Avion de combat, bon courage !


PAR CHRISTIAN CAMPICHE

Savoir ce que l’on veut. Réfléchir avant de décider. Tant il est vrai qu’un choix, cela s’assume. Beau précepte que les Suisses avaient tout loisir d’appliquer dans le dossier de l’avion de combat. Mais ils sont en train de rater l’exercice.

Le premier chapitre s’écrit en 2014 quand le peuple refuse le Gripen suédois. Un avion pourtant adapté aux besoins d’un petit pays. Le deuxième survient en septembre de l’année dernière, par la voix des urnes également. Le peuple approuve le principe de l’acquisition. Du bout des lèvres, certes, mais il dit quand même oui à une dépense de 6 milliards. En plus il délègue totalement le choix à Berne.

Le troisième chapitre vient de débuter. Le Conseil fédéral déclare opter pour le F-35A américain. Depuis, tout le monde tombe à bras raccourcis sur Viola Amherd. L’avion a tous les défauts. Il heurte surtout la fierté européenne, la France et l’Allemagne qui proposaient leur propre avion. Dans les mauvais papiers de Bruxelles, la Suisse ne peut pas se permettre un tel faux-pas. Une fois encore elle a cédé face au bulldozer américain. A croire qu’elle fait partie de l’OTAN.

La réaction est violente et se comprend. Mais il fallait y penser avant ! Dire non, et de manière catégorique, au principe du chèque en blanc ! Les influenceurs et influenceuses ont bien travaillé, une fois de plus, le peuple s’est fait rouler dans la farine.

Peut-on corriger le tir ? La gauche annonce un référendum. Mais bizarrement, elle ne donne pas d’autres alternatives que le Rafale ou l’Eurofighter. Pourquoi ne pas admettre que le rejet du Gripen fut une erreur ? Pourquoi ne pas revenir à la formule suédoise ?

Le département de la Défense a du boulot. Il va devoir expliquer en quoi le F-35A est vraiment plus performant que ses concurrents européens. La tâche s’annonce rude. D’abord parce que la transparence n’est pas dans les gènes des « généraux » helvétiques. Ensuite, il conviendra de départager le vrai du faux. La réalité de l’intox.

Dans un rapport confidentiel auquel infoméduse a eu accès, un expert civil adoubé par la hiérarchie militaire n’a pas de doute : lors de l’évaluation, « le F-35A s’est à chaque fois détaché en affichant l’utilité totale la plus élevée, tout en présentant les coûts les plus faibles ». Ce spécialiste ne minimise pas pour autant « les points noirs qui péjorent le dossier », notamment la question de la maintenance. A ce niveau, l’estimation reste floue, elle pourrait conditionner la facture finale.

Bon courage !

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