Les actes antisémites flambent en France : 1163 cas ont été recensés entre janvier et octobre 2025. La légitimation de la prétendue cause palestinienne a conforté un antisémitisme de gauche décomplexé. Les candidats à l’Alyah n’ont jamais été aussi nombreux : 3.300 retours au pays en 2025 (une hausse de 45 % par rapport à 2024). Psychiatre et écrivain, Gilles Seban ausculte ce grand malade qu’est la France en proie à un regain d’antisémitisme.

Photo prise par Franc-Parler dans l’allée des Justes parmi les Nations @15 janvier 2026.
PAR GILLES SEBAN*, à Dieppe (Normandie)
Avant toute chose, un brin d’histoire : la fin du XIXème siècle en France a été marquée par l’affaire Dreyfus.
Elle est le fait d’un antisémitisme rampant prenant pour alibi une présumée traîtrise complotiste de l’accusé parce que d’origine alsacienne.
Les racines profondes de cet antisémitisme proviennent d’une source séculaire. Le XXème siècle a donné le jour à la montée du nazisme, la seconde guerre mondiale et la Shoah révélant un antisémitisme politique, radical et contagieux d’une ampleur et d’une cruauté sans précédent.
Alors que le premier quart du XXIème siècle vient d’être consommé, nous assistons en Europe et plus particulièrement en France à une flambée de l’antisémitisme, réveil d’une vieille lune paradoxalement accentuée par le pogrom du 7 octobre 2023 en Israël et dont l’alibi est l’antisionisme.
Or l’antisionisme est originellement une donnée géopolitique. L’Etat d’Israël est le bastion « occidental » et démocratique peuplé majoritairement de juifs au sein d’une région moyenne orientale constituée de nations musulmanes au régime autocratique.
Inversion des rôles
L’antisionisme fait en France et en Europe le lit d’un antisémitisme à peine voilé.
Il se double à nouveau aujourd’hui d’un antisémitisme politique, argument hypocritement dissimulé et utilisé par le courant islamo-gauchiste à des fins électoralistes.
Il n’est pas pour autant moins virulent et toxique, une réelle menace pour notre République et dans nos démocraties européennes. Le Rassemblement national de Marine Le Pen et de Jordan Bardella se veut lavé de tout soupçon d’antisémitisme en recueillant d’ailleurs de plus en plus d’intentions de vote de la part des juifs de France. La guerre déclarée par le Hamas à Israël donne à prétendre une inversion des rôles selon les détracteurs d’un peuple agressé dans sa chair et d’un pays menacé d’anéantissement. Or, si l’idéologie nazie a disparu dans les faits, elle persiste dans l’imagerie collective, dans les mentalités.
Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si le président russe, Vladimir Poutine, emploie cet attribut pour justifier son agression contre l’Ukraine. Les antisionistes-antisémites qualifient les juifs de nazis génocidaires pour décrire l’effroyable sort réservé aux Gazaouis en les rendant aveuglément responsables. Benyamin Netanyahou livre contre le Hamas une guerre sans merci de nature défensive de l’Etat hébreu. Et les juifs autrefois victimes de la Shoah sont aujourd’hui faussement perçus comme les bourreaux des civils gazaouis. Car, de fait, la propagande idéologique et délétère du Hamas bat son plein et produit ses effets pervers dans la démesure et l’extrême cruauté au mépris incontestable de son propre peuple sacrifié, victimaire.
Hostilité persistante
Le Moyen Orient est donc le foyer d’un nouvel antisionisme qui s’est exporté et qui se répand sous la forme d’un antisémitisme décomplexé de plus en plus virulent qui se répand en nappe d’huile dans nos vieux pays. L’accroissement considérable et particulièrement inquiétant des faits d’agressions anti-juifs auquel on assiste en témoigne. La guerre contre le Hamas est en passe de s’achever sans pour autant que ne disparaisse la menace de l’hostilité contre Israël. La promesse initiée par la France d’une région à deux Etats semble d’ailleurs bien illusoire.
Quid de l’antisémitisme ?
*Article paru dans Franc-Parler, journal numérique fondé à Paris par Yann Le Houelleur.



