Monsieur Bezos,
Je ne sais comment décrire les sentiments qui m’envahissent quand je pense au massacre que vous venez de perpétrer. J’avais placé un peu d’espoir en vous lorsque j’avais appris que vous vous étiez offert le Washington Post. Je me suis dit, naïvement sans doute, voilà un milliardaire qui fait bon usage de sa fortune. Je me suis lourdement trompé.
Bien qu’ayant commencé à douter de votre moralité lorsque l’on vous a vu flatter, – mais vous n’étiez pas seul – Donald Trump. C’est d’ailleurs à la suite de ces grossières flagorneries que vous avez fait «partir» la dessinatrice attitrée du Post, votre journal, qui avait pourtant eu le crayon très perspicace.
Venise et la First Lady
Vous ne vous êtes pas arrêté là, voilà que vous avez «acheté» Venise le temps d’y célébrer avec un sens de l’esbrouffe bling-bling, un mariage d’une rare insanité. Ça n’a fait qu’étaler votre arrogance et votre mauvais goût à la face du monde. Bref, je constate que ces derniers temps, vous avez donné des signes inquiétants d’inélégance qui auraient dû m’alerter.
Et puis, récemment, nous avons vu arriver le chef d’œuvre cinématographique – que vous avez entièrement financé – consacré à la First Lady qui a touché un cachet hollywoodien contribuant ainsi à enrichir encore davantage de manière honteuse et indécente le « ménage » Trump .
Non content de ces outrances, le plus grave de vos méfaits est survenu lorsque vous avez fait licencier brutalement 300 journalistes de la rédaction du Post. La correspondante du Post envoyée spéciale en Ukraine – mais elle n’est pas la seule, – a appris son licenciement immédiat par un texto reçu sur son téléphone portable.
La démocratie meurt dans l’ombre
Vos nuisances sont signées de votre brutalité et de votre mépris. Vous détruisez complaisamment un journal vieux de près de cent cinquante ans, un journal phare dont la devise était (hélas, on ne peut plus la citer désormais) Democracy Dies in Darkness (la démocratie meurt dans l’ombre).
Tout ça pour ne pas déplaire à un personnage dont vous avez, avec servilité, poli l’arrière-train. Le dégoût Monsieur Bezos, le dégoût, voilà ce que vous inspirez désormais et je ne peux que souhaiter qu’Amazon, votre entreprise qui a fait de vous un multimilliardaire outrancier, tout en détruisant le petit commerce dans le monde entier, soit dorénavant boycottée par les habitants des pays qui ont encore un peu de démocratie dans leurs usages.
L’Histoire Monsieur Bezos, l’Histoire vous jugera bien mieux que je ne puis le faire, mais ça sera beaucoup plus rude que mon petit constat, soyez-en sûr.
Marc Gabriel, Yverdon
(Écrit le 6 février 2026, garanti sans apport de l’IA)

