22, le cyclone IA arrive, prêt à tout balayer sur son passage! Dans « Le Temps », Michael Wade, professeur à l’IMD prend des accents prophétiques: il est minuit moins une! Aux Douze Coups, « les humains perdent le contrôle de leur destin ». Ah bon? L’Apocalypse est aux portes et que font nos braves gouvernants pendant ce temps? Y réfléchissent-ils seulement? Sérieuse ou pas, l’alerte mériterait au moins une étude, un rapport. Mais non, rien. Au contraire, partout on ne fait que vanter les mérites de l’intelligence artificielle. Viens, Robot, installe-toi, on discutera après!
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« Les Européens veulent-ils encore comprendre la Suisse? », titre Richard Wehrli dans le Blick. Le journal pourrait aussi poser la question: « Les Suisses veulent-ils encore comprendre l’Europe? ». La réponse est non, manifestement. Parce que les Suisses sentent intuitivement qu’un destin au sein de l’UE signifierait la fin de leur modèle. L’UE ne s’est jamais dotée d’une constitution fédérale susceptible d’intégrer harmonieusement les 26 pays réunis derrière l’étendard rouge à croix-blanche, le problème est seulement là. L’UE aurait pu le faire en 2005 mais Giscard n’en a pas voulu. Et puis pourquoi s’en faire, dans le fond, puisque le grand frère américain est content. Du moment que tout le monde vole en F-35.
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Dans infosperber Urs P. Gasche critique à juste titre l’utilisation du mot « Opérations » pour décrire une situation de guerre. Ce faisant, les médias tombent dans le piège de la propagande. « Opérations » atténue l’impact psychologique d’une réalité violente, telle que l’est une invasion ou une attaque, par exemple. Dans une logique similaire, votre serviteur s’est toujours élevé contre l’usage du terme « abattu », « exécuté », « éliminé », ou encore « neutralisé », s’agissant de la mort d’un être humain et non d’un animal enragé ou d’un insecte indésirable. « Tué » est déjà bien suffisant.
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De qui se fiche-t-on? D’un côté, Londres soutient la bouche en coeur le géant pétrolier italien Eni, actif dans le projet HyNet axé sur la décarbonation d’une zone industrielle du nord-ouest de l’Angleterre. De l’autre on sent cette même Angleterre brûler de donner un coup de main à son allié américain quand il s’agira de bombarder des structures pétrolières en Iran. L’une ou l’autre de ces plates-formes étant flottante, une jolie marée noire se profile à l’horizon. Faudra pas se plaindre du changement climatique à la prochaine COP.
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Le Centre d’impression Lausanne (CIL) à Bussigny affichant un taux d’occupation de 30% des machines seulement, le contexte de surcapacités est l’argument de Tamedia pour justifier la fermeture de l’établissement employant 70 personnes dans la banlieue de Lausanne. Les journaux romands du groupe zurichois seront imprimés à Berne. Ce que le responsable ne dit pas, c’est que Bussigny imprimait encore l’année dernière « 20 Minutes ». Trop facile!: on avance des surcapacités pour justifier la délocalisation, mais cette situation ne relève pas à proprement parler des lois du marché, elle n’est pas vraiment naturelle. En enlevant à Bussigny le plus fort tirage du groupe, on l’a créée de toutes pièces.
Christian Campiche


