Lettre ouverte d’un Tchadien à Marianne


Brighton & Hove, le 28 octobre 2022

Chère Marianne,

Vous représentez la plus noble incarnation de ce que la République française porte comme valeurs. Je sais que vous régnez sur la France, mais ne la gouvernez pas. Je sais aussi que les présidents qui la régissent pour vous ne vous informent pas toujours de ce qu’ils accomplissent en votre nom dans les contrées lointaines.

Monsieur Emmanuel Macron, votre homme-à-tout-faire en titre, ne déroge pas à la règle établie par ses prédécesseurs.

C’est pourquoi je me permets de vous adresser cette lettre avec l’espoir que la prodigieuse toile planétaire vous la fera parvenir. J’estime que les événements qui ensanglantent en ce moment même le cœur de l’Afrique méritent votre attention.

Je suis Tchadien. J’aime les mots et j’en ai désormais faits mon métier. Je ne connais pas de meilleures armes pour changer notre condition d’être vivant et pensant. Pour m’assurer d’entrée votre bienveillance, j’aurais pu invoquer des arguments que j’ai déjà servis : « Je suis un descendant direct d’un de ces tirailleurs sénégalais qui ont donné leur sang pour la France durant la Seconde Guerre mondiale » ou encore « La France, berceau des Droits de l’Homme doit en être la garante partout où la personne humaine est piétinée ». Mais je n’en ferai rien. Je suis lassé de ce recours au sentimentalisme qui ne reçoit en boomerang que condescendance, indifférence ou mépris.

Je sais votre temps précieux. Allons donc droit au but.

A la mort du Maréchal Idriss Déby Itno après plus de 30 ans au pouvoir au Tchad, le président Emmanuel Macron s’est précipité à Ndjamena le 23 avril 2021 pour cautionner le coup d’État que venait de perpétrer l’un des fils du défunt, le général Mahamat Déby alias Kaka. Il l’a adoubé, puis installé en votre nom sur le trône encore chaud de son père. Depuis, les partisans du nouveau raïs tchadien et Kaka lui-même croient dur comme fer qu’il tient son pouvoir de Dieu en Personne. Certes Emmanuel Macron se prend à l’occasion pour Jupiter, ce dieu païen relégué désormais au musée. Mais de là à le prendre pour le Tout-Puissant …

C’est vrai que, comme ses prédécesseurs, le locataire actuel du palais de l’Élysée n’a pas été élu par les Tchadiens. Il a été choisi par les Français pour défendre leurs intérêts. Comme tous les présidents français successifs, il a sans doute fait sienne la fameuse prophétie prêtée au général français Charles Mangin (1) en pleine « course au clocher (2) » à la fin du 19ème siècle : « Qui tient le Tchad, tient l’Afrique. » En allant soutenir une dévolution dynastique du pouvoir à Ndjamena, Emmanuel Macron n’a donc fait que servir ce qu’il croit être les desseins supérieurs de votre pays. Les esprits cyniques diront: « Bah, c’est de bonne guerre. Les Tchadiens n’avaient qu’à … »

Mais c’est vite oublier que la Macronie, la France de Macron, entretient une puissante base militaire à Ndjamena. Un corps expéditionnaire pléthorique utilise ce bastion comme un véritable mirador du haut duquel il surveille le prétendu pré-carré africain de la France et bien au-delà. Il a coutume de faire et défaire les potentats tchadiens.

Je ne citerai que deux exemples notoires pour étayer mon propos. C’est avec l’aide des soldats de cette tour de contrôle que Hissène Habré a pu déloger le général Félix Malloum du fauteuil présidentiel en 1979. C’est aussi avec la connivence des mêmes qu’un de vos sujets, agent de la DGSE (3) en mission commandée, Paul Fontbonne, a chaperonné Déby père dans les maquis avant de l’imposer à la tête du Tchad en 1990.

Depuis lors, ce corps expéditionnaire français au Tchad ne cesse de se renforcer au nom de la lutte contre le djihadisme.

Chère Marianne,

Les faits suivants n’ont certainement pas été portés à votre connaissance. Au-delà de l’assassinat du colonel Mouammar Kadhafi, c’est la démolition planifiée, méthodique et systématique de l’État libyen en 2011 qui a créé les conditions propices à l’expansion de l’islamisme armé en Afrique subsaharienne. Aujourd’hui, cet activisme meurtrier ravage des contrées entières dans un triangle dont les sommets respectifs sont Dakar, Djibouti et Durban.

Or quelles sont les deux principales puissances militaro-financières qui ont ourdi, puis perpétré l’agression responsable d’avoir décapité le pouvoir de Tripoli et ouvert ses arsenaux à tout vent ?… Le Qatar, grand bailleur de fonds des Frères Musulmans, et la … France, fille aînée des Lumières et berceau autoproclamé des Droits de l’Homme.

Ce n’est donc pas un hasard si l’on retrouve le même tandem à l’œuvre au Tchad dès après le décès brutal et dans des circonstances obscures du Maréchal Idriss Déby Itno (on ne change pas une équipe qui gagne, diraient certains). Sur ce nouveau front, la France et le Qatar s’activent à consolider l’assise politico-militaire de leur poulain local, le général Mahamat Déby.

Le riche émirat met généreusement à disposition le surplus de ses dividendes gaziers, l’Hexagone ses tentaculaires réseaux notamment françafricains. Et la coalition franco-qatarie organise à Doha une conférence (4) réunissant d’hétéroclites organisations politico-militaires tchadiennes, quelques-unes créées à la va-vite pour que leurs membres aient droit à d’alléchantes indemnités journalières et monnayent leurs bulletins sur les décisions qui seront mises au vote.

A l’issue de cette palabre de 5 mois encadrée par le Qatar, la plupart des participants se retrouvent à Ndjamena à l’enseigne d’un soi-disant « Dialogue National Inclusif et Souverain » (5), en abrégé DNIS. Au lieu d’avoir des discussions franches, responsables, inventives et audacieuses, de profiter de cette exceptionnelle mise en commun des intelligences pour élaborer de nouvelles et solides bases pour la reconstruction du Tchad, ils se constituent en vulgaire chambre d’enregistrement, récitent les dogmes qui leur ont été inculqués à Doha et avalisent toutes les résolutions favorables à la pérennisation du général Mahamat Déby à la magistrature suprême. Ils avaient à leur agenda trois points déterminants pour l’avenir du pays. Ils les ont tous escamotés l’un après l’autre.

Premièrement. Loin d’organiser la fin du régime de transition et le retour des généraux putschistes dans les casernes, ils ont décidé de maintenir l’essentiel des institutions en l’état pour deux ans. Pompon sur la chéchia, ils ont accordé en prime à Mahamat Déby leur bénédiction pour endosser des habits civils, organiser les prochaines élections présidentielles et les remporter bien évidemment. Selon la fameuse formule françafricaine attribuée au franc-parler de l’inénarrable président gabonais, feu Omar Bongo Ondimba : «Il faudrait être bête pour organiser des élections et les perdre.»

Deuxièmement. Ils ont préféré continuer à se gargariser du mantra éculé de l’ «État unitaire fortement décentralisé» plutôt que d’envisager hardiment la solution fédérale, seule voie susceptible de réduire la répartition inique du pouvoir et des ressources communes entre les divers peuples composant la nation tchadienne.

Troisièmement. La dernière question est la plus vitale pour la cohésion nationale. C’est la réforme de l’armée pour qu’elle soit représentative des diversités ethniques et confessionnelles du pays. Et cela n’a tout simplement pas été débattu.

A l’ouverture de ces assises dites DNIS à Ndjamena le 20 août 2022, j’ai confié à plusieurs proches que les opportunistes de tout poil qui s’y pressaient s’apprêtaient à «ensemencer le terreau des guerres civiles tchadiennes des 30 prochaines années». Ces assises se sont achevées le 8 octobre 2022. Et douze jours seulement après sont tombées les premières victimes de ce qui aurait dû être un Dialogue National Inclusif et Souverain, mais qui s’est avéré être un Dialogue National Inflammable et Suicidaire.

En effet, des marches pacifiques sont organisées le jeudi 20 octobre 2022 dans plusieurs villes tchadiennes pour protester contre la prolongation du régime de transition en rupture totale de l’engagement initial des généraux putschistes. Des sicaires du régime militaire ouvrent le feu sur la foule et font plus de 200 morts, des centaines de blessés et de disparus. Et à l’heure où j’écris ces lignes, arrestations, enlèvements, déportations vers des destinations inconnues et exécutions extrajudiciaires se poursuivent. De plus en plus de cadavres dérivent sur les eaux des fleuves Chari et Logone.

Chère Marianne,

Toute cette boucherie se passe au vu et au su des radars pourtant sophistiqués qui sont déployés en votre nom à Ndjamena. Il n’y a pas de preuve formelle que les soldats français stationnés sur place prêtent directement main forte aux gestapos locales. Toutefois, par les échanges de renseignements avec leurs homologues tchadiens, ils sont immanquablement engagés dans cette répression sauvage. Du reste, la presse hexagonale s’en fait largement l’écho ces jours-ci : c’est grâce aux données cartographiques fournies par l’Institut Géographique National, établissement public français, que les snipers de Mahamat Déby ont pu choisir les meilleures positions urbaines pour «canarder» les manifestants.

En conséquence, le rejet ouvert de la France de Macron, qui s’exprime de plus en plus dans la jeunesse africaine, trouve un mobile supplémentaire dans les tueries en cours au Tchad.

Chère Marianne,

Je crains cependant que le pire ne soit à venir.
La junte au pouvoir à Ndjamena a besoin pour se maintenir de promouvoir le chaos. Alors elle organise aux frais de l’État des campagnes de désinformation visant à jeter les populations tchadiennes les unes contre les autres sur des critères ethniques et confessionnels.

Cette montée en puissance de la propagande haineuse et des répressions massives, ces corps qui dérivent le long des cours d’eau ne vous rappellent-ils pas une autre tragédie survenue en terre africaine ?

Je me souviendrai toujours de l’horreur qui vous a saisie, Marianne, quand vous avez découvert qu’en votre nom, votre homme-à-tout-faire de l’époque, François Mitterrand, a activement soutenu jusqu’au bout le régime génocidaire du Rwanda. Il aurait même confié à l’un de ses proches ces paroles écœurantes de monstruosité au moment des faits : « Dans ces pays-là, un génocide n’est pas trop important (6 )».

Toujours est-il qu’au Rwanda, la folie meurtrière qui s’est déchaînée à partir du 7 avril 1994 n’était pas spontanée. Elle a été l’aboutissement d’une série de carnages annonciateurs. Sans remonter dans la nuit coloniale et sauf erreur, ces signes avant- coureurs se sont produits respectivement en 1959, en 1963 et en 1972. Le monde a regardé ailleurs à chaque fois jusqu’à l’épouvantable éruption qui durera 3 mois, sera suivie en direct par les médias internationaux et fera 1 million de victimes.

Chère Marianne,

Il est à redouter que le même processus se dessine aujourd’hui sous le règne dynastique des Déby. Car au Tchad, ce ne sont pas des machettes qui se distribuent au faciès mais des kalachnikovs. L’armée n’y a de « nationale » que le nom. Elle recrute essentiellement dans l’ethnie du défunt Maréchal les éléments de ses troupes d’élite, celles disposant de la plus grande puissance de feu. D’autre part, de nombreux partisans civils de la junte sont pourvus d’armes de guerre et ne se privent pas de s’en servir à tout bout de champ, y compris pour régler des problèmes privés.

En l’occurrence, les conflits entre agriculteurs et éleveurs qui laissent régulièrement les premiers criblés de balles en rase campagne le prouvent à suffisance. Leur récurrence croissante traduit bien la montée des périls.

L’Armée Tchadienne compte plus de 500 généraux. Ils sont alléchés par les somptueux revenus que rapporte le cheptel bovin. Aussi possèdent-ils d’immenses troupeaux de zébus qui transhument au gré des saisons. Ils auraient été des éleveurs parfaitement heureux, n’eût été le réchauffement climatique qui raréfie les pâturages. Alors ils dotent leurs bouviers de mitraillettes et d’une garantie d’impunité absolue. Ainsi équipés, ces derniers emmènent carrément leurs ruminants se régaler de jeunes pousses dans les plantations céréalières des paysans. Pour peu que les laboureurs protestent, il s’ensuit généralement une escalade verbale qui se termine par un bain de sang. Fusils automatiques contre sagaies ou couteaux de jet! Il est facile de savoir quel camp déplore le plus de morts à l’issue de l’affrontement. Et il ne faut bien sûr pas compter sur les tribunaux pour rendre justice aux victimes. Les pasteurs autant que leurs patrons appartiennent à une caste placée au-dessus de la loi commune au Tchad.

Chère Marianne,

Depuis que les Déby gèrent le Tchad de père en fils, mon pays natal subit un déni total de toutes les valeurs que vous inscrivez en lettres dorées au fronton des édifices officiels de la République Française: Liberté-Égalité-Fraternité. Et votre homme-à-tout-faire de l’heure semble fort bien s’en accommoder. A court terme, la Macronie en tirera certainement profit. Mais à long terme, vous-même Marianne, y perdrez votre prestige de figure emblématique de l’Hexagone et de gardienne de l’héritage des Lumières. Au Tchad, vous jouez votre rayonnement universel.

Déjà la jeunesse africaine de Dakar à Djibouti et du Caire au Cap de Bonne-Espérance vous fait de moins en moins confiance. Elle se détourne de vous parce que les locataires successifs de l’Élysée lui ont fait avaler trop de couleuvres en votre nom. Elle n’accepte plus que la présidence française condamne vertement un coup d’Etat à Bamako ou à Conakry et soutienne la même forfaiture militaire à Ndjamena. Elle ne supporte plus cette « France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques7 ».

Une Afrique nouvelle s’est mise en marche pour plus de droit, de démocratie et de dignité. Et qui mieux que Monsieur Emmanuel Macron devrait saisir la force symbolique de la marche, lui qui a été porté à son trône jupitérien par des « marcheurs » justement ?

Chère Marianne,

Vous vous demandez certainement ce que j’attends de vous.
Rien, à part le temps que vous avez consacré à me lire jusqu’au bout, ce dont je vous suis reconnaissant. Vous ne pourrez plus dire s’agissant de la tragédie en cours au Tchad «Je ne savais pas» ou «On ne m’a appris cela qu’après coup».

S’agissant de la Françafrique si chère à la Macronie, l’Afrique des Peuples, que tisse quotidiennement la jeunesse africaine, s’en charge déjà elle-même. Elle veillera donc à ce que les martyrs tombés au Tchad depuis ce 20 octobre 2022 ne soient pas « morts cadeau ».

Hum! Même si l’avenir de votre langue maternelle s’enracine de plus en plus en Afrique subsaharienne, je doute que cette expression fasse déjà partie de votre lexique. «Mourir cadeau», c’est mourir pour rien.

Chère Marianne,

Je vous remercie de votre attention. Je n’espère aucune réponse de votre part et vous adresse mes respectueuses salutations.

Nétonon Noël Ndjékéry, écrivain. Dernier ouvrage paru : « Il n’y a pas d’arc-en-ciel au Paradis », éditions Hélice Hélas, 2022.

1) Marie Emmanuel de ses autres prénoms (06.07.1866 – 12.05.1925)
2) Ou «course aux colonies» désigne la féroce compétition à laquelle se sont livrées les puissances impériales européennes pour conquérir le plus de territoires possibles en Afrique après la conférence de Berlin de 1884- 1885.
3) Direction Générale de la Sécurité Extérieure, service de renseignement français.
4) Du 13 mars au 8 août 2022.
5) Du 20 août au 8 octobre 2022.
6) Selon le journaliste Patrick de Saint-Exupéry du quotidien Le Figaro.
7) «Oui Seigneur, pardonne à la France qui dit bien la voie droite et chemine par les sentiers obliques», Hosties noires, Prières de paix, Léopold Sédar Senghor (1948).

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4 Responses to “Lettre ouverte d’un Tchadien à Marianne”

  1. Avatar photo
    Sima Dakkus 29 octobre 2022 at 16:41 #

    Cher Noël,

    Je peux ressentir ton beau texte, d’autant plus que j’ai mal à mon Afghanistan dans la mesure d’une situation quasiment apocalyptique et d’un abandon international. Ce n’est certes que le reflet de la douleur qui m’empoigne au constat de l’état de notre monde.

    Ton livre « Il n’y a pas d’arc-en-ciel au paradis » – éd. Hélice Hélas, est aussi ce que la littérature peut faire pour défier l’indignité de l’oubli.

    Bravo et merci de ta Lettre à Marianne, et à Christian Campiche pour l’avoir publiée.

    Amitiés

    Sima

    • Nétonon Noël Ndjékéry 31 octobre 2022 at 11:13 #

      Chère Sima,

      Merci pour ta fidèle amitié !

      Les mécanismes déséquilibrés qui sont mis en œuvre à travers le monde par les uns pour siphonner les richesses des autres sont les mêmes sous tous les cieux. Ce sont les mêmes machines qui broient rêves et vies en Afghanistan, en Côte d’Ivoire , au Tchad et partout où des humains sont affamés pour permettre à certains de leurs semblables d’envoyer le tiers des vivres qu’ils achètent droit à la poubelle. Et pour protéger ce système, des guerres sont suscitées et entretenues pour occuper les peuples autochtones tandis que des multinationales pillent leurs ressources. Nous n’avons pas fini de nous mobiliser contre cette aberration …

      Bien cordialement.

  2. Idriss Fofana 29 octobre 2022 at 19:56 #

    Cher ami Noël
    Que dire ? Merci pour le Tchad et pour l’Afrique.
    Au lendemain de ce dernier crime de masse commis avec la complicité des autorités du pays de Marianne, je m’étais aussi adressé à Jupiter via un très court message de dénonciation sur un réseau social.
    La roue de l’histoire de la vraie indépendance Africaine tourne; il est grand temps que Jupiter l’emmanuel de la macronie la comprenne, dans leurs propres intérêts. Car ce que la jeunesse Africaine réalise aujourd’hui, n’est rien à côté de ce qu’elle fera dans les années qui arrivent pour briser ses chaines s’il n’y a pas de changement radical.
    La lutte continue,
    On est ensemble;
    Je partage ton message à travers mon réseau.

  3. Christophe Dind 9 novembre 2022 at 13:23 #

    Tristesse, consternation et inquiétude sont les mots qui me viennent à la lecture de cette implacable et nécessaire synthèse de la situation au Tchad…

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