Force de Vie (26) – Témoigner de l’amour que l’on porte à l’autre, mais surtout ne jamais s’oublier, soi et l’amour que l’on se porte

La Saint Valentin célèbre tous les ans les amoureux et leur donne l’opportunité de témoigner de l’amour que l’on porte à l’autre ! Dans le monde anglo-saxon, l’enthousiasme aidant, l’on peut ouvrir ses vœux à tous ceux qui vous entourent, y c. la boulangère à laquelle je souris tous les jours… Heureusement qu’il n’y a personne pour interférer avec ce désir de partager un petit moment de bonheur : ne sommes-nous pas sur cette terre pour s’aimer l’un, l’autre ?

La fameuse étude de Harvard, probablement la plus longue puisqu’elle dure depuis bientôt un siècle, nous résume le bonheur en un seul élément fondamental : la relation humaine… Les chercheurs se sont succédés dont Robert Waldinger qui l’a publié sous un titre qui sera conservé dans sa version française: the good life! Tout un programme parfaitement résumé à la suite de grands maîtres venus sur cette terre pour affirmer qu’il faut s’aimer soi et l’autre.

Qui met-on dans sa sphère intime?

Robin Dunbar, anthropologue britannique, avait sorti une étude en 1992 où il émettait l’idée que l’on ne pouvait avoir plus de 150 amis environ mais alors que veut dire le mot ‘friends’ dans les réseaux sociaux? Imaginez que vous êtes le centre de votre système solaire et que vous en êtes la lumière qui rayonne, votre première sphère d’influence sont vos intimes, puis vos proches, puis ces fameux amis, avant d’ouvrir aux connaissances, utilitaires et contacts !

Alors qui met-on dans la sphère intime : sa meilleure moitié, pour sûr, si l’on a la chance d’en avoir une, mais aussi ceux que l’on aime plus que tout. Certains diront la famille même si l’on ne la choisit pas, s’amuseront d’autres, en ajoutant encore moins sa belle-famille. Et puis, il y a l’intergénérationnel, sa propre descendance et la tribu que l’on assemble dans le temps, et finalement quelques éléments-clés glanés dans sa vie et qui, on peut l’espérer, sont stables !

Agapè, philos, eros!

Mais qu’est-ce qu’aimer ? Les grecs parlaient de trois niveaux : agapè, philos, éros ! Agapè, c’est l’amour inconditionnel que l’on porte avec attention toute particulière au souffle de vie que nous donne l’autre, tout particulièrement amoureux. Philos, c’est l’amour platonique que définit justement le nombre de Dunbar: les amis stables que l’on désire entretenir. Puis, nul besoin de décrire l’éros puisque les nouvelles générations sont assez explicites: sexfriend…

Si l’homme est un animal social, le psychologue humaniste Abraham Maslow, décrit dans sa pyramide des besoins, le niveau central comme étant l’appartenance qui se nourrit de nos sphères. Tout le monde connait la marguerite : je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie, pas du tout. Gilles Vigneau et son doux chagrin dit qu’il est difficile d’aimer ; Céline Dion interprète brillamment le titre connu de Jean-Jacques Goldman: s’il suffisait d’aimer !

Dans la vie, on sait qu’il est impossible de changer l’autre qui ne peut le faire que lui-même. Si nous évoluons tous au gré des expériences et des connaissances, nos sphères changent et l’on peut être satellisé ou, soi-même, satelliser quelqu’un, car il n’a plus sa place, jusque retour à meilleure fortune suite à quelque explication, ou abandon définitif par rejet ou oubli. C’est le chemin de vie et ses surprises qu’il faut accepter sans se mettre de boulets au pied.

Oser le renouveau

D’un côté, on ne doit pas donner de faux espoirs, de l’autre, il ne faut pas être berné par des indications contradictoires. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît point, nous disait Blaise Pascal qui faisait référence aux multi-intelligences allant de la raison au sentiment et à l’intuition. Attention à ne pas tout raisonner par logique pure, surtout quand il s’agit d’aimer. Oser se laisser bercer par des propos enthousiasmants, tout en conservant l’esprit critique !

On ne peut vivre de superficialité sauf d’être un zombie perdu dans la théorie de l’absurde. Bien choisir ses amis, je parle des 150 stables des 3 premières sphères : intime, proche et amical. Savoir qu’ils peuvent évoluer au cours de la vie. Accepter que certains s’accrochent tel Serge Reggiani qui nous chante son j’t’aimerais. Oser le renouveau avec l’être qui passe son chemin, tenter l’impossible. Surtout, ne jamais s’oublier, soi et l’amour que l’on se porte.

©Martin de Waziers

Aimer nourrit nos sphères d’influence. Photo@MW

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