Dans une eau qui enveloppe,
Qui enveloppe les fondements endormis.
Endormis sous un chapelet de nuages,
Nuages moutonniers qui se penchent,
Qui s’y penchent pour mieux voir,
Voir dans l’axe des souvenirs.
Souvenirs noyés mais qui grimpent,
Qui grimpent le long des murs
Murs habités par les houles
Houles inscrites dans les habitudes.
Les habitudes d’une flottaison entre-deux.
Un entre-deux qui signe le temps
Un temps pour décliner avec soin
Les cicatrices de l’Histoire.
Histoire sérénissime
Sérénissime mais peu sereine
Peu sereine jusqu’aux secrets
Secrets inavoués ou revendiqués
Au bon vouloir
D’une élégance distincte
Distincte mais obstinée
Obstination inégalement appréhendable
Par-delà ces profondeurs
Si ce n’est en ravivant
En ravivant le cycle balisé
Balisé par un sortilège ramifié
Ramifié d’un porche à l’autre,
Pour naviguer vers quelque voisin témoin,
Témoin embarqué à la même enseigne,
Enseigne dévoilée qui résonne doucement.
D’une résonance immersive,
Qui s’immerge et nous immerge
Dans le songe encore tangible,
Qu’on veut bien encore et encore,
Nommer Venise.
Santo Cappon, poème et illustration (aquarelle)



La reprise du même mot crée une résonance, comme l’ écho des activités humaines proches et lointaines, captif entre les murs des palais, ondoyant sur l’ eau émeraude des canaux. Le chant du poète à cette Venise encore debout révèle la nature éphémère de sa beauté unique oscillant au bord de l’ abîme.