Tribune libre – Quand on ignore l’éléphant dans la salle…


Il est surprenant que 48 médias du monde entier traitent une information évidente, le dossier dit Swiss Secrets, comme une histoire explosive !  
 
Ils déclarent que la deuxième plus grande banque suisse, le Credit Suisse, a hébergé des comptes de clients qui sont des criminels ou qui ont violé les droits humains. Voilà que la montagne accouche d’une souris!

A de multiples reprises, les ONG ont rapporté que telle multinationale, dont le PDG siégeait au conseil d’administration de Credit Suisse, violait les droits humains en participant à l’exploitation des enfants ou en dénonçant d’autres valeurs éthiques. Dès lors pourquoi s’étonner que des personnalités sulfureuses figurent parmi les clients de cette même banque? 

Le cas n’est pas unique. Lors de la campagne Multinationales Responsables de 2020, de multiples entreprises suisses ont été dénoncées pour leurs violations des droits humains. Toutes ces entreprises font des affaires avec les banques suisses et côtoient nos autorités dans divers sommets économiques comme le Forum de Davos . C’est juste notre monde qui est fait ainsi. Pourquoi être plus catholique que le pape ? 

Et puis, quel gouvernement ne viole pas les droits humains? Le gouvernement Suisse viole les droits de ses citoyens en leur niant la justice ou encore en tolérant la psycho-terreur sur des salariés. Ni le mobbing ni la torture ne figurent dans le droit pénal suisse

Il en va de même pour d’autres pays, qui violent les droits humains des individus ou des populations.  La Suisse collabore avec ces pays.  

Et que dire des droits humains de Julian Assange, détenu illégalement en prison? Là aussi, la liberté d’information et d’expression est violée dans la bonne conscience générale. 

Ainsi, lorsque les maîtres de ce monde commettent eux-mêmes des actes criminels ou violent les droits humains, que pouvons-nous attendre d’institutions telles que celle se trouvant aujourd’hui sous le feu de la critique? La problématique dépasse le simple cas de la banque. La perte des valeurs morales et la corruption sont infiltrées dans le tissu de la société à tous les niveaux. 

Yasmine Motarjemi, Nyon

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5 Responses to “Tribune libre – Quand on ignore l’éléphant dans la salle…”

  1. Michèle Herzog 21 février 2022 at 17:27 #

    Oui, il existe bien d’autres affaires, mais ce n’est pas une raison pour ne pas se réjouir que des journalistes étrangers aient travaillé pendant plus d’un an et dévoilent aujourd’hui les pratiques de Credit Suisse.
    De plus, nous apprenons par cette affaire « Suisse secrets » que les journalistes du groupe Tamedia n’ont pas pu participer aux investigations réalisées par 160 journalistes de 39 pays différents, car la loi a changé en 2015 en Suisse et s’ils publient des articles sur la base de données volées ils risquent 3 ans de prison ferme !
    Très étrange de constater que de 2015 à ce jour les journalistes en Suisse ne se soient pas révoltés contre cette loi de 2015 ! Ils réagissent enfin grâce à cette nouvelle affaire.
    Voir la fin de cet article: https://www.rts.ch/info/suisse/12881614-credit-suisse-aurait-heberge-des-milliards-pour-des-clients-sulfureux.html

  2. Michèle Herzog 21 février 2022 at 21:54 #

    Les modifications de la loi sur les banques (dont l’article 47) ont été acceptées par les parlementaires en 2014. Et maintenant les Verts se disent choqués du contenu de cette loi qui interdit aux journalistes d’enquêter sur des données volées, car peine de 3 ans de prison ! Pourtant depuis 2015 tous les politiciens et les journalistes ont eu le temps de réagir !!! Maintenant ils ont honte et s’offusquent en se refilant la patate chaude ! Tordant !
    Lire cet article: https://www.20min.ch/fr/story/suisse-secrets-la-gauche-demande-des-comptes-268335217340
    PS: Cet article dit aussi que tous les partis se font arroser par les banques … Belle corruption !

  3. Michèle Herzog 22 février 2022 at 12:32 #

    Je me demande depuis plus de dix ans à quoi sert la FINMA …

  4. Yasmine Motarjemi 22 février 2022 at 16:17 #

    Merci Madame Herzog pour vos commentaires, le suivi des affaires et vos éclairages

  5. Yasmine Motarjemi 24 février 2022 at 08:11 #

    Dans l’article « Au Credit Suisse, deux décennies de promesses non tenues » (https://interactif.24heures.ch/2022/credit-suisse-promesses-non-tenues/ ), le Credit Suisse est montré du doigt alors que nous sommes face à un problème national qui va du secret bancaire à l’injustice et représailles contre les lanceurs d’alerte, en passant par la protection des multinationales, les limitations imposées aux journalistes, le système judiciaire et ses dysfonctionnements, et bien d’autres encore….. Comme un puzzle, ces problèmes s’emboîtent pour permettre à la corruption et à l’injustice de se répandre, non seulement en Suisse mais dans le monde entier.

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