– Vous n’avez pas froid ?
– Non, voyez-vous, on résiste, pour fleurir l’hiver
– Ah ça, résister pour fleurir, comment ça ?
– Secret de pétales…
– Toujours des secrets, et quand on questionne, c’est toujours les répondeurs…
– Nos répondeurs, à nous, c’est la lumière !
– Et, en hiver, quand y en a pas, alors quoi ?
– Alors, on fleurit et la lumière vient: comme ces fleurs bleues du romarin, dont le clin de pétale au ciel, égaye les chemins; et ces pâquerettes, aussi très coquettes, robes déplissées par le soleil, elles appellent Pâques et le printemps.
– Mais avec tout ça, le gèle rabougrit quand même tout.
– Mais non, ouvrez vos yeux et découvrez, en février, caché dans une haie très rabougrie, le cornouiller mâle, fleurit tout jaune et tout seul !
– Eh bien moi, sur ma terrasse, il n’y a plus que feuilles et fleurs noircis par le gel.
– Pourtant, le merle, pique et soulève le parterre de noirceurs et trouve le rose des vers !
– Je ne suis ni merle ni jardinier.
– La résistance au gel, fait aussi fleurir la rose de Noël, au grenat lumineux et toxique !
Trêve de discussion, depuis votre terrasse, les jardins voisins offrent les rideaux vert-clair, phosphorescents, des noisetiers, qui balancent leurs chatons-fleurs d’hiver:
La couleur de l’espérance.
Claire-Dominique



