Israël et son rôle d’outil de la géopolitique occidentale


Israël et la question palestinienne, c’est un problème crucial de notre temps, c’est par excellence le problème qui fâche.

PAR BERNARD WALTER

Dernièrement, la presse dominante a majoritairement rendu un hommage appuyé à Ariel Sharon, en  accordant certes une petite place aux aspects «contestables» du personnage.

Michel Warschawski dénonce avec force ce portrait falsificateur dans un excellent article publié le 31 janvier dernier dans le quotidien le “Courrier”. Article au titre très explicite : «Criminel de guerre, un point c’est tout», dit-t-il à propos de Sharon.

Michel Warschawski peut se permettre ses prises de position très claires: il a la chance d’être Israélien, et ne peut être taxé d’antisémitisme. Mais quel courage chez ceux qui osent la dissidence!

A propos des armes nucléaires dans la région, on se retrouve face à cette hypocrisie des médias  dominants. Tout le monde sait qu’Israël possède un important stock de bombes nucléaires, et cela est systématiquement tenu sous silence. Dernièrement, Benjamin Netanyahu s’est exprimé sur la scène du Forum économique à Davos, et à nouveau, avec arrogance, il dénonce la menace de l’arme nucléaire iranienne sans évoquer le fait que lui-même la possède. Et que fait la presse? Elle se contente de reproduire son discours.

La question que je pose ici, c’est  celle du traitement médiatique de la question d’Israël. Pourquoi cette présentation systématiquement falsifiée de la question par la presse dominante?

Qui débouche sur une question plus simple: pourquoi Israël?

Je rappelle, pour éviter tout malentendu ou toute mauvaise pensée, que «Pourquoi Israël?» est le titre d’un film d’un grand intérêt de Claude Lanzman, cinéaste juif «viscéralement attaché à Israël», dit-il. (Le film est sorti en 1973).

Je pense que la création de l’Etat d’Israël procède d’intentions stratégiques diverses qui d’ailleurs évoluent avec l’Histoire. Au départ, il y a un acte d’expropriation de toute une population, et c’est le début d’un conflit sans fin, lequel déborde largement de son cadre local pour s’étendre à tout le Moyen Orient, et à toute la scène politique internationale.

La création de cet Etat a permis au monde occidental de se donner bonne conscience après les horreurs de la guerre de 1939-1945. Ce qui ne lui a pas coûté bien cher, puisqu’il a suffi de voler des terres, alors que moralement, la solution logique eût été d’installer ce nouvel Etat en Bavière, patrie d’Hitler.

Il y a un côté malheureux pour les Israéliens, c’est qu’ils sont largement un outil politique à l’usage des Occidentaux. Ce à quoi Israël sert aujourd’hui, d’un point de vue géopolitique, c’est qu’il constitue une tête de pont dans une région sensible du globe, ne serait-ce que parce qu’elle est riche de pétrole. Mais pas seulement.

Le phénomène moderne de mondialisation recouvre de façon plus ou moins déguisée l’intention par les USA et leur système politico-militaro-financier de contrôler l’ensemble de la planète. A cette fin, le secteur culturel est un élément-clé d’implantation et finalement de domination. Que cela soit sous forme de cinéma, de musique ou d’événements sportifs, l’Occident répand sa culture, une culture marquée d’ailleurs par son aspect commercial. Et il se trouve que la culture arabe, de par sa langue, sa musique et sa religion, est celle probablement qui résiste le mieux à une contamination de l’extérieur. La mise au pas du monde arabe est si difficile, qu’elle ne peut se faire qu’avec des moyens d’une extrême violence.

L’Etat d’Israël et la somme d’injustice qu’il représente est évidemment source d’une infinie révolte dans le monde arabe. Cette situation va être à la base d’un islamisme radical  qui ne se développerait plus de nos jours dans une société pacifique. Rien de plus facile dans ces conditions que de constituer des bataillons de terroristes qui se renouvellent à mesure que les combattants de première ligne sont éliminés.

Une fois le bloc dit communiste tombé, il fallait trouver un ennemi – et on l’a trouvé. Ainsi les USA et leurs amis peuvent-ils amplifier à l’infini leurs programmes bellicistes et faire marcher leurs industries d’armement.

La finalité de tout cela? Une espèce de mainmise des financiers sur le monde, qui n’est rien d’autre, sous une forme un peu différente, que la poursuite des politiques d’esclavagisme et de conquêtes guerrières qui se sont développées de façon progressive depuis l’Antiquité jusqu’à la période colonialiste des siècles derniers.

Tout cela a été bien sûr accompagné ces derniers siècles du message d’amour du Dieu chrétien. Et quand celui-ci a perdu en force et en crédibilité, on l’a peu à peu remplacé par les «droits de l’homme» que l’on fait valoir à bien plaire où l’on veut et quand on le veut, ainsi que par le cortège des grandes ONG qui véhiculent toutes sortes de droits: droit à la nourriture, droit à la santé, droit du commerce équitable, droit à l’information, beaucoup de droits et peu de bienfaits pour les peuples du tiers monde dont la situation est toujours un peu plus précaire.

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One Response to “Israël et son rôle d’outil de la géopolitique occidentale”

  1. Arnaud Nemoz 13 février 2014 at 13:14 #

    bellicistes, que signifie ce mot ?

    Ce qui me choque le plus, c’est la douleur qu’ils font endurer à la Palestine. En considérant chaque être humain, chaque image d’eux-mêmes, et chaques vies comme importantes.

    Tout comme cette différenciation Goys / Juifs qui amènent les mauvaises avidités à s’y noyer, tels que celles qui peuvent me consitituer.

    Bonne journée à vous. Mes excuses quant à ces communications parfois invasives.

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