Internet: du bon et du pas net…


Un jeune de moins de vingt ans a sans doute du mal à imaginer ce qu’était le monde avant que n’existe internet.

PAR ALBERT EBASQUE

Ce nouveau vecteur ou ce nouveau support a en effet révolutionné les relations entre individus, raccourci les distances, donné un large accès à la connaissance, aux informations immédiates et a fait émerger les fameux réseaux sociaux. La presse traditionnelle a dû s’adapter à cette technologie et la plupart des grands titres ont parfaitement géré cette mutation. D’autres – comme La Méduse – se sont créés de toute pièce à partir de ce nouvel univers virtuel. Ce dernier présente de nombreux avantages mais aussi quelques inconvénients.

Car dès qu’une invention technique s’impose par son caractère novateur et universel, il faut évidemment que des esprits mal intentionnés le détournent à leur profit. Il a donc bien fallu développer des outils pour se protéger d’attaques virales par exemple. Ou bien sécuriser les achats dits «en ligne» que des petits génies de l’informatique parvenaient parfois à récupérer. Mais tout cela n’est rien, maintenant que ces garde-fous existent, par rapport à l’essentiel: la qualité des informations et des messages reçus ou transmis. Car Internet, c’est aussi ce que j’appellerais volontiers la Gogosphère.

Il suffit de taper un mot-clef sur un moteur de recherche et en un dixième de seconde une liste impressionnante de liens apparaît sur l’écran. Et c’est là qu’est la différence essentielle avec par exemple la presse traditionnelle ou bien les sources traditionnelles. Quand j’achète un journal-papier, je sais quelle est sa ligne éditoriale ou bien sa tendance socio-politique et je sais donc à quoi m’en tenir. Quand, avant que n’existe internet, j’allais dans une bibliothèque pour me renseigner ou bien m’informer, je savais comment et où identifier mes sources. Mais aujourd’hui le moteur de recherche livre tout en vrac. Il me faut donc trier, sélectionner, analyser avant de tomber sur le lien qui sera sérieux, utile et professionnel. Et cet exercice n’est pas toujours facile car tout est mélangé: le bon comme le mauvais, le pire comme le meilleur.

Car le pire est sans doute cet ami que vous appréciez et qui n’arrête pas de vous envoyer des messages qu’il considère comme importants, confidentiels ou bien humoristiques. Comment lui expliquer sans se fâcher qu’il vous fatigue considérablement avec, par exemple, sa théorie du complot sur des histoires abracadabrantes, des histoires n’ayant évidemment aucun auteur clairement identifié, souvent insultantes pour certaines personnes en vue et bien évidemment étayées par des preuves absolument irréfutables? Autrefois, la rumeur se propageait de bouche à oreilles et prenait du temps pour grossir, se déformer et se répandre comme une grosse tâche d’huile. De nos jours, un clic suffit pour la diffuser comme l’éclair. Il est important que les adolescents soient mis en garde devant ce fléau que la Toile a rendu accessible à tous.

Certes, pour les parents le risque existe que leurs enfants accèdent à des sites et à des images que la morale réprouve – bien que des solutions techniques existent pour se prémunir contre ce danger. Mais au-delà de ce risque réel, il est important de développer chez nos jeunes têtes blondes ou brunes un véritable esprit critique leur permettant de distinguer le vrai du faux, l’info de l’intox, le professionnel du charlatan. Cela n’est pas simple car même nous, adultes, pouvons tomber dans le piège de la Gogosphère. Mais malgré ces quelques défauts, la Toile reste un outil exceptionnel et novateur. A nous de savoir l’utiliser à bon escient.

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