De qui parle-t-on ? Il est vrai qu’ils sont nombreux, ces chefs d’État atteints de psychopathie, allant de pair avec quelques velléités expansionnistes illicites et un illibéralisme intérieur fascisant. Pour que les choses soient claires, je ne citerai ici que les plus connus et reconnus de ces grands malades. Il y a évidemment le tsar Vlad, l’empereur Xi-Ji, le grotesque Kim Jong-un, le fâcheux Orban, le pacha Erdogan, le tronçonneur Milei, le peu regretté « ayatopluslà » Khamenei et bien quelques autres, inspirés par les précités. Mais là, depuis un mois, la paire de pieds nickelés que forment Donald et son pote Benyamin, dépasse l’entendement, même si l’on pousse très loin le curseur de la tolérance. Accordons-leur que la disparition d’un ayatollah puisse être inscrite au nombre de leurs bons points, reste que, jusqu’à preuve du contraire, l’arithmétique ne ment pas et que moins 1 Khamenei mort + 1 Khamenei pas mort = 1 Khamenei vivant. CQFD.
Plus haut, j’ai employé le terme de « pieds nickelés » pour qualifier ces deux malfaiteurs, merci de pardonner ce mésusage. Ribouldingue, Filochard et Croquignol sont certes des crétins, mais ils ne font pas le tiers du quart de la moitié du mal que font nos deux filous d’État. Bien avant le bombardement de Téhéran, ils se sont tous deux rendus coupables d’incroyables fautes, d’innombrables méfaits, l’un contre la démocratie par exemple, l’autre n’étant, entre autres, rien moins qu’un criminel de guerre condamné – à juste titre – par le TPI.
Passion virale pour l’argent
Tous deux sont entourés d’une bande de ministres incompétents aussi grossiers et vulgaires qu’eux-mêmes. Tous deux devraient, – à de nombreux titres –, croupir au fond de profonds cachots et ne plus jamais voir la lumière du jour. Tous deux ont d’eux-mêmes une image aussi flatteuse que fausse. Seulement voilà, au prix d’inénarrables mensonges et de fausses promesses, tous deux ont été démocratiquement élus et tous deux peuvent s’en prévaloir. Aussi invraisemblable que ça puisse paraître, tous deux ont de nombreux partisans et tous deux s’appuient confortablement sur la part religieuse la plus aveugle et la plus radicale de leurs populations. Tous deux carburent à la haine ou plutôt à nombre de haines, la haine de l’étranger, de la démocratie, de l’internationalisme, de la presse, des journalistes, de la vérité, de la justice, aussi bien judiciaire que sociale, de leurs adversaires politiques, de la liberté, des artistes, des universités et de tout ce qui pourrait enrichir les esprits.
Ils cultivent tous deux une passion virale pour l’argent, en particulier pour celui issu de la « promotion » immobilière, un goût prononcé et assumé pour l’expansion de leurs territoires respectifs, un mépris absolu du droit international et du droit tout court. Si l’un est d’une extrême grossièreté, d’une inculture crasse et d’une vulgarité inconvenante à un chef d’État – pouvant d’ailleurs expliquer son comportement erratique, voire incompréhensible –, l’autre a moins d’excuses, il est cultivé, éduqué, fils d’un historien «nationaliste », il a étudié l’architecture et… le business au MIT, il a été un remarquable soldat, et son bagage intellectuel est d’importance.
Tous deux se sont mariés plusieurs fois et tous deux ont des enfants de différentes mères. Tous deux font semblant d’être de véritables croyants, l’un a même édité une bible et l’autre porte la kippa quand il le faut. Si Benyamin ne semble pas atteint par la misogynie, Donald n’hésite pas à recourir aux services de professionnelles, quitte ensuite à les faire taire à coup (et à coûts indécents) de $. Sommes-nous vraiment surpris ? Venant d’un homme qui emploie tous les moyens, y compris les pires, pour empêcher la publication complète des fameux Epstein files.
Complots, négations et révisions…
L’un veut refaire l’atlas du monde, l’autre tient à redessiner les frontières de son pays selon un cadastre daté et douteux. L’un et l’autre tentent de censurer tant qu’ils le peuvent les médias qui osent la critique, et parfois, ils y parviennent. L’un et l’autre se servent de médias serviles pour mentir effrontément à leurs populations. L’un et l’autre collectionnent les « affaires » judiciaires et l’un et l’autre s’accrochent au pouvoir évitant ainsi d’avoir à affronter les tribunaux et last but not least… la prison.
Si Donald n’a ni réelle conviction, ni conscience politique, hormis la détestation des « autres » – il a d’ailleurs changé plusieurs fois de parti -, Benyamin lui, a toujours été radicalement à droite de la droite. Son père, l’historien, fut l’un des fondateurs de ce qui deviendra le Likoud. Tous les deux peuvent être qualifiés, à divers degrés, de conspirationniste et de révisionniste. Pire, tous deux sont des xénophobes revendiqués. Tous deux sont destructeurs et dangereux pour leur propre pays, tous deux infligent à leur nation respective une épouvantable réputation, dégradant considérablement les valeurs humanistes et démocratiques prônées par leurs prédécesseurs. Ni l’un ni l’autre ne reconnaissent les tribunaux internationaux pas plus que, ni l’un ni l’autre ne respectent les résolutions onusiennes.
Une guerre absurde autant qu’inutile
Cette guerre, totalement stupide, amorcée sans autres plans que ceux du Mossad qui avec, il faut l’avouer, une habileté et un savoir-faire dignes de James Bond, n’étaient destinés qu’à décapiter le régime des Mollahs, risque fort de se retourner contre leurs initiateurs. Si la guerre n’avait jamais résolu le moindre des problèmes, cela se saurait. Les malheureux Iraniens avides de liberté, faute du soutien attendu, ne se sont pas encore soulevés contre la tyrannie du régime qui ne s’est toujours pas effondré. Au bout d’un mois, on peut le dire, c’est raté de chez raté. Non seulement l’antique Perse fait de la résistance, montrant à nos deux va-t-en-guerre qu’elle n’est pas née de la dernière pluie, mais encore elle entraîne tous les pays environnants dans l’incertitude d’un conflit armé, sans oublier l’économie mondiale plongée dans les tourments de cette autre incertitude qui fait flamber, à l’instar des installations pétrolifères bombardées, les prix de l’énergie fossile.
Pour faire bon poids et bonne mesure, ne voilà-t-il pas que pendant que Donald s’occupe d’affamer les Cubains, Benyamin s’en prend au Liban qui n’en peut rien, imposant aux habitants du sud de ce petit pays un cruel exode injustifiable et injustifié. Nous faire croire que ce sont les quelques missiles du Hezbollah (soit-dit en passant, il était bien stupide de les balancer ces missiles-là) au motif de la défense d’Israël est une imposture, d’autant plus que là encore, ça provoque des destructions et des morts de civils innocents sans aucune autre raison que celle de prolonger un état de guerre qui le maintient au pouvoir. Donald aurait-il envie d’arrêter le bazar sur l’Iran ? Qu’à cela ne tienne, Benyamin tapera sur le Liban et si ça doit s’arrêter au Liban, il lui restera la Syrie et… va savoir. Tout ça en se servant du droit d’Israël, incontestable et incontesté (sauf par l’Iran et ses proxys) à l’existence… Franchement, n’y aurait-il ni victimes en Iran, au Liban et sans doute ailleurs, ni destructions d’infrastructures civiles, que nous n’aurions que la nausée, sans les larmes, sans le désespoir des populations. Tout cela ne fait qu’ajouter de la haine à la haine, rendant de plus en plus improbable l’avènement de la Paix.
Pas en mon nom !
Quant à la colonisation toujours plus envahissante de la Cisjordanie, parfaitement illégale et condamnée à de réitérées reprises tout au long d’innombrables résolutions, je me demande encore comment a-t-on pu laisser faire ça, comment le reste du monde n’a que mollement protesté, comment personne, aucun organisme international ne se soit manifesté avec un peu d’autorité, comment et pourquoi, jamais il n’y ait eu, à ce jour, d’intervention décisive ? Imagine-t-on un seul instant que l’Allemagne occupe le canton de Zürich au prétexte que l’aéroport de Kloten gêne le sommeil des proches citoyens allemands ? Ou que la Suisse annexe le Liechtenstein au motif que la principauté représente un danger pour la défense nationale ?
La conclusion s’impose. Nous devons demander à nos dirigeants, – je parle de pays respectueux du droit, soucieux de l’équilibre international, de la Paix et du respect d’autrui, comme nous y sommes vous et moi tenus –, de les condamner, de ne pas les recevoir, de les boycotter, de les exclure de la communauté internationale jusqu’à ce que leurs peuples veuillent bien élire des dirigeants compatibles avec la bonne gouvernance, avec le droit, la protection des plus faibles, la responsabilité sociale et écologique, l’humanisme… Oui, je sais, je rêve. Qu’attendent nos gouvernants pour cesser de se prosterner devant ces fauteurs de troubles ? Quels crimes doivent-ils encore commettre pour qu’enfin ils soient (dé)considérés à leur juste valeur ?
Je n’ai pas, hélas, de solution et moins encore LA solution. Pourtant, dépassant la honte, le déshonneur, la nausée et tout en attendant un hypothétique réveil, j’aimerais signifier à nos gouvernants que « vous pouvez continuer à ignorer la dignité humaine, faire semblant de croire que nous n’avons rien vu, rien entendu, que nous ne dirons rien ». Ce sera sans moi, pas en mon nom ! Permettez-moi d’espérer que nous devenions nombreux à dire « sans nous, pas en notre nom » !
Marc Gabriel, Yverdon
Écrit le 30 mars 2026, garanti sans aucun apport de l’IA.

