Transmettre, ce n’est pas que du bonheur, c’est un acte d’amour ! Car, si la famille est pilier de société, c’est d’abord là que se joue la transmission. Avant, on parlait tradition avec une connotation péjorative, parfois militaire de nature. La réalité est que ce mot vient du latin tradere ou traduire, mot qui comporte 3 éléments : recevoir, interpréter, transmettre. Chaque génération a sa liberté et permet d’accompagner dignement, ‘puisque tu pars’ (JJGoldman) !
Un autre élément important est qu’il ne s’agit pas de la seule succession où l’on ne peut voir qu’une rupture par passage de témoin alors que transmettre est un acte continu qui va suivre la phase d’éducation initiale et permettre un flux permanent, toute la vie durant. Succession est souvent synonyme de conflit alors que transmission est amour, c’est aider à traverser avec un effet miroir où l’on montre une façon de faire et l’on accompagne généreusement.
Les extrémismes ont accueilli les laissés-pour-compte
L’hyper-matérialisme comme seul pilier, quelle erreur ! Au-delà des gênes qui font que l’on ne pourra jamais renier ses aïeux, tout particulièrement parents et grands-parents, transmettre c’est partager l’histoire, la culture et la spiritualité qui elle-même s’est organisée en religions. Ces dernières nous ont livré une morale, une éthique, des valeurs, parfois abandonnées dans l’hypermodernité, ce qui n’empêche pas les familles de créer leur propre système.
Si le monde est dévoyé en ce 21ème s., c’est qu’il a, d’un côté, perdu ses racines et repères, et, de l’autre, délégué, trop facilement, à autrui, la tâche ardue de transmettre en famille. On est alors tombé dans l’excès inverse des abus tant physique, psychologique que spirituel et, plutôt que de chercher à reprendre la responsabilité parentale, on a lénifié les générations, les extrémismes ont accueilli les laissés-pour-compte.
Ce que disent les grands maîtres
La transmission, si elle est comprise comme un outil de plus pour parfaire les fondements de l’individu, doit s’appuyer sur parents et grands-parents, et, en complémentarité, sur des activités externes qu’elles soient sportives, instructives ou humanitaires. La priorité est aux premiers, même si imparfaits (Peyrac, et mon père) au risque, sinon, de voir l’individu être influencé par des courants délétères que nous avons vu se développer ces dernières décennies !
Individualisme plutôt qu’identité, productivisme plutôt qu’être, nivellement par le bas plutôt qu’élévation spirituelle et esprit critique, n’y-a-il pas perte de sens, direction et motif dans le monde aujourd’hui ? N’y-a-t-il pas une peur généralisée de l’avenir alors que son antidote, l’amour, nous a été signifié par tous les grands maîtres qui se sont succédé sur cette terre ? Une œuvre a toujours plusieurs dimensions, l’on doit se nourrir de toutes les transmissions !
Les cycles de vie, rites de passage et autres structures faîtières ont été vilipendées, non par seul manque de temps dans l’affairisme actuel, mais aussi par rejet catégorique de ce qui pouvait faire vieillot ! Les dirigeants, sous prétexte d’évolution, ont renforcé des assistanats favorisant la soumission et n’ont eu cesse que de casser la famille comme pilier de société, le tout sous prétexte qu’ils avaient l’information concrète ou la révélation divine… Résultat ?
De Gaulle au cinéma
Pourquoi donc de grands hommes de l’histoire de l’humanité sont-ils à nouveau à l’honneur comme la saga ‘De Gaulle’ au cinéma ou l’année jubilaire de François d’Assise ? Serait-ce lié au besoin fondamental de paix, d’amour et de joie, que nous avons aujourd’hui ? Les va-t-en-guerre vont-ils succomber aux coups de butoir d’un peuple fatigué par la course effrénée de l’hypermodernité ? Peut-on rêver d’un monde meilleur sous le sigle connu Pace&Bene ?
Cela s’appellerait-il retour aux sources, partage des souvenirs, synthèse des apprentissages afin de permettre à la transmission naturelle, y c. de bouche à oreille, en face-à-face, de se faire en douceur. JJGoldman chante merveilleusement ‘envole-moi, remplis ma tête d’autres horizons’ car il faut aussi rêver pour s’élever, progresser, apprendre afin de transmettre, soi-même, aux suivants avec patience dans la paix, l’amour, la joie dont nous aurons bénéficié.
* Entrepreneur, expert en relation humaine à Bruxelles, Gruyères et Paris.



