A-t-on enterré trop tôt l’affaire Hildebrand?


A-t-on enterré trop tôt ce qu’il convient d’appeler désormais l’affaire Hildebrand? Avec deux H, serait-on tenté de dire? En effet, après les soupçons qui ont pesé sur l’épouse, les accusations de délit d’initié se reportent sur le président de la BNS, en personne.

Le lanceur d’alerte ayant été Christoph Blocher, la première réaction de nombreux observateurs a été de penser à un règlement de comptes. L’antipathie que le leader UDC nourrit à l’égard de Philipp Hildebrand n’est un secret pour personne. La BNS s’est d’ailleurs empressée de démentir en présentant un «certificat de bonnes mœurs» cautionné par le Conseil fédéral.

Mais on pouvait aussi se dire que l’accusation était tellement grave qu’elle n’aurait pas pu être émise sans de solides arguments. De fait, la «Weltwoche» annonce qu’elle  publiera de «nouveaux détails» sur l’affaire dans son édition de jeudi 5 janvier 2012. Dans son édition en ligne du 4 janvier, l’hebdomadaire calme les appétits en révélant que Philipp Hildebrand aurait acheté et vendu des euros puis des dollars plusieurs fois entre les mois de mars et d’octobre 2011.

En mars, une opération en devises aurait porté à elle seule sur une somme de 1,1 millions de francs. A mi-août, soit trois semaines avant l’annonce par la  BNS de mesures pour lutter contre la spéculation sur le franc, deux transactions auraient porté au total sur un demi-million de dollars.

La «Weltwoche» précise  également que l’employé de la banque Sarasin aurait alerté l’UDC en étant parfaitement conscient qu’il violait le secret bancaire. La même personne  aurait déposé plainte contre M. Hildebrand pour délit d’initié. Cet employé a été licencié.

Le premier événement majeur de cette année 2012 viendrait-il de Suisse? Toujours est-il que la nouvelle fait désormais la Une de la presse économique internationale. Des titres anglo-saxons comme le «Financial Times» ou le «Huffington Post» ne manquent pas de relever que l’affaire pourrait décrédibiliser les tentatives menées par la BNS pour contrer la spéculation monétaire. Les mêmes commentateurs rappellent ironiquement certaines déclarations de M. Hildebrand quand ce dernier n’était pas encore à la tête de l’institut d’émission. Il prônait alors une transparence accrue et stigmatisait la spéculation aux fins d’enrichissement personnel.

De leur côté, plusieurs politiciens ont appelé le Conseil fédéral à prendre position de manière plus ferme au vu des dernières révélations. L’année commence en fanfare pour la ministre des Finances, Evelyne Widmer-Schlumpf.

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