PAR CHRISTIAN CAMPICHE
Depuis quelques semaines les médias, jusque-là taiseux sur le sujet, se passent le mot. Ils relatent de long en large l’agonie de Cuba. Télévisés ou dans les pages des journaux, leurs reportages décrivent une situation dantesque sur l’île où règnent privations, pauvreté et police politique omniprésente. Deux millions de personnes auraient quitté Cuba au cours des dernières années. Difficile toutefois de trouver dans cette offre médiatique une analyse pointue sur l’origine du mal.
Autrefois haut lieu de savoir-faire médical et d’expérimentation agricole, Cuba semble avoir perdu soudainement les atouts qui lui valaient d’être cité en exemple. Pourquoi? Lâchage par ses appuis historiques, Russie et Chine, au nom du nouveau partage du monde? On ne parlera pas des sanctions auxquelles le régime castriste est soumis depuis son avènement, il y a près de 70 ans.
Informer ou légitimer une intervention?
Ce déferlement d’informations sur Cuba coïncide – ce n’est pas un hasard – avec la tentative d’ « arraisonnement » du Venezuela, territoire allié, par le ministre américain des Affaires étrangères et les pressions que Washington exerce simultanément sur gouvernement cubain pour le déstabiliser. Disons carrément: pour renverser le régime. L’objectif étant finalement d’éradiquer toute influence russe, mais d’abord chinoise de la région.
En traitant du climat de précarité et de surveillance que subissent les Cubains, les médias affirment vouloir remplir leur mission d’information. Mais, consciemment ou pas, ils préparent aussi en quelque sorte le terrain psychologique à une action extérieure. Finalement, l’opinion publique se dit qu’une telle intervention serait légitime, qu’elle soit armée, du style Baie des Cochons, ou larvée.
Loi de la jungle et cohérence médiatique
Les « bons », les « méchants », deux poids, deux mesures, une vision manichéenne des relations internationales. Les codes au rancart, la loi de la jungle. Dur d’intégrer cette réalité pour qui a vécu depuis 1945 dans l’idéal – même s’il fut toujours très imparfaitement appliqué – d’un ordre juridique, symbole d’une harmonie entre les nations.
Les médias dans tout ça? Leur problème est celui de la cohérence. D’un côté, ils s’émeuvent à juste tite des violations du droit international et tancent le président des Etats-Unis quand il menace d’envahir tel ou tel pays ou territoire. Mais de l’autre, en les inscrivant dans une logique de « solution » à une détresse économique et sociale, ces mêmes médias anticipent, quand ils ne les justifient pas implicitement, les grandes manoeuvres qui aboutissent à la mainmise sur ces Etats. En définitive, ils font le jeu de l’empereur qui redistribue les cartes dans le monde.


Merci de nous montrer l’incohérence des media publics! Seuls les journaux d’opinion comme Infoméduse peuvent, aujourd’hui, afficher autre que le politiquement correct ou le vent dominant. Ne sont-ce pas ces mêmes media publics qui sont à l’agonie, à force d’avoir oublié le bienfait de l’équilibre des analyses plutôt que surfer la dernière vague d’influence mondiale.
Entre autres vagues, celle du méchant Donald que l’on a du mal à cerner, que l’on n’aime pas car il nous bouscule sur tout les fronts mais qui est plus Darwinien que le monde entier: il force le changement, la remise en cause, la gestion des scléroses… Qu’il veuille protéger sa sphère d’influence et empêcher Russie et Chine de reprendre le flambeau, c’est le jeu des grandes nations!
Il rebat les cartes, c’est sûr, à son avantage, c’est probable! Il a un atout certain, il prône la paix et, jusqu’à preuve du contraire, est le seul président à n’avoir engagé aucune guerre. Qu’il utilise la menace, comme De Gaulle l’a fait avec le nucléaire, cela s’appelle de la dissuasion. Il n’est ni va-t-en-guerre comme certains européens, ni sauveaur de la veuve et de l’opprimé.
Que demande le peuple? JFK disait: « don’t ask what the country can do for you, ask what you can do for thecountry »… On en est si loin!!!
🙏 pour les peuples cubains et vénézuéliens, peuples frères.
Vous avez finement observé l’attitude des médias « traditionnels » qui se veulent objectifs mais ne savent pas grand chose de la réalité quotidienne des Cubains. Certes, tout ne va pas bien et l’enlèvement (faut appeler un chat un chat) de Maduro n’arrange rien. Encore qu’il reste envisageable que la Chine assiste l’île encore un peu plus qu’elle ne l’a fait. Il faut bien convenir qu’ils sont les seuls à ne pas avoir peur de Trump, ou presque. Il ya déjà un bon moment que la Russie n’aide plus Cuba et couper le pétrole vénézuélien, c’est en effet plonger Cuba dans la pénurie.
Trump a ajouté son nom au Kennedy Center, ce qui a provoqué d’ailleurs le retrait de plusieurs artistes qui ne souhaitent pas se produire au « Kennedy-Trump Center ». Mais, dans le même état d’esprit, Trump rêve de mettre Cuba à bas (excusez cette homophonie malvenue) en effaçant Kennedy de l’Histoire. Il pourra alors dire que Kennedy s’est lamentablement trompé et a échoué à la Baie des Cochons –ce qui est vrai – et il va se vanter d’avoir extirpé le communisme de l’espace caribéen. Il en rêve et c’est la raison de la nomination de Marco Rubio qui est d’origine cubaine aux affaires étrangères. Le fantasme trumpien s’appuie sur le désir de vengeance de Rubio. Ainsi vont les dictatures, Il n’y a plus qu’à espérer que le « resolver cubano* » qui a une certaine expérience des effets du blocus saura garder le pays hors de la mafia américaine.
Marc Gabriel
* El resolver cubano est l’équivalant du système D ou de l’article 22 en français.