Créée en 1985 par un groupe de personnalités genevoises, l’Organisation mondiale contre la torture, l’OMCT, poursuit une noble mission. Mais elle le fait relativement dans l’ombre, sans tambour ni trompettes. Le changement à la tête de son secrétariat général au début du mois n’a pratiquement pas été relayé dans les médias. Stéphanie David, juriste au parcours éminent dans les droits humains, remplace Gerald Staberock, qui a exercé cette fonction haut la main pendant 16 ans. Dans un message aux donateurs écrit le 13 juillet 2026, ce dernier trace un bilan décennal des réalisations de l’OMCT:
Depuis 2017, plus de 1000 victimes de torture et de mauvais traitements dans 43 pays ont reçu une assistance juridique, matérielle ou médicale grâce à notre action. Depuis 2020, 448 défenseur.es des droits humains ont été libéré.es à la suite de nos interventions et celles de nos partenaires. Chaque année, nous contribuons également à faire sortir de prison une cinquantaine d’enfants, afin qu’ils retrouvent leur famille ou bénéficient de mesures alternatives à la détention.
L’ancien secrétaire général relève combien « les droits humains sont remis en cause dans de nombreuses régions du monde ». Ce n’est pas pour rien que l’OMCT publie pour la deuxième année consécutive un indice mondial sur la torture, couvrant pour l’instant 39 pays, avec l’objectif de l’étendre à 100 pays d’ici 2030. infoméduse a posé le curseur sur les zones teintées en fonction de la gravité du risque. Et sa surprise ne fut pas moindre en découvrant la situation en France, pays disposant d’un « dispositif formel étendu » en matière de droits de l’homme, mais qui « présente des défaillances structurelles persistantes en ce qui concerne la prévention de la torture et des mauvais traitements ».
Le dossier de l’indice mondial sera-t-il l’un des premiers qu’empoignera François-Noël Buffet? Le hasard veut que le tout nouveau Défenseur des droits en France entre en action en même temps que Mme Stéphanie David.
Christian Campiche




Certes, mais les circonstances incluent souvent des contrôles de police, des refus d’obtempérer, des interventions auprès de personnes en détresse psychique, ou des opérations ciblant des suspects armés. Et malheureusement, le nombre de détraqués en liberté ou d’incivilités augmente chaque année…
Je me rends compte que mon commentaire ne correspond pas au titre de la chronique où il est question de torture. Explication : le lien « la situation en France » au sein du texte renvoie à des chiffres sur les violences policières. Et c’est donc bien à ces dernières que je fais allusion dans mon commentaire.