Alexandre a aimé…


Si vous séjournez à Schaffouse, visitez la région ou venez voir les célèbres chutes du Rhin, je vous invite à voir ‘Guerre et paix’, la grande fresque de 5 métres sur 12 de l’extraordinaire peintre allemand Otto Dix (1891 – 1969) dans la salle des délibérations de l’Hôtel de ville de Singen (DE) – à 18 minutes en train de Schaffouse.

Après Goya et ‘Los Desastres de la guerra’, suite de quatre-vingt gravures de 1810-1815, je pense que ‘Der Krieg’, suite de cinquante eaux-fortes d’Otto Dix, publiée en 1924, reste le témoignage le plus radical et le plus impitoyable de toute guerre.

Otto Dix s’engagea, comme les grands peintres germaniques Franz Marc (1880 – 1916, à Braquis/Verdun), August Macke (1887 – 1914, en Champagne) et l’Autrichien Oskar Kokoschka (1886 – 1980), volontairement – la fleur au fusil ? – dans la grande boucherie de 1914 -1918.

… “De novembre 1915 à décembre 1916, Dix connaît le front de Champagne, les tranchées de l’Artois, il participe à deux batailles sur la Somme” …

Dans l’ouvrage ‘Otto Dix, Lettres et dessins, de 2010, chez Sulliver, dans la présentation et traduction de Catherine Teissier, il dit, dans une interview de 1961 : “La guerre ( voir son célèbre triptyque ‘La Guerre’ qui est à Dresde) a quelque chose de bestial ; la faim, les poux, la boue, ces bruits d’enfer. Tout est vraiment différent. C’est que, voyez-vous, j’ai eu l’impression, en voyant les tableaux du passé, qu’une partie de la réalité n’avait jamais été représentée, le laid. La guerre est une affaire monstrueuse, mais malgré tout quelque chose de puissant. Il ne fallait en aucun cas que je manque cela ! Il faut avoir vu l’homme dans cet état déchaîné pour savoir quelque chose de l’homme.”

Dès 1932, Otto dix, dit “artiste dégénéré”, est persécuté par les nazis ; en 1937, 260 de ses oeuvres disparaissent des musées allemands.

Deux oeuvres, “Mutilés de guerre” et “La Tranchée”, sont exposées dans une exposition d’ “Art dégénéré” à Dresde et considérées comme pièces maîtresses.

Il échappe, de justesse, aux fourches caudines de la Gestapo.

” En 1944, Dix est enrôlé dans le Volkssturm, et part sur le front de l’Ouest. Une nouvelle fois, il fait l’expérience de la guerre, les lettres et cartes postales qu’il envoie alors à sa famille résonnent étrangement avec celles de 1914 – 1918.”

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