Trump n’a pas besoin de conquérir le Groenland par les armes, voire même de l’acheter, il est déjà chez lui! Du moins partiellement. Un accord conclu en 1951 avec le Danemark en est la raison, rappelle le New York Times dans un excellent article.
On est alors au début de la guerre froide, les Etats-Unis ne font que tirer les dividendes de la libération de l’Europe après leur victoire contre l’Allemagne nazie. L’arrangement prévoit en gros qu’il peuvent installer des bases sur l’île là où ils veulent, du moment qu’ils en informent Copenhague, capitale du pays qui colonisa le Groenland il y a plus de 300 ans.
Le journal s’interroge donc sur les raisons réelles de la tension actuelle. En 2004, l’accord a certes été adapté au nouveau statut du Groenland, auquel le Danemark a octroyé une souveraineté relative. L’immense territoire potentiellement riche en matières premières dispose depuis d’un gouvernement et d’un droit de regard sur les projets de Washington, comme ceux de Copenhague. Le lecteur comprend donc entre les lignes que les habitants de l’île font des déclarations tonitruantes de Donald Trump une question de légitime de fierté. Il est d’ailleurs indéniable qu’ils s’opposeraient catégoriquement à une mainmise américaine.
Toutefois, Peter Ernstved Rasmussen, un analyste en stratégie militaire danois cité par le journal américain, estime qu’en pratique, le Groenland ne dirait pas non à une proposition américaine telle que la construction d’une piste d’atterrissage ou d’un port maritime, dans la mesure où il s’agirait d’une demande « raisonnable ». Il ajoute:
Les Groenlandais sont des gens raisonnables et pragmatiques, ils sont disposés à faire des affaires avec n’importe qui.

