement inspiré par les gravures et dessins de Robert Hainard. On y voit des sangliers en hiver, des chamois, de grands tétras, des volatiles aquatiques. Puis, arrive l’«Hiver». Des paysages, que connaissent bien les skieurs de fond, avec les arbres figés dans le gel et les fermes isolées, désertées en morte saison par leurs habitants. Ceux-ci sont d’ailleurs presque absents de l’opus, à l’exception, par exemple, des petits personnages se baladant ou patinant sur le lac de Joux gelé, dans la quatrième partie, nommée coquinement «Histoires d’eau»

Le cinquième chapitre, «Lieux-dits», évoque une série de bâtisses et de refuges. Un bref commentaire indique parfois leur fonction, par exemple «ancien relais des gendarmes qui contrôlaient la frontière». Enfin, «Villages et animaux» focalise sur les localités de cette vallée très particulière. Là seulement effleure l’activité industrielle et horlogère qui caractérise aussi la région, avec quelques vues lointaines d’usines, dont les produits partent vers le monde entier.

Cet album photographique ne constitue pas une approche ethnographique de la Vallée de Joux, qui montrerait aussi le travail ouvrier, les nombreux chœurs renommés, ou encore la vie paroissiale de cette région qui vit aussi fleurir les communautés darbystes. Pour cela, on retournera, par exemple, au film réalisé par Jean Mayerat entre 1969 et 1973. Le choix opéré par Dominique Weibel est en effet de régaler les yeux en montrant une Vallée de Joux dans toute la beauté de ses paysages, de sa vie animale et de son architecture traditionnelle.

Dominique Weibel, La Vallée de Joux, des images – un regard, Neuchâtel, Editions Alphil, 2020, 231 p.

Domaine Public

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