Enfants en voyage, le décryptage


PAR GÉRARD BLANC 

La presse s’est  souvent émue à juste titre de la politique de certaines compagnies aériennes qui décidaient de bannir les enfants à bord pour ne pas déranger les autres passagers. Les vols «sans enfants». On croit revenir à l’ère que j’ai vécue autrefois, où les hôtels décourageaient les familles avec enfants en leur faisant payer le prix fort et en essayant de dissuader les parents de les prendre avec eux dans leur chambre. Les choses ont fort heureusement changé depuis.

Si j’ai (rarement) vu des parents qui laissaient tout faire à leurs enfants à bord des avions, la plupart du temps j’ai observé des familles tout à fait paisibles. On pouvait même complimenter les parents et les enfants de leur bonne tenue, pas toujours évidente, lors d’un vol long-courrier et parfois bien perturbante pour des enfants en bas âge.

La position à la limite du racisme de certains clients qui ne supporteraient pas les enfants me laisse imaginer quels garnements ceux-ci pouvaient être lorsqu’ils avaient cet âge. Mais pour aller au-delà de cette considération psychologique, penchons-nous plutôt sur le véritable problème.

Aujourd’hui, les compagnies aériennes cherchent tous les moyens possibles pour attirer des clients dans une conjoncture difficile et on se demande parfois si les prises de positions extrêmes ne vont pas à l’encontre de leur démarche de marketing. On a vu une compagnie du Pacifique décidant de faire payer le prix du billet au poids de passager. Que ne va-t-on pas chercher!

Tout ceci est le fait de deux considérations essentielles : le passager qui a de l’argent et qui dicte sa loi à la compagnie et, dans un domaine tout différent, le personnel de bord qui, sous le couvert du mot magique de « security » va justifier sa soif de petit pouvoir sur les passagers en dictant des règles qui n’ont été inscrites nulle part.

Dans le premier cas, il semblerait qu’il s’agisse d’attirer les passagers à forte contribution, ceux qui payent le prix fort et voyagent dans les classes supérieures. Bon, d’accord, mais que faire quand un émir du Golfe décide de voyager avec sa smala en première classe ? Je vous jure que si la compagnie aérienne refuse ses enfants vous allez assister à un scandale ! Donc, deux poids, deux mesures.

Et puis, si un voyageur de business class ne supporte pas les enfants quand il est en voyage d’affaires, verra-t-il les choses de la même manière quand il partira en vacances avec ses propres enfants ?

Dans le second cas, on assiste parfois à un personnel de bord qui ne voudra en aucun cas que son service soit dérangé et aura perdu le vrai sens de son métier, à savoir le bien-être des passagers, y compris celui des enfants.

Certains transporteurs aérien n’ont fichtrement rien compris…

A  contre-courant, on a vu Japan Airlines lancer une publicité s’affichant comme « l’amie des familles » qui prévoit un service spécial pour les enfants et leurs accompagnants dans les premières rangées de l’appareil. Nombreux sont les passagers qui garderont en mémoire les consignes de sécurité de la turque Pegasus Airlines dans un petit film ayant pour acteurs et actrices des enfants déguisés en pilotes et hôtesses sur le thème : « Nous sommes une grande famille ». Drôle, sympa et tellement détendant au moment du décollage !

Je pars

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