Le SAF, une solution pour le transport aérien?


PAR GÉRARD BLANC

Aucun doute : les compagnies aériennes sont du plus en plus conscientes de l’effet sur le public de leur empreinte carbone. Mais alors, que faire pour ne pas trainer derrière soi le lourd fardeau de la pollution aérienne en relation avec la consommation de carburant?

Ajoutés aux restrictions de trafic en raison de la pandémie Covid, leur responsabilité dans la détérioration du climat, sans cesse montrée du doigt par le public et les médias, n’est pas faite pour leur remonter le moral. Les transporteurs aériens sont sur des charbons ardents pour trouver le plus rapidement possible une manière de redorer leur blason. Le premier et grand pas en ce sens est de ne plus afficher de l’indifférence au problème climatique,  ni d’accorder de crédit aux théories des climato-sceptiques. C’est bien, mais c’est insuffisant pour convaincre les passagers et, surtout, les gouvernements impliqués dans la défense du climat. Depuis 2016, les compagnies aériennes se sont lancées dans un programme appelé SAF (sustainable aviation fuel) qui sonne bien, mais qui, déjà à ses débuts, a eu ses détracteurs car il se basait sur le principe du bioéthanol entrainant des cultures intensives de végétaux, au détriment de la nourriture des populations et l’utilisation de l’eau à grande échelle. Depuis quelque temps, le SAF repart de plus belle en voulant se démarquer de cette expérience du passé et en affirmant, notamment à la presse, que ce carburant ne s’obtient aujourd’hui qu’à partir de déchets valorisés (huiles de  cuisines usées, vieux vêtements, éléments de compost, etc.).

Il faut aussi préciser que les nouveaux moteurs d’avion ne permettent une utilisation du SAF qu’à 50% de biocarburant. Il y a donc des progrès à faire pour harmoniser la flotte internationale et convaincre les compagnies. D’autre part, les déchets revalorisés ne sont pas le seul apanage du transport aérien. Beaucoup de secteurs industriels s’y intéressent aussi. Produirons-nous assez de déchets pour satisfaire tout le monde (et, entre autres,  le secteur automobile et le secteur maritime)? Avouez que c’est le monde à l’envers! La plus cocasse des constatations est que quand on brûle du SAF, on rejette dans l’atmosphère exactement la même quantité de CO2 (voire plus selon un article du « Monde »), que quand on brûle du kérosène et que les matières consumées ont elles-mêmes absorbé du CO2 au cours de leur vie. On ne polluera donc pas moins en utilisant du SAF. Mais alors, où les compagnies aériennes veulent-elles aller?

A mon avis, la grosse erreur de la part du secteur aérien est de vouloir coûte que coûte continuer à prévoir une croissance du trafic toujours exponentielle. Le transport aérien international, malgré son souhait de décarboner, ne parvient pas pour l’instant à convaincre. La solution reste toujours et encore de réduire le trafic aérien et d’encourager les populations (surtout celles des pays nantis) à voler moins. 

Je pars

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